Le député madelinot Joël Arseneau, le porte-parole du Parti Québécois en matière de santé.
Le député madelinot Joël Arseneau, le porte-parole du Parti Québécois en matière de santé.

Système d'alertes: le PQ réclame une meilleure approche territoriale

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
Le Parti Québécois demande au gouvernement de prendre une approche «plus proche de la réalité territoriale» dans l’application de son nouveau système d’alertes régionales pour la COVID-19. La troisième opposition demande aussi à Québec de poser des balises claires sur les causes et les conséquences des différents niveaux d’alertes afin «d’éviter les décisions politiques».

Le nouveau système d’alertes régionales pour la COVID-19, présenté mardi par le ministre de la Santé Christian Dubé, devrait mieux prendre en compte les réalités territoriales des différentes régions du Québec, selon le porte-parole du Parti Québécois en matière de santé, le député madelinot Joël Arseneau.

«L’annonce de mardi va dans le sens de ce que le PQ a demandé dès la première vague, soit une approche plus régionalisée qui donne l’heure juste sur l’évolution du virus, note Joël Arseneau. Cependant, les régions sont trop vastes. Il faut que les mesures soient adaptées à la réalité du territoire», demande le député, donnant comme exemple sa circonscription des Îles-de-la-Madeleine, qui est jumelée à la Gaspésie dans le système d’alertes régionales comme elles font partie de la même région administrative. «Est-ce qu’un commerce de Havre-aux-Maisons va devoir fermer s’il y a une éclosion à Gaspé ?», se demande M. Arseneau.

Quelle unité de mesure

Le Parti québécois soutient que le gouvernement devrait séparer la province en plus petits territoires pour éviter d’appliquer des mesures de confinement à des endroits où elles ne sont pas nécessaires, sans toutefois se prononcer sur la façon de délimiter les secteurs.

Cependant, le député croit qu’il serait «plus naturel» de se baser sur des divisions plus petites déjà établies, telles que les Municipalités régionales de comté (MRC) ou les Réseaux locaux de services (RLS) pour définir les sous-régions, notamment parce que la capacité du système de santé fait partie des trois critères qui définissent la couleur d’une région.

Dans le système présenté mardi, la province est découpée selon les 17 régions administratives, qui elles, contiennent 87 MRC et 93 RLS, découpés selon les populations et les communautés.

En réduisant la taille des régions du nouveau système d’alertes, Joël Arsenault croit que les citoyens se sentiront plus investis dans la lutte à la COVID-19. «Les gens vont sentir qu’ils ont un véritable impact sur le niveau d’alerte de leur communauté en appliquant les mesures sanitaires et ça va les motiver à le faire», pense-t-il.

Des conséquences claires

Le Parti québécois demande aussi au gouvernement de définir des conséquences claires pour les niveaux représentant les situations les plus sérieuses, soit l’orange et le rouge. «Il n’y a pas de conséquences claires si une région passe au rouge. On doit avoir des effets déterminés à l’avance pour éviter d’avoir deux poids deux mesures», martèle le député, inquiet de voir la politique se mêler à la santé publique.

En définissant au préalable les conditions et les conséquences des différents niveaux d’alertes, Québec éviterait les contradictions qui pourraient mettre en doute l’action gouvernementale, croit M. Arseneau. «On a lancé le modèle, l’approche est intéressante, mais maintenant il faut définir des paramètres clairs pour donner confiance au système. Il faut s’assurer d’être le plus proche de l’objectivité scientifique possible», conclut-il.