Dr Horacio Arruda
Dr Horacio Arruda

Trop tôt pour le plan de déconfinement des 70 ans et plus

Il est encore trop tôt pour mettre en place un plan de déconfinement des personnes âgées de 70 ans et plus, mais le directeur national de santé publique du Québec convient qu’il faut commencer à y penser.

À une question d’un journaliste du Soleil jeudi, au point de presse quotidien du gouvernement à Québec, Dr Horacio Arruda a répondu qu’il était conscient que la réouverture prochaine des écoles primaires amène une problématique particulière dans les familles, alors que les aînés sont toujours privés de voir leurs petits-enfants à cause de leur grand âge.

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Dr Arruda faisait ainsi écho à une préoccupation énoncée plus tôt dans La Tribune par son collègue directeur de la santé publique en Estrie, Dr Alain Poirier. Prenant garde de préciser qu’il exprimait un avis personnel, Dr Poirier disait qu’il est temps de trouver des «accommodements raisonnables pour redonner de la vie» à différents groupes de la société, dont les 70 ans et plus en bonne santé, tout en tenant compte bien sûr des règles de distanciation sociale et des autres mesures d’hygiène essentielles.

« Je le pense aussi, qu’il faut regarder ça, particulièrement peut-être dans les zones qui sont froides, comparativement à ce qui se passe à Montréal », a précisé le Dr Arruda au cours de ce point de presse où il a été longuement question des enjeux du déconfinement dans la métropole, aux prises avec des éclosions encore sévères de COVID-19.  

« Je pense qu’on va vous revenir avec des consignes au cours des prochains jours, mais il est encore trop tôt maintenant pour le faire, dans une période de déconfinement, parce que ça pourrait être interprété un peu n’importe comment », a continué le Dr Arruda. 

« On est en train d’analyser ça et soyez assurés que notre objectif n’est pas de retenir pour retenir. Notre objectif est de retenir pour être en mesure de savoir ce qui se passe et bien comprendre la dynamique de transmission. C’est un élément très important et ça fait aussi partie des conditions de l’OMS. »

« Il faut voir le déconfinement comme une nouvelle définition des travailleurs essentiels. Ça ne veut pas dire qu’on se relâche complètement. La quantité de réouvertures va être dosée pour être capable de voir ce qui se passe et être capable d’intervenir », a-t-il également expliqué.

La sortie du Dr Alain Poirier a aussi trouvé écho jeudi auprès du Regroupement québécois des résidences pour aînés qui a réclamé un plan de déconfinement des aînés « coincés dans leurs appartements » depuis plusieurs semaines maintenant.

« Il faut être capable de donner des consignes à ces résidences pour personnes âgées pour qu’elles aient un plan de match, a répondu le Dr Arruda. Ça fait partie des instruments qu’on veut mettre en place pour les soutenir. Il faut aussi bien communiquer avec les personnes qui vivent dans ces résidences-là parce qu’il y a des phénomènes de délation et parfois même de grandes peurs qui peuvent nuire au climat social à l’intérieur des résidences. »

Cinq jours sans nouveaux décès

Par ailleurs, le bilan des décès liés à la COVID-19 a connu une progression de 98 cas, jeudi au Québec, pour porter le total à 1859 victimes. Au cours du point de presse, le premier ministre François Legault a précisé que 92 de ces décès sont survenus dans des établissements de soins de longue durée pour les aînés.

Dans la région sociosanitaire de l’Estrie, on ne comptait jeudi aucun nouveau décès lié à la COVID-19 pour une cinquième journée consécutive.  

Le bilan des décès reste stable à 25, tandis qu’on compte huit nouveaux cas confirmés depuis 24 heures, pour porter le total des personnes atteintes à 834.

Les huit nouveaux cas de COVID-19 sont enregistrés dans les RLS de Sherbrooke (3), Memphrémagog (3) et La Pommeraie (2). Le territoire d’un neuvième cas reste à déterminer, signale le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, ce qui pourrait porter le total à 835 cas.

Le bilan quotidien du CIUSSS de l’Estrie fait également état de 50 cas hospitalisés, comme la veille, de deux cas hospitalisés aux soins intensifs, en baisse d’un, et de 414 personnes rétablies, en hausse de 25.

Toujours en Estrie, 68 % des décès liés à la COVID-19 sont survenus chez les 80 ans et plus, 28 % sont survenus chez les 70-79 ans et 4 % sont survenus chez les 60-69 ans. Il n’y a pas de décès signalé chez les moins de 60 ans.

Le plus grand nombre d’hospitalisations est observé chez les 70-79 ans à 27 %. 

Pour ce qui est des cas confirmés en Estrie, le groupe le plus touché est celui de 50-59 ans à 18 %, suivi des 40-49 ans, 30-39 ans et 20-29 ans à 15 % chacun.