En entrevue éditoriale au Soleil, mardi, le ministre des Transports, des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire, Sylvain Gaudreault, a lancé un appel aux villes à trouver des solutions pour financer le transport collectif, mais a exclu la taxe sur l'essence.

Covoiturage : Québec fait cavalier seul

La Ville de Québec mènera seule son étude sur le covoiturage. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) lui refilera les données sur la circulation nécessaires dans un climat de «totale collaboration», mais ne paiera pas un sou.
Le maire de Québec a révélé lundi que son administration lancerait sous peu l'étude sur le covoiturage que le Réseau de transport de la Capitale (RTC) annonce depuis le printemps dernier.
«Cette étude-là est faisable dans la mesure où on a accès à des données, et les données existent au ministère des Transports. [...] Le ministre [Sylvain Gaudreault] m'a assuré que nous aurions absolument tout ce dont on a besoin», a rapporté Régis Labeaume au début du conseil municipal.
La semaine dernière, en entrevue éditoriale au Soleil, le ministre Gaudreault avait plutôt fait part de son intention d'élargir l'étude annoncée pour englober toute la question de la fluidité de la circulation dans la région de Québec.
Selon Jacques Perron, porte-parole de la Ville de Québec, le MTQ voulait aussi examiner la possibilité d'implanter de nouvelles voies réservées pour le transport en commun, ce que ne souhaite pas l'administration Labeaume.
La Ville a donc décidé de faire cavalier seul. L'étude sur le covoiturage, dont les résultats ne sont pas attendus avant un an, devrait lui coûter environ 200 000 $. La tâche sera confiée à un sous-traitant, après un appel d'offres en bonne et due forme.
La commande inclura un inventaire des meilleures pratiques de covoiturage en Amérique du Nord et en Europe. La firme choisie devra également étudier l'opportunité de donner priorité au covoiturage sur certaines voies réservées actuelles ou futures du réseau «artériel» de la capitale ainsi que la faisabilité d'un ou deux projets pilotes tant sur le réseau municipal qu'autoroutier, lequel relève du MTQ.
Yann Langlais-Plante, attaché de presse du ministre des Transports, a réagi lundi en disant : «Nous sommes heureux de constater que M. Labeaume, comme nous, croit toujours en la pertinence éventuelle de voies réservées. Tel que nous l'avons toujours dit, le MTQ collaborera avec la Ville en lui facilitant l'accès à des informations publiques.» Quant à l'étude plus globale sur la fluidité, «il pourra en être question dans le cadre des futures discussions du Comité mobilité Québec-Lévis, par exemple», a-t-il ajouté.