Un festival d'électro toujours dans les plans malgré la pandémie

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
Malgré la pandémie, un festival de musique électronique va de l’avant: Moonearth se tiendra à Québec, dans un endroit toujours inconnu par le public. Un événement surprenant dans le contexte, mais pour lequel les organisateurs assurent avoir pris les mesures nécessaires pour éviter la propagation du virus.  

Le Moonearth Festival en est à sa première édition. Il doit avoir lieu du 18 au 20 septembre prochain dans un lieu qui ne sera dévoilé que 12h avant le début des festivités.  

«Une expérience musicale inoubliable et festive en nature. Un festival underground électronique bâti sous lune et soleil», promet l’organisation sur son site Web.  

Camping et musique électronique sont au menu et pas question pour les organisateurs d’annuler. «Pandémie ou pas, on a déjà vu des situations bien pires à gérer», assure Kaïdy Leikaize, qui chapeaute l’événement.  

Depuis 20 ans, dit-il, qu’il gravite dans le monde de l'événementiel. M. Leikaize se dit donc bien au fait des règles de foule à faire respecter. Encore plus dans ce contexte sanitaire particulier.  

«Mon but c’est d’offrir des festivités dans un cadre structuré. Moralement, je veux que ce soit sécuritaire et je ne veux pas risquer les infections», précise-t-il.  

«Pas plus de 1000 personnes» 

Pour ce faire, il entend faire appliquer les règles sanitaires prescrites par les autorités fédérales et provinciales. Le port du masque sera «pratiquement obligatoire», et les festivaliers devront respecter la distanciation physique, explique Kaïdy Leikaize.  

Les quatre scènes, elles aussi séparées par environ un kilomètre de distance, pourront accueillir tout au plus 250 personnes pour danser, conformément aux directives de la Santé publique, ajoute-t-il.   


« Mon but c’est d’offrir des festivités dans un cadre structuré. Moralement, je veux que ce soit sécuritaire et je ne veux pas risquer les infections »
Kaïdy Leikaize

«Chacune des scènes aura une entrée individuelle. On prendra la température des gens à l’entrée, on a acheté 300 masques pour ceux qui n’en ont pas et du désinfectant. Dans le camping, ils pourront enlever leur masque.» 

«Mais ils ne sont pas des animaux. On ne va pas les mettre en cage», martèle l’organisateur, faisant allusion à la tenue d’autres spectacles, comme le Festival de musique émergente, en Abitibi-Témiscamingue, où des barrières métalliques séparaient les groupes de festivaliers.  

À une semaine du Moonearth Festival, moins de 300 billets avaient été vendus pour y assister. «Je ne crois pas que les gens ont peur du virus, plus de pogner des tickets», hypothétise M. Leikaize. 

Le CIUSSS «pas informé»  

Contactée 11 jours avant la tenue du Moonearth Festival, la Direction régionale de santé publique affirmait ne pas être au courant qu'un tel rassemblement s'organisait à Québec. 

«On ne nous a pas contacté pour nous informer de cet événement [...] Par contre, le décret du gouvernement en date du 5 août est très clair : les rassemblements intérieurs et extérieurs sont limités à 250 personnes, aucun événement pourra se faire au Québec en haut de ça», a commenté le directeur de santé publique de la Capitale-Nationale par intérim, Dr Jacques Girard.  

Affiche du festival Moonearth

En comparant avec des situations observables aux États-Unis, le Dr Girard rappelle que «tout rassemblement, du moment qu'il y a une faille, peut être à l'origine d'une flambée de cas potentielle». 

«C'est extrêmement important de respecter les règles que nous nous sommes données collectivement», maintient-il.  

La région de Québec se trouve depuis mardi en situation de préalerte, en «zone jaune», selon le nouveau système du gouvernement du Québec qui établit le niveau de risque de propagation dans chaque région. Une situation qui ne préoccupe pas outre-mesure l’organisateur du festival, Kaïdy Leikaize, puisqu’il confirme que son événement ne se tient pas au «centre-ville».  

Le nombre permis de personnes dans un rassemblement demeure le même, soit 250, dans une région classée «jaune», comme la Capitale-Nationale.  

M. Leikaize se dit confiant que les amateurs de musique et de festivals électroniques underground qu’il prévoit recevoir sauront éviter les débordements et que ce sera «tolérance zéro» pour les délinquants. 

«Je veux juste permettre aux gens de s’évader dans une ambiance festive en nature. On n’attend pas 10 000 personnes non plus! Je comprends le virus, je suis alerte et je compte tout faire pour éviter que quelqu’un tombe malade pendant le festival», termine-t-il.