François Legault en conférence de presse à Québec, jeudi
François Legault en conférence de presse à Québec, jeudi

S’isoler avant Noël, question de «jugement» [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
La veille, la semaine d’isolement préalable aux quatre jours de festivités de Noël s’avérait une clause «non négociable» du fameux contrat moral avec les Québécois. Mais jeudi, le gouvernement Legault jette du lest et parle dorénavant d’une question de «jugement» et de «faire confiance aux Québécois».

«L’idéal, c’est de rester chez soi», a d’abord réitéré le premier ministre, lors de son traditionnel point de presse de 13 h tenu dans une salle voisine du parlement de Québec. «Mais ce n’est pas noir ou blanc.»

«Je comprends très bien qu’il y a beaucoup de Québécois qui doivent travailler, la semaine avant Noël. On doit parler de minimiser les risques. [...] Je comprends aussi qu’il y a certaines catégories d’employés, comme le personnel de la santé, comme les personnes qui travaillent dans les garderies, proches des enfants, c’est plus difficile pour eux autres de respecter les consignes. Ce sont justement ces personnes-là à qui on voudrait donner du répit, parce que ça fait neuf mois que ces personnes-là travaillent très fort, a fait valoir M. Legault.

«Je ne suis pas un magicien, on a besoin de ces personnes-là la semaine avant Noël, constate-t-il. Puis je ne peux pas décréter qu’ils peuvent aller dans des rassemblements. C’est une question de risque, de gestion de risques. Et moi, j’ai confiance que tous les Québécois vont prendre la bonne décision.»

Gérer son niveau de risque

Assis comme toujours à la droite du premier ministre lors de ces points de presse entamés au même endroit il y a déjà huit mois et demi, le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, a aussi tenté des précisions sur le sujet.

«Si vous êtes quelqu’un qui veut un risque égal à zéro, vous n’irez pas, parce que vous ne savez pas si vous êtes contaminé. Si vous êtes capable de tolérer un certain risque, si vous avez respecté toutes les consignes, si vous avez travaillé dans des endroits où il y a un plexiglas, où les mesures sont adéquates, s’il n’y a pas eu d’éclosion transmise dans votre milieu [de travail]. Si vous faites attention pendant la semaine, diminuez vos contacts de façon maximale, votre risque, il continue à baisser», énumère le Dr Arruda.

Tout dépend donc de votre niveau d’exposition à la COVID-19 dans les sept jours précédant vos rassemblements de Noël, mais aussi des personnes que vous allez côtoyer lors de ces festivités en petit groupe.

Plus les invités seront vulnérables à la maladie, par leur âge avancé ou leur état de santé, moins il est recommandé de les rencontrer.

«Ne faites que l’essentiel de ce que vous êtes obligé de faire. Évitez des contacts pas nécessaires» pendant une semaine avant de penser y aller.

«Parce que si vous me demandez de vous dire exactement quel est le risque, c’est tellement variable d’un individu à l’autre. Ça prend du jugement! Mais on fait le minimum de rencontres avant. On fait nos deux rassemblements, maximum. Si vous pouvez vous en sauver avec un, tant mieux. Vous pouvez vous en sauver avec aucun? Aucun problème. Et puis après ça, votre période [d’isolement] après. C’est comme ça que les gens doivent réfléchir leur situation», indique le Dr Arruda.

«On aura une décision à prendre»

Le premier ministre a rappelé que rien de tout cela n’est coulé dans le béton. Une hausse trop prononcée des cas de COVID-19 et surtout des hospitalisations qui s’en suivent peut faire tout dérailler et forcer l’annulation en tout ou en partie des quatre jours de festivités.

«On aura une décision à prendre. Pour l’instant, on continue avec le plan, c’est-à-dire deux rassemblements. Mais il y a une condition, qui est là depuis le début, qui est un certain contrôle de la pandémie», insiste-t-il.

Quant aux grands soldes d’Après-Noël, la décision est déjà prise. Les policiers étendront leur plan de haute surveillance en train d’être tracé pour les 31 décembre et 1er janvier à ces dates, sans doute les 26 et 27 décembre.

Pas question de fermer les centres commerciaux, mais les règles seront plus sévères. On établira une limite de clients qui pourront être dans un magasin en même temps.

Prêts à vacciner dès le 1er janvier

Le premier ministre Legault et son ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, affirment par ailleurs que le Québec sera prêt à vacciner à compter du 1er janvier.

Ce qui ne veut pas dire que les premiers vaccins seront administrés à cette date, loin de là. M. Dubé veut juste s’assurer que toute la logistique soit en place à temps.

Reste à savoir de la part du gouvernement fédéral quand les doses seront disponibles et en quelle quantité.

Jérôme Gagnon, nouveau sous-ministre adjoint à la Santé, un ancien de la Sécurité publique, sera aux commandes de la campagne de vaccination. Épaulé par le Dr Richard Massé, lui-même ex-directeur national de santé publique devenu conseiller spécial auprès du Dr Arruda, son ancien adjoint, pour cette crise.

Le rythme actuel de vaccination contre l’influenza est de 200 000 personnes pour l’ensemble du Québec. La capacité pour la COVID-19 pourra être bien supérieure, au besoin.