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Pour expliquer la position du gouvernement sur l’adoption de nouvelles mesures, François Legault a résumé vouloir «éviter de faire des choix» entre des patients à traiter dans les hôpitaux. «On prend les mesures pour ne pas se rendre là.»
Pour expliquer la position du gouvernement sur l’adoption de nouvelles mesures, François Legault a résumé vouloir «éviter de faire des choix» entre des patients à traiter dans les hôpitaux. «On prend les mesures pour ne pas se rendre là.»

«Traitement choc» pour freiner la pandémie [VIDÉO]

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
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Les Québécois seront soumis à un «traitement choc», au moins pour les quatre prochaines semaines. Pour tenter de freiner la transmission «critique» de la COVID-19, ils devront rester à la maison entre 20h et 5h et le confinement se poursuivra jusqu’au 8 février.

«Pourquoi avec tous les efforts qu’on a fait, entre autres au cours des deux dernières semaines, avec les écoles et la plupart des entreprise fermées, il y a encore autant de cas? La réponse est dure : il s’est passé beaucoup de choses dans les maisons», a souligné le premier ministre François Legault lors de sa première conférence de presse de 2021.

Entre des vœux de bonne année et de santé, un souhait «plus approprié que jamais», il a annoncé l’entrée en vigueur d’un couvre-feu.

Cette nouvelle mesure s’implante comme un «traitement choc», pour réduire le nombre de visites dans les maisons. Dès samedi et jusqu'au 8 février, il ne sera pas permis de quitter la maison entre 20h et 5h le lendemain, à part pour des soins de santé, des raisons humanitaires ou pour que les travailleurs dits prioritaires se rendent au travail.  

Seul le Nord-du-Québec sera exempté de cette mesure, implantée à toutes les autres régions de la province en raison du risque répandu de rupture des capacités hospitalières, a justifié le gouvernement, appuyé de la Santé publique.

«Le couvre-feu permet de diminuer les possibilités de contact», a ajouté le Dr Horacio Arruda, alors que les 18-64 ans sont les plus grands responsables de la contamination communautaire.

Celles et ceux qui oseront se trouver à l’extérieur de la maison après 20h sans raison justifiable s'exposent à une amende entre 1000$ et 6000$, a mis en garde François Legault. La vice-première ministre du Québec et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, apportera des précisions sur ce couvre-feu ce jeudi.

Tout le Québec en «zone rouge»

À l’exception du Nord-du-Québec, toutes les régions passent par le fait même en zone rouge.

«On va se dire la vérité, au cours des dernières semaines, la situation de la pandémie s’est empirée. La situation est critique, grave. C’est la bataille de notre vie, mais malheureusement, la bataille n’est pas finie», a mis en garde le premier ministre, en compagnie du ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Christian Dubé, et du directeur national de la santé publique de la province, le Dr Horacio Arruda.


« On va se dire la vérité, au cours des dernières semaines, la situation de la pandémie s’est empirée. La situation est critique, grave. C’est la bataille de notre vie, mais malheureusement, la bataille n’est pas finie »
François Legault, premier ministre du Québec

Alors qu’il avait annoncé leur fermeture pour la période des Fêtes, les commerces non-essentiels comme les salles à manger des restaurants, les gyms et les musées ne pourront toujours pas rouvrir leurs portes, du moins pas d’ici le 8 février.

Un peu comme au printemps, «ce qu’on demande, à part le travail, l’école et [pour se nourrir], il faut rester à la maison».

Nouveauté toutefois, en conformité avec les demandes répétées d’acteurs du secteur commercial, la cueillette sur rue sera permise à la porte pour «dépanner».

Pour faire respecter le couvre-feu, les épiceries et les dépanneurs devront fermer leurs portes au maximum à 19h30. Les stations-services et les pharmacies seront les seules exceptions et pourront continuer d’ouvrir en soirée.

Finie aussi la possibilité pour les personnes seules de se joindre à une bulle familiale, comme à Noël ou au jour de l’An. Elles peuvent par ailleurs toujours recevoir une autre personne seule, tandis que les résidents de milieux d’hébergement auront droit à deux proche-aidants, mais seulement un par période de 24 heures.

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Pour expliquer la position du gouvernement sur l’adoption de nouvelles mesures, François Legault a résumé vouloir «éviter de faire des choix» entre des patients à traiter dans les hôpitaux. «On prend les mesures pour ne pas se rendre là.»

«Ma responsabilité c'est d'assurer la sécurité des Québécois. Je dois prendre des décisions difficiles, pour protéger les personnes vulnérables, notre réseau de la santé, mais il n’y a pas de solutions parfaites», a convenu le premier ministre.

Les écoles, toujours une «priorité»

La réouverture des écoles ne sera pas repoussée. Comme prévu avant les Fêtes, les écoles primaires rouvriront le lundi 11 janvier. Les enfants porteront un masque dans les corridors, sauf pour les élèves de 5e et de 6e année qui devront le porter en tout temps, tant et aussi longtemps que la transmission sera aussi intense, a prévenu le Dr Arruda.

Au secondaire, le retour en classe est prévu une semaine plus tard, soit le 18 janvier. Le gouvernement du Québec prévoit distribuer deux masques de procédure par jour à tous les enseignants et les élèves.

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge doit clarifier certains éléments de cette réouverture des écoles lors d’un point de presse, ce vendredi.

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CE QU'ILS EN DISENT

«Quand on sert un électrochoc aux gens, il faut leur expliquer pourquoi c'est bon pour eux. Pourtant, encore une fois, le premier ministre a été avare de justifications scientifiques. Pour restreindre autant la liberté des individus, il faut d'excellentes raisons. Par transparence, nous demandons au premier ministre de publier l'avis de la santé publique qui justifie l’imposition d’un couvre-feu. C'est une condition nécessaire pour favoriser l'adhésion de la population.» - Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de Québec solidaire

«Il est certain que nous avons très hâte d’accueillir nos élèves en personne. Bien que nous soyons en mesure d’assurer un enseignement virtuel de grande qualité, de la maternelle à la 5e secondaire, nous croyons qu’il est important pour les jeunes d’avoir une vie sociale et un contact en personne avec leurs enseignantes et leurs enseignants. Nous espérons que le retour en classe se fera le plus rapidement possible.» - David Bowles, président de la Fédération des établissements d’enseignement privés

«Nous avons connu une belle vague d’encouragement de l’achat local durant les fêtes et il aurait été dommage de freiner cet élan en laissant le champ libre aux géants du commerce en ligne. En permettant le ramassage en bordure de rue, on donne l’option aux Québécois de choisir leurs commerces locaux pour faire leurs achats. Face aux restrictions, les commerçants restent dans l’incertitude quant à une ouverture prochaine. Grâce au ramassage en bordure de rue, ils retrouveront une forme de certitude de pouvoir mieux rejoindre leurs clients. Cette décision aidera donc les petits détaillants de proximité.» - François Vincent, vice-président Québec de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

«Les Québécois sont fatigués. La situation actuelle est extrêmement difficile pour de trop nombreux secteurs économiques et les annonces d’aujourd’hui sont un autre coup dur pour des milliers d’entrepreneurs. Nous reconnaissons toutefois que les décisions du gouvernement visent à maintenir le plus d’activités économiques possible sans nuire aux efforts pour lutter contre le virus, notamment pour le secteur manufacturier et celui de la construction. Les entrepreneurs québécois ont fait d’énormes efforts pour rendre les lieux de travail les plus sécuritaires possible. Voici leur chance d’en faire la démonstration.» - Charles Milliard, président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec.

«Nous aurions souhaité des mesures additionnelles de la part du gouvernement pour supporter les efforts des québécois. Nous avions demandé des mesures pour accélérer la vaccination, une augmentation du dépistage et du traçage et la reconnaissance de la transmission par aérosols. Nous avons aussi demandé de rendre obligatoire la vaccination du personnel des réseaux de la santé et de l’éducation.» - Marie Montpetit, porte-parole du Parti libéral en matière de Santé

«Le couvre-feu diminue les possibilités de rassemblements illicites dans les résidences privées et donc, de contacts à risque. Y a des choses comme le gros bon sens...» - Catherine Fournier, députée indépendante de Marie-Victorin