Le maire de Rimouski souhaite le redémarrage des différentes activités économiques du territoire de sa ville le plus rapidement possible.
Le maire de Rimouski souhaite le redémarrage des différentes activités économiques du territoire de sa ville le plus rapidement possible.

Rimouski souhaite redémarrer son économie le plus rapidement possible

Le maire de Rimouski souhaite le redémarrage des différentes activités économiques de sa ville le plus rapidement possible. Pour Marc Parent, les entreprises et les commerces qui ne sont pas identifiés dans la liste de ceux considérés comme essentiels par Québec doivent pouvoir rouvrir parce que certains d'entre eux sont au bord du gouffre. «On ne peut pas envisager vivre dans un aquarium pour la prochaine année», lance-t-il.

«La fermeture des commerces et entreprises font en sorte que plusieurs personnes ont vu leurs revenus grandement diminuer, positionnant ces gens-là dans des situations qui, bien souvent, pourraient être précaires», s'attriste M. Parent. Celui-ci rappelle qu'à la mi-mars, lorsque le gouvernement a ordonné le confinement de la population, le Québec a assisté à un grand mouvement de solidarité. «On s'est tous serré les coudes et on s'est enfermés, soutient le maire de Rimouski. Présentement, on amorce probablement la période qui va être la plus difficile de toute cette saga associée à la COVID-19, soit le déconfinement.»

Marc Parent insiste.«La situation ne reviendra jamais à la normale. Ce qu'on a vécu par le passé et ce qu'on vit maintenant, ce sont des réalités bien différentes. L'obligation de maintenir des mesures d'hygiène strictes va demeurer tant et aussi longtemps qu'un vaccin n'aura pas été distribué à l'ensemble de la population.»

Immunité collective

Le maire approuve «la nécessité de créer une immunité collective afin que le ratio de propagation du virus puisse diminuer», comme évoqué par le premier ministre François Legault. «Le Bas-Saint-Laurent, avec ses 34 cas, est clairement la région la moins touchée par la COVID-19, souligne M. Parent. Il est certain que la remise en marche de l'économie, la réouverture des commerces et, à plus longue échéance, la réouverture des régions, vont amener des cas additionnels. Des experts sont d'avis qu'un certain pourcentage de la population devra être contaminé par la COVID-19 pour pouvoir limiter les dégâts à plus long terme.»

Si Marc Parent souscrit au concept d'immunité collective, il rappelle néanmoins qu'une tranche de la population doit éviter de contracter le virus: les personnes âgées, qui représentent 85% des décès liés au coronavirus. Cela n'empêche pas l'élu d'affirmer que les personnes âgées doivent pouvoir, elles aussi, sortir et «continuer à vivre». Il exhorte donc les commerçants et les entrepreneurs de Rimouski à réfléchir à la possibilité d'offrir des plages horaires visant à donner un accès exclusif à cette clientèle. 

Explosion des demandes d'aide financière

Deux semaines après l'annonce du programme d'un fonds d'urgence par le gouvernement du Québec, la Société de promotion économique de Rimouski (SOPER), qui en est gestionnaire pour la MRC de Rimouski-Neigette, a reçu 200 demandes d'aide financière, pour un total s'élevant à 2 millions$. Pour l'organisme, c'est du jamais-vu puisqu'il traite une moyenne de 150 dossiers par année. «Ça donne un peu une idée de la charge de travail», lance le président-directeur général de la SOPER. Selon Martin Beaulieu, l'enjeu de toutes les entreprises est celui de l'endettement, voire du surendettement. «Les entreprises qui sont présentement les plus touchées sont celles des services, qui ont besoin d'un flux constant de clients, spécifie-t-il. Les restaurants et les salons de coiffure sont extrêmement à risque.» 

Selon le patron de l'organisme de développement économique, ces gens d'affaires attendent impatiemment le programme lié aux baux commerciaux, tel qu'annoncé par Ottawa. «On sait que le 1er mai approche rapidement, soulève Martin Beaulieu. C'est clair que pour les commerces qui sont locataires, le programme d'aide directe va faire toute la différence parce que le plus gros poste de dépenses est souvent le loyer.»

Entreprises prêtes à la relance

La SOPER ne gère actuellement aucun dossier de faillite ou d'entreprises qui ont dû fermer leurs portes à cause du ralentissement économique causé par la pandémie. «La plupart des entrepreneurs ont mis en place les conseils qui leur ont été donnés par les gens du domaine économique: ils ont préservé leurs liquidités, en s'assurant de dépenser le moins possible et de revoir leur modèle d'affaires», explique Martin Beaulieu, ajoutant du même souffle que personne n'a de lunettes roses pour autant.

Quoi qu'il en soit, il sent que les entrepreneurs rimouskois se préparent à la relance. Il espère faire mentir les pronostics issus d'un sondage mené par la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante qui a prédit que 25% des entreprises ne pourraient pas passer à travers la crise si leurs revenus diminuaient de 50% sur une période d'un mois. «C'est vraiment ce combat-là qu'on est en train de livrer avec les entreprises de Rimouski, laisse tomber M. Beaulieu. Les enjeux de la relance sont multiples.» 

Ouverture des régions

De l'avis de Martin Beaulieu, l'activité économique ne recommencera pas du jour au lendemain. «Certaines entreprises et certains commerces vont choisir de rouvrir plus rapidement, d'autres plus lentement, prévient-il. Il faut garder à l'esprit que chez certaines entreprises, leurs fournisseurs ne sont peut-être pas ouverts et qu'il leur manque certaines composantes pour pouvoir opérer. Pour d'autres entreprises, il faut qu'elles attendent d'avoir un minimum de clients pour pouvoir ouvrir. Il faut respecter ça et encourager celles qui sont ouvertes.»De son côté, Marc Parent assure que la Ville de Rimouski entend bientôt mettre de l'avant les différents projets inclus dans son plan triennal d'infrastructures.

Par ailleurs, si le maire de Rimouski ne souhaite pas l'ouverture du Bas-Saint-Laurent pour le moment, le PDG de la SOPER rappelle que la survie économique de Rimouski dépend largement de la région. «Rimouski est une ville de services qui dessert une grosse partie de l'Est-du-Québec, avance Martin Beaulieu. L'actif commercial de Rimouski est de près de 1,3 milliard$ et les Rimouskois consomment près de 600 millions$. Donc, il y a beaucoup de gens de l'extérieur qui viennent consommer à Rimouski et il y a beaucoup d'entreprises rimouskoises qui sont ouvertes sur le monde.»