La dégradation des soins de santé et d’hygiène prodigués aux résidents de l’Auberge aux Trois Pignons force le CIUSSS à déployer encore plus de ressources dans l’établissement privé pour personnes âgées de Beauport.
La dégradation des soins de santé et d’hygiène prodigués aux résidents de l’Auberge aux Trois Pignons force le CIUSSS à déployer encore plus de ressources dans l’établissement privé pour personnes âgées de Beauport.

Situation alarmante à l’Auberge aux Trois Pignons: du renfort sera envoyé

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
La dégradation des soins de santé et d’hygiène prodigués aux résidents de l’Auberge aux Trois Pignons force le CIUSSS à déployer encore plus de ressources dans l’établissement privé pour personnes âgées de Beauport.

Lundi, le CIUSSS de la Capitale-Nationale annonçait l’envoi d’une quinzaine de ressources supplémentaires : médecins, infirmières, préposés aux bénéficiaires. Elles s’ajoutent aux 35 professionnels appelés en renfort le 11 juillet, date de l’éclosion de la COVID-19 qui a infecté 21 usagers, 7 membres du personnel et causé trois décès.

Le matin même, la docteure Karyne Cordeau et une collègue médecin avaient sonné l’alarme au journal Le Soleil. Elles décrivent l’endroit comme le milieu le plus dysfonctionnel dans lequel elles ont travaillé. Les deux femmes font état «de cas d’étouffement avec la nourriture, de dégradation de plaies, d’une mauvaise gestion de diabète, de chutes répétées, de séjours au sol prolongés et de soins d’hygiène négligés.» Elles disaient craindre pour la sécurité des résidents. L’établissement compte 97 unités.

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Enfin, les médecins rapportaient avoir dressé le même bilan aux autorités du CIUSSS sans avoir aucune réponse satisfaisante. Elle est finalement arrivée lundi.

«On est en action depuis le premier cas de COVID rapporté le 11 juillet. Ça a grimpé rapidement à 20 cas en quelques jours. La situation est aujourd’hui maîtrisée», insiste d’entrée de jeu, Nancy Drouin, directrice adjointe au Soutien à l’autonomie des aînées du CIUSSS de la Capitale-Nationale. Il y a actuellement 50 travailleurs par jour, c’est 15 de plus qu’au départ. Ça peut varier, mais on s’ajuste aux besoins», ajoute-t-elle.

Mme Drouin explique que l’Auberge aux Trois Pignons est une résidence privée, qui prodigue certains soins de santé à sa clientèle grâce à une certification du CIUSSS. Lorsque la COVID est apparue, plusieurs membres du personnel ont déserté les lieux. Aucun des médecins habituellement rattachés à l’établissement ne s’est porté volontaire pour prêter main-forte en temps de pandémie. Cette partie de la problématique a été rapportée à la Direction des soins professionnels du CIUSSS. La situation a fait que les résidents, incluant ceux qui ne sont pas infectés, ont souffert d’un manque de soins.

«Nous sommes arrivés dans un milieu qui est autonome dans sa pratique. Sur place, nous avons constaté qu’il y avait d’autres enjeux que la COVID. On devait compenser le manque de personnel pour des tâches comme la buanderie et la cuisine qu’on ne connaissait pas», souligne la DG adjointe.

Dès mardi, une équipe de communication fera le lien avec la famille des résidents dont plusieurs s’inquiètent. Une ligne téléphonique leur sera réservée. 

Mme Drouin promet que l’ajout de personnel à l’auberge ne met pas en péril des soins ailleurs dans le réseau. Toutes les personnes qui s’y rendent en renfort le font sur une base volontaire.

Enfin, la certification de l’établissement n’est pas remise en cause pour l’instant. «Notre but est de régler la situation. Je ne peux vous dire si des écarts seront signifiés au propriétaire.»

«Malgré le contexte pandémique, malgré la rareté de personnel, je peux vous témoigner de notre détermination à offrir à nos résidents les meilleurs soins. Déjà, avec l’ajout de personnel par le CIUSSS, cela a de beaucoup amélioré la situation et notre capacité de répondre à ce contexte exceptionnel», a fait savoir par courriel, Guy Lemay, propriétaire de l’Auberge. Jamais nous ne lésinons sur la qualité des soins. Jamais nous ne lésinerons sur le bien-être de nos résidents.»