Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le Dr Horacio Arruda
Le Dr Horacio Arruda

Vaccination des plus de 65 ans et déconfinement: le ministère de la Santé nuance les propos du Dr Arruda

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
Article réservé aux abonnés
Les propos tenus la semaine dernière par le Dr Horacio Arruda, selon lesquels le Québec pourrait, une fois les personnes de plus de 65 ans vaccinées, tolérer jusqu’à six fois plus de nouveaux de cas de COVID-19 qu’actuellement, «sans impact sur le système de santé», avaient comme objectif «d’illustrer une situation hypothétique pour démontrer la variabilité de la situation», selon le ministère de la Santé.

«Lorsque nous protégerons davantage nos personnes âgées, nous [pourrons] tolérer plus de cas, car ces cas n’iront pas à l’hôpital ou ne seront pas compliqués, et [nous pourrons] même ouvrir certaines choses. Ainsi, même les zones rouges pourraient «évoluer» en fonction du contexte. Donc, ce n’est pas parce que le rouge est de cette façon maintenant qu’il sera le même rouge dans quatre semaines», avait répondu le directeur national de santé publique à une question en anglais.

Plus tard, répondant à une autre journaliste anglophone, il avait affirmé ceci : «Comme nous le savons, les patients de 65 ans et plus représentent 80 % des patients hospitalisés. […] S’ils sont protégés, nous pourrions avoir quatre, six fois le nombre de cas que nous avons actuellement, sans impact sur le système de santé.»

Ces propos ont été vivement dénoncés sur les réseaux sociaux, d’aucuns accusant le DArruda de ne pas tenir compte de l’impact de la COVID-19 sur les personnes vulnérables de moins de 65 ans et même chez celles en bonne santé qui subissent des séquelles des semaines, voire des mois après avoir contracté le virus. 

Certains y ont perçu la stratégie de sortie de crise du gouvernement Legault et ont fait un rapprochement avec ce que prône la Déclaration de Great Barrington : une protection ciblée des personnes vulnérables, qui permettrait aux plus jeunes de vivre leur vie plus normalement.

Le ministère de la Santé, à qui nous avions demandé la semaine dernière des précisions sur la sortie du directeur national de santé publique et la stratégie du gouvernement Legault une fois la vaccination des personnes de plus de 65 ans complétée, nous a expliqué lundi que «les propos du DArruda avaient comme objectif d’illustrer une situation hypothétique pour démontrer la variabilité de la situation».

«C’est-à-dire que pour une situation similaire, les mesures pourraient être différentes, certains éléments ont une incidence directe sur la situation et pourraient jouer un rôle important dans la balance. Lorsqu’une grande partie de la population sera vaccinée, il est souhaité par toutes les instances de revenir à une vie presque normale, mais il est encore trop tôt pour dire quand ou à partir de quel groupe il sera possible de le faire», écrit dans un courriel la porte-parole Marie-Louise Harvey.

Mme Harvey ajoute que l’assouplissement des mesures sanitaires se poursuivra «selon l’analyse quotidienne des autorités ainsi que l’observation de ce qui est fait ailleurs dans le monde et les résultats qui y sont associés» afin de voir «quels principes pourraient être bénéfiques pour la situation vécue au Québec». 

La porte-parole du ministère de la Santé rappelle du reste que trois grands critères sont considérés (pour confiner ou déconfiner), soit la situation épidémiologique globale, le contrôle de la transmission et la capacité du système de soins.

Bref, on ne connaît toujours pas les paramètres précis sur lesquels se base le gouvernement Legault pour décider d’accentuer ou de ralentir le déconfinement.

Dans La Presse, samedi, François Audet, directeur de l’Institut d’études internationales de Montréal et directeur scientifique de l’Observatoire canadien sur les crises et l’aide humanitaire, a invité les gouvernements Legault et Trudeau à «rapidement modifier leur approche de communication sur la crise» et à la fonder «sur les données probantes connues».

Selon lui, «avec la menace qui perdurera et le contexte de crise durable qui prévaut, le type de communication stop-an-go de nos gouvernements n’est plus viable». «Les discours de nos autorités politiques doivent être plus transparents au sujet des projections actuelles provenant des données probantes concernant la pandémie», écrit François Audet.