Soccer: enfin le terrain!

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
Tous les entraîneurs avec lesquels a discuté Le Soleil étaient enchantés d’apprendre que les sports d’équipe pourraient reprendre le 8 juin chez les jeunes avec des entraînements supervisés. Les jeunes sportifs brûlent de revoir le terrain, même que plusieurs y retournaient déjà sans la supervision de leurs entraîneurs...

«C’est une très bonne nouvelle, il n’y a aucun doute là-dessus», déclare Samir Ghrib, entraîneur-chef du Royal-Sélect de Beauport et directeur technique de l’Association de soccer de Beauport. «Je suis même un peu surpris par la date de reprise, qui viendra assez rapidement. Ça met de la pression sur les clubs pour être prêt à temps», poursuit-il.

C’est qu’il y a une variable que les clubs ignorent, mais qui est essentielle au déroulement de leur saison. «Il nous faut savoir combien de personnes vont utiliser le service! C’est ce qui dictera le nombre de personnes sur le terrain et le nombre de personnes qu’on devra engager. Il faudra aussi avoir une date de fin pour offrir un menu à la carte qu’on pourra quantifier monétairement», poursuit-il.

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Protocole lourd

Ghrib se dit aussi rassuré de l’annonce que la tenue de matchs serait possible d’ici la fin juin. «L’enjeu sera le protocole, car il sera lourd», indique-t-il. Kevin Butler, directeur technique du club de soccer Le Phénix des Rivières, abonde dans le même sens. «Le protocole sanitaire sera assez costaud. Les jeunes devront arriver avec leur Purell et tous les équipements devront être lavés avant et après. Les jeunes devront aussi se laver les mains et répondre à un questionnaire pour savoir s’ils ont des symptômes», indique-t-il.

«Cependant, je suis rassuré qu’on en vienne éventuellement à des matchs. Dans la phase 2, on parle de duels à deux contre deux ou à trois contre trois, dans la phase 3 de matchs à l’intérieur du club et dans la phase 4, contre d’autres clubs. Je suis content que le gouvernement semble vouloir aller rapidement», reprend Samir Ghrib.

Distanciation

L’entraîneur du Royal-Sélect reste préoccupé par la distanciation physique de 2 m exigée au départ, mais ajoute du même souffle que tout peut évoluer très rapidement. «On n’a qu’à penser au ratio. Il y a 30 jours, on parlait de 1 pour 4 et maintenant ce sont les ratios habituels de 1 pour 8, 1 pour 10 ou 1 pour 15. On parlait de 50 personnes sur le terrain en même temps et maintenant c’est 70», signale-t-il.

Kevin Butler aborde pour sa part la chose avec optimisme. Mini-buts, dribles circulaires autour de cônes et tirs dans des buts vides seront d’abord le lot des jeunes joueurs de soccer. «À première vue, on n’a pas le sentiment que ce sera quelque chose de l’fun», déclare-t-il à propos des entraînements supervisés. «Cependant, il y a une façon d’animer ça pour permettre qu’on puisse avoir du plaisir. On s’attend à deux ou trois semaines avant que les matchs commencent. Il y a une certaine lassitude, alors on espère sincèrement que le contact arrive assez rapidement.»

Samir Ghrib ajoute que certains jeunes seront probablement déçus des mesures qui seront exigées pour leur retour avec leur club de soccer. «On voit déjà plein de jeunes qui jouent au soccer libre sans supervision et la police ne les arrête pas. Peut-être que ceux-là trouveront la phase 1 plus difficile.»

Inscriptions

Malgré tout, tant Ghrib que Butler ne s’inquiètent pas quant à leurs inscriptions cet été. «Depuis que M. Legault a annoncé le retour des sports collectifs, je n’arrête pas de recevoir des messages de plaisir. Les joueurs ont hâte de revoir leurs amis, de toucher au terrain et au ballon. C’est bon qu’ils bougent, qu’ils s’aèrent le cerveau, qu’ils voient autre chose que l’intérieur de la maison!», indique le directeur technique du Phénix.

Samir Ghrib aimerait cependant que les clubs sportifs aient aussi leur part du gâteau après les annonces gouvernementales d’aide au secteur culturel et aux camps de jour. «C’est difficile de tout repartir ça, d’autant plus que nous n’avons rien à part nos techniciens qui profitent de la subvention salariale de 75%. N’oublions pas que c’est l’été que les clubs se renflouent, car seulement 40% à 50% de notre membership jouent l’hiver. On espère d’ailleurs que l’interdiction de jouer à l’intérieur soit levée d’ici l’automne.»

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FLEURY DÉÇU DU MAINTIEN DE LA DISTANCIATION

L’ancien demi défensif du Rouge et Or de l’Université Laval Daniel Fleury, qui avait défié les règles sanitaires en tenant un entraînement de baseball «illégal» le 19 mai, est heureux de l’annonce de la reprise des activités des sports d’équipe, mais déçu du maintien des règles de distanciation physique chez les jeunes.

«Mon fils de 12 ans était très content quand il a vu qu’il pourrait recommencer à pratiquer ses sports», ajoute l’ancien footballeur en ajoutant que fiston est comme lui un grand sportif puisqu’il pratique le baseball, le basketball, le football et le soccer.

«Par contre, moi je suis un peu déçu qu’on tienne encore à la mesure du 2 m, avec ce que j’ai entendu de la part de pédiatres et les études qui démontrent que les jeunes sont moins touchés par le coronavirus et qu’ils n’en sont pas des vecteurs importants», indique celui qui a déjà été entraîneur au baseball mineur.

«Si on peut, comme l’a dit M. Legault, tenir des matchs à la fin juin, ça voudra dire que la distanciation n’existe plus. Sinon, ce ne sera pas l’fun pour les jeunes et les sports sont populaires parce que c’est «l’fun». Si la distanciation perdure, ça nuira sûrement aux inscriptions», ajoute Fleury.

Il trouve aussi décevant qu’on déconfine toutes les régions et tous les groupes d’âge au même rythme. «On ne tient pas compte du fait que les jeunes et que certaines régions soient moins touchés, mais en même temps, le gouvernement fait de son mieux et je respecte ça», reprend celui qui se préoccupe surtout de la santé des jeunes.

«Un adulte peut se mettre sur pause pendant quelques mois, mais les effets sont moins bons sur des jeunes en pleine croissance», termine-t-il. Ian Bussières

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HEUREUX DE RETROUVER SES JOUEURS EN PERSONNE

L’entraîneur-chef de l’équipe de football des Élans de Garneau, Claude Juneau Jr., est heureux que les mesures annoncées jeudi par le gouvernement Legault lui permettent enfin de revoir ses protégés en personne.

«C’est bien beau les meetings virtuels, mais il n’y a rien comme se voir en vrai», déclare Juneau en entrevue avec Le Soleil. Bien sûr, le contact physique omniprésent au football ne sera pas permis dans la première phase de reprise des activités, mais l’entraîneur ne s’en préoccupe pas outre mesure pour l’instant.

«C’est une bonne nouvelle qu’on puisse enfin tenir des entraînements supervisés, notamment au niveau de la course. Les gars s’entraînaient jusqu’à maintenant par eux-mêmes, mais sans être encadrés par les «coachs»», poursuit-il, avouant que comme partout au Québec, on pouvait aussi voir des footballeurs se retrouver dans les parcs municipaux.

«Il y en a qui se retrouvaient à deux ou trois pour pratiquer selon leurs horaires de travail. Plus le temps avançait, plus le danger de les voir se regrouper en plus grand nombre existait. Au moins maintenant, les entraînements se dérouleront sous notre supervision et les entraîneurs feront respecter les mesures de distanciation», conclut-il. Ian Bussières