Avec les 175 000 travailleurs de la construction qui entrent en vacances dimanche, l’industrie touristique de la région de Québec voit d’un bon œil leur arrivée... tout en sachant que les pertes encourues depuis mars ne seront pas compensées.
Avec les 175 000 travailleurs de la construction qui entrent en vacances dimanche, l’industrie touristique de la région de Québec voit d’un bon œil leur arrivée... tout en sachant que les pertes encourues depuis mars ne seront pas compensées.

Vacances de la construction: la lumière au bout du tunnel pour l'industrie touristique?

Avec les 175 000 travailleurs de la construction qui entrent en vacances dimanche, l’industrie touristique de la région de Québec voit d’un bon œil leur arrivée... tout en sachant que les pertes encourues depuis mars ne seront pas compensées.

Cinquante-six pour cent des Québécois affirment qu’ils ne prendront pas de vacances cet été, selon un récent sondage effectué par Tourisme Québec à l’échelle provinciale. «C’est beaucoup, on ne voyait pas cela auparavant», s’étonne Éric Bilodeau, directeur des communications et du marketing de l’Office du tourisme de Québec (OTQ). En ce moment, à Québec, le taux d’occupation dans les hôtels est de 15 à 20 % la semaine et de 20 à 25 % la fin de semaine. Toutefois, M. Bilodeau, sans s’avancer sur un chiffre, est convaincu «que les statistiques vont augmenter» durant les vacances de la construction.

Marjolaine De Sa, directrice générale de l’Association hôtelière de la région de Québec, précise que les Québécois attendent souvent au dernier moment pour effectuer leurs réservations. «Les touristes prévoient leurs vacances deux à trois mois à l’avance, tandis que les Québécois, c’est deux à trois jours.» Elle ajoute que la clientèle québécoise réserve pour de plus courts séjours, soit une à deux nuitées, contrairement aux touristes. «Mais je ne crois pas que le taux d’occupation va monter plus haut que 25 à 30 %.»

Dans les centres urbains, le taux d’occupation des hébergements est faible.

Du côté de Richard Samson, directeur général de l’association des gens d’affaires du Vieux-Port de Québec, il préfère «regarder le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.» Présentement, il constate que les hôtels du quartier ont un taux d’occupation se situant entre 35 et 45 %, tandis que plusieurs restaurants ont un chiffre d’affaires variant entre 65 et 70 % par rapport aux années précédentes. 

À l’approche des vacances de la construction, il estime que l’achalandage va augmenter, mais que ce ne sera pas au maximum de sa capacité comme à l’habitude. «La clientèle québécoise et régionale ne remplacera pas les 230 000 croisiéristes, en plus des touristes américains et européens.»

Troquer la ville pour la campagne

«Les touristes délaissent les centres urbains pour les régions. Ce phénomène est davantage amplifié cette année», souligne M. Bilodeau. L’OTQ peut cependant se réjouir. Dans ce même sondage de Tourisme Québec, la région de Québec se trouvait en deuxième place comme destination préférée des Québécois, détrônée cette année par la Gaspésie. 

Cette tendance peut s’expliquer par la crainte des gens des rassemblements et des foules dans les villes, croit M. Bilodeau.


« Les touristes délaissent les centres urbains pour les régions. Ce phénomène est davantage amplifié cette année »
Éric Bilodeau, directeur des communications et du marketing de l’Office du tourisme de Québec (OTQ)

Xavier Gret, directeur général de l’Association hôtellerie Québec, abonde dans le même sens. «Au regard des déplacements des Québécois, la situation est très difficile dans les centres urbains. Le taux d’occupation dans les hôtels demeure extrêmement faible.»

Promotions et marketing ciblé

Selon Madame De Sa, la clientèle touristique dans la région de Québec sera composée à 95 % de... Québécois. «Cette année c’est très différent. Ce n’est pas notre clientèle habituelle, donc les stratégies marketing sont différentes.»

Le Fairmont Le Château Frontenac a conçu plusieurs promotions, dont un tarif spécial pour les résidents québécois. Car comme les autres hôteliers, lui aussi écope. Sans vouloir donner de chiffres, Maxime Aubin, directeur adjoint marketing et communication au Château Frontenac, affirme que l’hôtel ne sera pas plein durant les vacances de la construction. 

«On a eu une petite augmentation, surtout pendant les fins de semaine, mais il nous reste encore de la place.»

De plus, l’Office du tourisme de Québec a lancé en juin une campagne promotionnelle provinciale invitant les Québécois de toutes les régions à venir à Québec. «On commence à voir des résultats, la vidéo circule énormément sur Internet», constate M. Bilodeau.

Quant à l’association des gens d’affaires du Vieux-Port de Québec, plusieurs initiatives ont été instaurées pour raviver l’ambiance et encourager la venue des touristes et des gens de Québec. 

«À partir de maintenant, on ne peut plus juste compter sur l’achalandage touristique, il faut désormais aussi attirer la clientèle locale.» Pour des initiatives telles que les Rendez-Vous Vieux-Port et La grande tablée, M. Samson considère avoir reçu une réponse «extrêmement positive». 

«On pense que cela peut nous permettre de sauver plusieurs restaurateurs, estime-t-il. [Avec ces initiatives], on est davantage en mode limiter les pertes, plutôt que d’espérer faire des profits.»


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