À terme, le petit appareil qui se porte au poignet pourrait mesurer la fréquence respiratoire, la pression artérielle, la température, la saturation d’oxygène et l’activité électrique du cœur. Il serait ainsi en mesure de prédire la probabilité que le porteur ait besoin d’être hospitalisé en fonction de ses signes vitaux. Muni d’une puce GPS, le bracelet pourrait aussi aider les systèmes de traçage de contacts des provinces.
À terme, le petit appareil qui se porte au poignet pourrait mesurer la fréquence respiratoire, la pression artérielle, la température, la saturation d’oxygène et l’activité électrique du cœur. Il serait ainsi en mesure de prédire la probabilité que le porteur ait besoin d’être hospitalisé en fonction de ses signes vitaux. Muni d’une puce GPS, le bracelet pourrait aussi aider les systèmes de traçage de contacts des provinces.

Un bracelet contre la COVID-19 conçu en partie à l’Université Laval

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
«Il faut trouver des solutions rapidement pour répondre à la crise». Voilà ce qui guide la motivation d’une équipe d’étudiants et de chercheurs de l’Université Laval dans la création d’un bracelet qui surveille les signes vitaux des patients en temps réel.

Dans 2 à 8 % des cas de COVID-19, les personnes qui en sont atteintes éprouvent des symptômes sévères qui mènent à la détresse respiratoire, à la défaillance des organes voire à la mort. Et si un bracelet, efficace pour détecter les signes vitaux anormaux comme la fièvre et les difficultés respiratoires, avait la capacité de sauver des vies en ces temps de pandémie? 

Devant la situation «exceptionnelle» du moment, le département de génie électrique et informatique n’a pas hésité, explique le professeur Benoît Gosselin. Son équipe et lui voulaient absolument participer à une recherche de solution contre la COVID-19.

«Tout le monde est interpellé par ce qui se passe en ce moment», observe celui qui est en charge du projet. 

Qu’est-ce que ce projet d’ailleurs? 

En collaboration avec l’Université de McGill et l’Université d’Alberta, toutes deux spécialisées en intelligence artificielle, l’entreprise iMD Research de Montréal a fait appel aux connaissances de l’Université Laval en microélectronique médicale. Elle a créé, au cours des derniers mois, un prototype d’un bracelet qui surveille les signes vitaux en temps réel. La recherche est menée avec l’aide de l’organisme Mitacs, qui offre du financement pour le développement de projets innovateurs au pays.

À terme, le petit appareil qui se porte au poignet pourrait mesurer la fréquence respiratoire, la pression artérielle, la température, la saturation d’oxygène et l’activité électrique du cœur. Il serait ainsi en mesure de prédire la probabilité que le porteur ait besoin d’être hospitalisé en fonction de ses signes vitaux. Muni d’une puce GPS, le bracelet pourrait aussi aider les systèmes de traçage de contacts des provinces.

«Nous pensons pouvoir concevoir le plus petit dispositif de surveillance de signes vitaux au monde. C’est pourquoi on est impliqués à l’UL, parce qu’en une dizaine d’années on a développé une expertise de pointe au laboratoire de recherche pour miniaturiser les dispositifs microélectroniques», aborde fièrement M. Gosselin. Cette spécialité lui a permis de développer des collaborations à l’international, avec le Japon, la Norvège et la Suède, notamment.

À terme, le petit appareil qui se porte au poignet pourrait mesurer la fréquence respiratoire, la pression artérielle, la température, la saturation d’oxygène et l’activité électrique du cœur. Il serait ainsi en mesure de prédire la probabilité que le porteur ait besoin d’être hospitalisé en fonction de ses signes vitaux. Muni d’une puce GPS, le bracelet pourrait aussi aider les systèmes de traçage de contacts des provinces.

«Réponse à la COVID»

Mais d’ici là, il y a du pain sur la planche. L’objectif pour l’équipe d’étudiants, de chercheurs et d’ingénieurs de Québec, d’ici les prochaines semaines, c’est donc de travailler sur la conception de circuits intégrés. Elle prévoit, d’ici la fin octobre, livrer une version préliminaire testable du système pour en faire un pilote, à l’essai au début de l’hiver. 

«L’idée c’est d’avoir un produit assez miniature, mais surtout assez économique à produire à grande échelle, où il va pouvoir être utilisé par la population plus âgée ou par les gens qui ont été diagnostiqués positif à la COVID», mentionne le professeur, confiant que le bracelet aura sa raison d’être même après la crise. Surtout dans un contexte de soins à domicile, quand les gens sont à la maison, mais où le personnel de la santé pourrait avoir des indications sur leur état de santé à distance, ajoute-t-il.

Un outil, dont le prix de détail pourrait se situer autour de 20 $, est susceptible d’avoir des retombées positives un peu partout, pour l’économie canadienne entre autres, estime M. Gosselin, alors que les experts souhaitent produire le bracelet au Canada, mais l’exporter dans d’autres pays par la suite. 

«Ce projet c’est notre réponse à la COVID et c’est super inspirant de travailler sur quelque chose qui peut contribuer à relancer l’économie, à soulager le personnel soignant et à aider la population en général», se réjouit Benoît Gosselin.