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La thrombose avec thrombocytopénie (faible taux de plaquettes), est une complication très rare liée au vaccin AstraZeneca, qui survient dans à peine un cas pour 100 000 doses.
La thrombose avec thrombocytopénie (faible taux de plaquettes), est une complication très rare liée au vaccin AstraZeneca, qui survient dans à peine un cas pour 100 000 doses.

Vaccin AstraZeneca: l’inquiétude gagne les urgences de la région de Québec

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
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L’inquiétude entourant le vaccin AstraZeneca contre la COVID-19 a gagné les urgences de la région de Québec, qui ont vu au cours des derniers jours une augmentation des consultations de patients craignant avoir des effets secondaires du vaccin.

«C’est observé sur le terrain, il y a en effet beaucoup de gens qui viennent consulter à l’urgence parce qu’ils ont noté différents symptômes, à tort ou à raison, souvent à tort. Il y a beaucoup, beaucoup d’anxiété qui est reliée à l’interprétation des symptômes en lien avec le vaccin: des engourdissements, des palpitations, des serrements dans la poitrine, des élancements dans la jambe, la jambe peut-être plus enflée... Il y a vraiment beaucoup de stress relié à ça», témoigne en entrevue la Dre Isabelle Genest, chef du département de médecine d’urgence au CHU du Québec.

Plus tôt cette semaine, on apprenait le décès d’une femme de 54 ans originaire de Saint-Michel, en Montérégie, qui aurait succombé à une thrombose cérébrale le 23 avril, deux semaines après avoir reçu une première dose du vaccin AstraZeneca. 

La thrombose avec thrombocytopénie (faible taux de plaquettes), est une complication très rare liée au vaccin AstraZeneca, qui survient dans à peine un cas pour 100 000 doses. Mardi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, indiquait que quatre cas de complications possibles liées à ce produit avaient été signalés au Québec, sur plus de 400 000 doses administrées.

«Les gens se font dire beaucoup de consulter s’ils ont des symptômes, et ils le font, ils sont très à l’affût de tout de qui pourrait être un effet secondaire du vaccin, et c’est correct, c’est ce qu’ils doivent faire», dit la Dre Isabelle Genest, tout en rappelant qu’il faut aussi savoir «relativiser le risque» lié au vaccin AstraZeneca. 

«Les thrombophlébites ou les embolies pulmonaires, ce sont des choses qui arrivent avec ou sans vaccin. Des médicaments comme des contraceptifs oraux ou des conditions comme des grossesses» peuvent aussi causer des thromboses, et le risque est beaucoup plus élevé que pour le vaccin Astrazeneca, rappelle l’urgentologue. 

«Il faut que les gens soient rassurés sur le fait que c’est un produit qui reste tout à fait sécuritaire par rapport à d’autres produits qui sont donnés sur une base régulière à bien du monde», ajoute la Dre Genest, tout en soulignant qu’il y a «une vigie sur les effets secondaires du vaccin qui se fait actuellement» et que «s’il y en avait tant que ça [des effets secondaires], on prendrait la décision de ne plus l’administrer».

Au CISSS de Chaudière-Appalaches, les urgences reçoivent également des patients qui consultent pour ce qu’ils croient être des effets secondaires du vaccin. «Ce sont des fausses alarmes. Les médecins les rassurent», indique la porte-parole Mireille Gaudreau.

Les rares cas de thrombose avec thrombocytopénie recensés dans le monde se sont généralement produits dans les deux semaines suivant l’inoculation du vaccin. Il faut consulter si, quatre jours ou plus après avoir reçu le vaccin, on ressent les symptômes suivants: essoufflement, douleurs thoraciques, enflure des jambes, douleurs abdominales persistantes, maux de tête qui persistent ou qui s’aggravent, vision brouillée et ecchymoses ou pétéchies (minuscules taches sanguines sous la peau) au-delà du point d’injection.