Le ministre des Transports Robert Poëti voudrait pouvoir ouvrir les voies réservées au covoiturage pour de bon.

Covoiturage dès l'automne sur l'autoroute Robert-Bourassa

Un projet pilote de covoiturage sera lancé dès l'automne sur l'autoroute Robert-Bourassa. Les véhicules avec deux personnes à bord pourront rouler sur les voies réservées au transport en commun, situées au centre de la chaussée.
C'est le maire de Québec, Régis Labeaume, qui en a fait l'annonce mardi en compagnie du ministre des Transports, Robert Poëti. Ils sortaient d'une rencontre au sommet où étaient également conviés le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, le député de Vanier, Patrick Huot, et le président du Réseau de transport de la Capitale (RTC), Rémy Normand.
Le covoiturage sera autorisé dans le corridor réservé aux autobus «dès la rentrée à peu près», a indiqué le maire Labeaume, sans pouvoir être plus précis. C'est une période propice pour ce genre d'exercice, a-t-il plaidé.
La durée de l'essai et les modalités seront connues plus tard. Sam Hamad a parlé de «prendre la durée nécessaire pour faire en sorte que le projet pilote soit représentatif de la réalité et qu'il nous permette de tirer des recommandations».
«Ça veut dire que les gens de Québec vont pouvoir tester l'idée», s'est réjoui M. Labeaume.
En avril, lors de l'annonce d'une étude portant sur le covoiturage à Québec et à Lévis, financée par les deux administrations municipales, celui-ci préférait pourtant attendre le rapport avant de lancer les quatre projets pilotes prévus. «Moi, j'aimerais ça avant, mais ça ne donne rien. Ça serait ridicule parce que pourquoi on fait une étude? On va faire quoi? On ne l'a pas analysé et on se tire dans le trafic? On va le faire une fois, bien fait», avait-il déclaré.
Mardi, le maire a plutôt affirmé que le test sur le terrain nourrirait l'étude et inversement. «On est gagnant et tout va aller plus vite.»
Le ministre Poëti, gestionnaire du réseau autoroutier, n'a pas caché son intention d'ouvrir les voies réservées pour de bon. «Notre objectif, comprenez-le bien, on veut que ça marche. Sans ça on le ferait pas. Cependant, s'il arrivait quelque chose, pour une raison que je ne connais pas, qui nous poserait problème, on va l'évaluer sérieusement», a-t-il assuré.
Le politicien provincial a dit se soucier autant de la sécurité des usagers que de la fluidité de la circulation. «Si on est victimes de la bonne idée et que le flux vient ralentir la circulation des autobus, il faut évaluer ça», a-t-il souligné.
Large définition
Environ 500 véhicules du RTC empruntent chaque jour les voies réservées au transport en commun sur l'autoroute Robert-Bourassa, faisant la navette nord-sud pour la clientèle des travailleurs et des étudiants. Le corridor n'a pas été pensé pour le covoiturage. Il est situé au centre de la chaussée pour permettre aux autobus de franchir rapidement de grandes distances sans nuire aux entrées et aux sorties des autres véhicules.
Pour se glisser dans la voie des autobus, les conducteurs devront être accompagnés d'au moins une personne dans le véhicule, peu importe qu'il s'agisse d'un adulte ou d'un enfant. Le maire et les ministres sont d'accord depuis longtemps sur cette large définition du covoiturage.
Gérard Deltell, député de Chauveau portant les couleurs de la Coalition avenir Québec, a réagi mardi en disant qu'il n'était «jamais trop tard pour bien faire». Son parti politique réclame l'ouverture des voies réservées de Robert-Bourassa au covoiturage depuis leur inauguration.
M. Deltell se demande pourquoi le projet pilote n'a pas été lancé dès l'arrivée des libéraux au pouvoir. Selon lui, les nouvelles conditions pourraient être mises en place dès cet été pour permettre une «acclimatation graduelle» des conducteurs.