Les femmes enceintes vivant dans une région où il n’y a pas de maison de naissance et qui voulaient accoucher à domicile pourront désormais le faire en respectant certaines conditions.

Reprise du service d’accouchement à domicile: un baume pour des parents de la région

Les femmes enceintes vivant dans une région où il n’y a pas de maison de naissance et qui voulaient accoucher à domicile pourront désormais le faire en respectant certaines conditions. L’Ordre des sages-femmes du Québec a modifié ses mesures temporaires mises en place la semaine dernière pour contrôler les risques de contamination à la COVID-19. Une nouvelle qui réjouit le couple granbyen Jenny Turcotte et son conjoint Michael Bélanger.

L’Ordre avait décidé, jeudi dernier, d’interrompre le service d’accouchement à domicile. Les femmes enceintes devaient donc se rendre dans une maison de naissance ou à l’hôpital pour accoucher.

Aux yeux de Jenny, cette décision était « illogique », puisque la mère de famille risquait d’être en contact avec d’autres familles, en plus de devoir faire une heure de route, la maison de naissance la plus proche étant à Sherbrooke.

Jenny Turcotte et son conjoint, Michael Bélanger.

Cette mesure a été abolie mardi. La femme et sa famille doivent cependant remplir certains critères, dont ceux d’être asymptomatiques et sans critère d’exposition au moment du début de l’accouchement, de ne pas avoir été déclarés positifs à la COVID-19 et d’être en isolement volontaire durant 14 jours avant la naissance du bébé pour pouvoir accoucher à la maison. Les effectifs sages-femmes doivent également être suffisants.

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« Avant que l’Ordre interrompre les accouchements à domicile, on était déjà dans le protocole demandé, alors ma situation se prêtait à ça », commente Jenny qui est enceinte de 36 semaines.

En sachant qu’elle devait réduire ses interactions, elle et sa famille se sont immédiatement placées en confinement.

« Comme un a un contrôle sanitaire rigoureux à la maison et qu’on n’a pas de symptômes grippaux, on ne comprenait pas la décision, mais on est très heureux du dénouement », poursuit celle qui avait dénoncé la mesure sur les réseaux sociaux.

Précautions supplémentaires

De son côté, Julie Pelletier, présidente de l’Ordre des sages-femmes du Québec se dit « satisfaite » des nouvelles modifications.

« En collaboration avec le ministère de la Santé et des Services sociaux, on a réussi à encadrer l’accouchement à domicile de façon la plus sécuritaire possible en temps de crise », indique-t-elle en précisant que les mesures avaient été prises pour, non seulement protéger le public, mais aussi les sages-femmes et leurs clientes aux risques probables de contamination.

Plusieurs précautions sont déjà prises par la sage-femme lors d’un accouchement à domicile. Toutefois, dans les circonstances actuelles, des mesures de désinfection supplémentaires seront adoptées.

Les poignées de porte et les surfaces seront nettoyées, donne en exemple Mme Pelletier. Les sages-femmes apporteront un minimum de matériel et elles utiliseront des contenants jetables.

La décision repose tout de même entre les mains de la cliente de sa sage-femme d’évaluer le lieu d’accouchement le plus sécuritaire pour elle, précise Mme Pelletier.

« La maison de naissance demeure le lieu privilégié pour l’accouchement. Les maisons de naissance doivent être un milieu sain exempt de contagion. Si la femme présente des symptômes, elle doit aller accoucher à l’hôpital », dit-elle.

La mesure d’un seul accompagnateur lors de l’accouchement est maintenue, que ce soit à l’hôpital, à domicile ou en maison de naissance. Il doit évidemment être asymptomatique.