Avec 1500 animaux à nourrir et à soigner, le Zoo de Granby, par le truchement de sa fondation, mise sur le sociofinancement pour atténuer l’impact de la pandémie.
Avec 1500 animaux à nourrir et à soigner, le Zoo de Granby, par le truchement de sa fondation, mise sur le sociofinancement pour atténuer l’impact de la pandémie.

Une campagne de sociofinancement pour aider le Zoo de Granby

Avec 1500 animaux à nourrir et à soigner, le Zoo de Granby, par le truchement de sa fondation, mise sur le sociofinancement pour atténuer l’impact de la pandémie. Privé de revenus depuis la mi-mars, l’OBNL souhaite amasser 80 000 $ pour «soutenir les besoins primaires » de sa très grande famille.

«On vise 80 000 $, mais on espère dépasser 100 000 $. Ça ne couvre pas tous les coûts, mais ça va nous donner un sérieux coup de main pour nous aider à passer au travers parce qu’on ne sait pas jusqu’à quand ça va perdurer. Même si on a mis des scénarios en place, il n’y a rien qui garantit une réouverture prochaine», fait valoir le directeur général du Zoo, Paul Gosselin.

Selon les informations transmises dans le cadre de la campagne de financement, il en coûte environ 500 000 $ par année pour assumer les frais liés à la longue liste d’épicerie, de médicaments et des autres dépenses reliées au bien-être animal.

Ainsi, même si le Zoo est fermé, une équipe de gardiens, vétérinaires et cuisiniers est toujours en poste pour veiller aux soins des animaux. En cette période printanière, les habitats extérieurs doivent aussi être préparés. «On a de beaux gros éléphants, hippopotames et rhinocéros à nourrir, avec des diètes particulières. Ça coûte cher, nourrir des animaux et en prendre soin», dit Paul Gosselin.

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Quelques statistiques: chaque année, l’équivalent du poids de 38 éléphants est consommé en foin de mil, soit près de 200 tonnes. Un gorille mange à lui seul 6,1 kg de légumes par jour. Les quatre gorilles des plaines du Zoo consomment aussi plus de 2000 kilos de laitue par année.

Le Zoo de Granby a sa propre cuisine pour nourrir son large groupe de pensionnaires.

Le zoo de tous

Pour l’heure, la campagne de sociofinancement de la Fondation a été lancée sur Facebook. Les dons peuvent aussi être effectués par le biais du site Internet du Zoo. Mercredi midi, quelque 10 000 $ avaient été amassés. D’autres initiatives de financement pourraient aussi être mises de l’avant au cours des prochaines semaines, avance le DG.

Selon lui, le Zoo de Granby n’est pas le seul à avoir lancé une telle campagne. «Il y a une mouvance, avec les zoos canadiens, de demander de l’aide. Le Zoo de Granby est un organisme sans but lucratif, il faut se le rappeler. C’est le zoo de tout le monde. C’est une richesse collective. Présentement, le zoo n’a aucune source de revenus, que ce soit lié à l’ouverture au public, aux programmes éducatifs ou aux activités corporatives. À l’inverse, on a des dépenses importantes au quotidien», dit Paul Gosselin.

Au Zoo de Granby, pas moins de 80% des revenus sont comptabilisés durant la saison chaude.

Feu vert attendu

L’équipe du Zoo a par ailleurs préparé différents scénarios en prévision d’une réouverture éventuelle de ses installations, à tout le moins de la portion jardin zoologique, affirme le directeur général.

«On a élaboré un plan de relance avec différents scénarios. On a prévu qu’on pourrait se faire imposer des contraintes sanitaires, que ce soit avec un nombre maximum de personnes sur le site ou qu’on soit forcé de fermer certains pavillons pour respecter les règles de distanciation. Il faut aussi envisager qu’on ne pourrait pas avoir les expériences où on touche aux animaux, comme les raies ou la mini-ferme, par exemple. On se prépare aussi à distancer les tables au restaurant principal, à en contrôler l’accès», évoque Paul Gosselin.

«On met tous les scénarios sur la table. On se prépare. Mais il manque le signal de nos gouvernements pour relancer certaines strates du tourisme», ajoute-t-il.

Le dirigeant affirme que des plexiglas à installer près des caisses enregistreuses et des lavabos mobiles notamment ont déjà été acquis en prévision d’une réouverture éventuelle.

Paul Gosselin estime que si «la première vague» de déconfinement, avec l’ouverture des écoles primaires, de certains commerces, de l’industrie de la construction et des entreprises manufacturières, se déroule bien, l’industrie touristique pourrait être «priorisée», selon lui, dans une «deuxième ou troisième vague».

«Pour remonter le moral des troupes et de la population, si le Zoo pouvait ouvrir dans un premier temps, ça serait une bonne nouvelle. On verra aussi ce qui se passera avec le parc aquatique pour lequel d’autres mesures pourraient être imposées», conclut le DG.