Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Une pétition réclamant l’annulation des JO, qui a récolté plus de 350 000 signatures, a été remise vendredi aux autorités locales de Tokyo. Elle a aussi été envoyée au CIO notamment et devrait être soumise au gouvernement japonais.
Une pétition réclamant l’annulation des JO, qui a récolté plus de 350 000 signatures, a été remise vendredi aux autorités locales de Tokyo. Elle a aussi été envoyée au CIO notamment et devrait être soumise au gouvernement japonais.

Une pétition réunit 350 000 signataires pour l’annulation des JO de Tokyo

Stephen Wade
Associated Press
Yuri Kageyama
Associated Press
Article réservé aux abonnés
Une pétition en ligne ayant récolté plus de 350 000 signatures en faveur de l’annulation des Jeux olympiques de Tokyo a été soumise vendredi aux organisateurs, au Comité international olympique (CIO), ainsi que d’autres instances.

Les Jeux de Tokyo seront lancés dans 10 semaines seulement, le 23 juillet, en plein coeur d’une pandémie qui affecte la préfecture de Tokyo et celles avoisinantes, toutes placées en état d’urgence. Les cas continuent de grimper au Japon, où moins de 2% de la population a reçu ses deux doses du vaccin contre la COVID-19.

La campagne, «Stop Tokyo Olympics», a été menée par Kenji Utsunomiya, un avocat bien connu qui a aussi tenté de se faire élire gouverneur de Tokyo. Il a dit que la réponse l’avais surpris, mais que c’était probablement trop peu, trop tard.

«Je pense que la couverture médiatique met beaucoup de pression sur le CIO, le Comité international paralympique (CIP), le gouvernement japonais, le gouvernement métropolitain de Tokyo et le comité organisateur, a-t-il déclaré en conférence de presse. En ce sens, je suis fier de l’avoir fait. Toutefois, en termes de nombre, je crois qu’il aurait fallu des dizaines de millions de signatures.»

Utsunomiya a dit que les Jeux détourneraient des services médicaux offerts au public, une inquiétude grandissante au Japon alors que les hôpitaux sont de plus en plus surtaxés à l’approche des JO.

Les organisateurs et le CIO disent que les Jeux seront sécuritaires, notamment en isolant les 15 400 athlètes olympiques et paralympiques dans une bulle, en plus de tester à répétition ces athlètes et des dizaines de milliers d’autres juges, personnel, commanditaires, journalistes et télédiffuseurs. Tous ces gens entreront dans un pays dont les frontières sont fermés depuis un an.

Le Japon a attribué plus 11 000 décès à la COVID-19, une statistique enviable sur le plan mondial, mais très faible en comparaison aux autres pays d’Asie comme Taïwan et la Corée du Sud, qui ont connu plus de succès.

Rien ne laisse croire à ce stade-ci que les JO seront annulés après les milliards de dollars qui y ont été injectés, mais il y a bel et bien une opposition de la communauté médicale. Le mois dernier, le British Medical Journal a suggéré de «reconsidérer» la tenue des Jeux.

Le CIO compte sur les droits de retransmission pour engranger quelque 75% de ses revenus et 18% de ses commanditaires, tandis que le Japon a investi 15,4 milliards $ US pour organiser ces Olympiques. Un audit gouvernemental a même laissé entendre que ce montant pourrait être plus élevé.

Seiko Hashimoto, la présidente du Comité organisateur des Jeux de Tokyo, a été pressée de question au sujet de l’engorgement du système de santé nippon au cours de son point de presse hebdomadaire, vendredi.

Les organisateurs ont souvent répété qu’ils auraient besoin de 10 000 membres du personnel médical pendant les Jeux. Mais Hashimoto a nuancé l’ampleur de ces chiffres cette fois-ci. Les organisateurs comptent également sur le bénévolat de certaines infirmières et spécialistes de médecine sportive.

Au moins deux préfectures près de Tokyo, Ibaraki et Chiba, ont indiqué qu’ils ne seraient pas en mesure de traiter des participants qui contracteraient la maladie. Une autre préfecture, Kanagawa, croit se trouver dans la même situation.

«Au sujet du nombre de personnel médical nécessaire et le nombre d’hôpitaux requis, nous ne pouvons pas encore donner de chiffres précis pour l’instant, a indiqué Hashimoto. Nous partagerons cette information dès qu’elle sera disponible.»

Elle a ajouté que le personnel médical requis dépendra du nombre de spectateurs locaux qui seront admis lors des épreuves, si elles ne sont pas disputées à huis clos. Elle a promis ces chiffres pour le mois d’Avril, mais a repoussé l’échéance à juin. Les spectateurs étrangers ont déjà été interdits.

«La plus grande inquiétude des gens sur la tenue des Jeux olympiques est de savoir si cela pourra avoir un impact significatif sur la capacité du personnel médical de soigner adéquatement la population infectée, a admis Hashimoto. Nous faisons de notre mieux pour mettre en place les protocoles les plus strictes.»

Par ailleurs, le gouvernement a instauré l’état d’urgence dans trois autres préfectures, soit Hokkaido, Hiroshima et Okayama, jusqu’au 31 mai. Les bars, les bars à karaoké et la plupart des lieux de divertissement seront ainsi fermés. Les propriétaires d’entreprises qui se plient aux règles seront compensés; ceux qui ne le font pas seront sanctionnés.