Après trois mois de confinement, les clients étaient au rendez-vous au centre d’escalade Roc Gyms, tout sourire de pouvoir retourner s’entraîner.
Après trois mois de confinement, les clients étaient au rendez-vous au centre d’escalade Roc Gyms, tout sourire de pouvoir retourner s’entraîner.

Réouverture des gyms: entre fébrilité et excitation

C’est avec un soupir de soulagement que les propriétaires de centres d’entraînement ont rouvert leurs portes le 22 juin. «C’est comme si on repartait un peu à zéro», lance François-Guy Thivierge, propriétaire du centre d’escalade Roc Gyms. Après trois mois de confinement, les clients étaient aussi au rendez-vous, tout sourire de pouvoir s’entraîner.

«En 28 ans, je n’ai jamais fermé plus de deux jours consécutifs. Là, on a été fermé pendant plus de 100 jours, donc c’est sûr qu’on repart un peu à zéro», entame M. Thivierge. Le confinement lui aura fait perdre plusieurs contrats, notamment des réservations de groupes, mais l'alpiniste et homme d'affaires préfère se tourner vers l’avenir. Ses attentes pour l’été sont prudentes et réalistes : «Il ne faut pas avoir de trop grandes attentes pour ne pas être déçu». Le propriétaire est conscient que les gens ont été confinés pendant plusieurs mois et veulent profiter du plein air. «Ils n’iront pas nécessairement s’entraîner à l’intérieur, mais on a tout l’été pour absorber ce qui vient de se passer et se préparer à la saison haute qui débute en septembre.»

Pendant le confinement, lui et son équipe, ne sachant pas si les gyms intérieurs rouvriraient pendant l’été, ont eu l’idée d’aménager un mur d’escalade extérieur. Situé dans la cour de l’établissement, ce nouvel ajout sera offert aux visiteurs dans trois semaines.

Le propriétaire du Planète Fitness Gym dans Saint-Roch, Pascal Gravel, avait aussi hâte à la réouverture de son établissement. «On est tous un peu fébriles. Un peu comme si c’était le premier jour d’ouverture.» À 11h, une quinzaine de clients s’entraînaient sur les machines. Malgré les trois mois de fermeture, M. Gravel se dit pourtant confiant pour l’avenir. «Je n’ai pas de crainte de perdre de clients, même au contraire, je crois que l’été va être meilleur que les autres vu qu’on a été fermé pendant un bout. Ça a manqué à beaucoup de gens», ajoute-t-il. Mais si le confinement s’était prolongé de quelques mois, M. Gravel ne croit pas qu’il aurait pu s’en sortir financièrement. «J’avais donné le choix à mes clients entre continuer leurs versements ou arrêter. 95 % des gens ont continué pour m’encourager. C’est ça qui m’a aidé à passer à travers la crise.»

Quant au Mega Fitness Gym, une quarantaine de clients étaient présents vers midi, «l’heure de pointe». Le propriétaire Dan Marino avait d’ailleurs rouvert son établissement avant la date légale, soit le 16 juin. Des policiers s’étaient pointés le jour même à la suite d’une plainte, avaient rédigé un constat de la situation, puis avaient transmis l’affaire au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). M. Marino a quand même décidé de rester ouvert. Il affirme ne pas avoir eu la visite d’autres policiers depuis l’incident. Depuis sa réouverture, il constate 250 nouveaux abonnés. «Plusieurs m’ont félicité en me disant que je me tenais debout». Malgré le mois de juin à l’habitude moins achalandé, il remarque que les clients sont au rendez-vous. «On dirait que les gens avaient tellement hâte de recommencer à s’entraîner.» 

Retrouver la forme, enfin!

Bernard Lefrançois, âgé de 66 ans, était impatient que le Planète Fitness Gym rouvre. «J’ai un certain âge, donc juste d’arrêter aussi longtemps, on développe des bobos un peu partout, témoigne-t-il. Ça fait vraiment du bien de recommencer.» Pour celui qui s’entraîne six jours par semaine en temps normal, l’arrêt soudain a été très difficile. Pendant les trois mois de confinement, il a pris des marches et joué au golf, «mais ce n’est pas pareil», précise-t-il.

Même son de cloche du côté de Joël Breton, qui s’est initié à l’escalade il y a un an et demi. Celui qui s’entraîne 4 à 5 fois par semaine était visiblement très content de sa première sortie d’escalade depuis trois mois. «Je suis excité à l’idée de revenir escalader et revoir les gens avec qui j’étais habitué de grimper. C’est très plaisant de pouvoir remonter sur les murs et s’étirer les muscles.»

Pendant le confinement, Joël s’est entraîné à la maison avec des poids et a fait de la randonnée, «mais ce n’est pas du tout la même chose, ce ne sont pas les mêmes muscles qui sont mobilisés», précise-t-il. Les trois mois de confinement auront été éprouvants pour sa forme physique : «J’ai perdu 15 livres de masse musculaire! Pour la première journée, je vais prendre ça tranquille, parce que mes muscles ne sont plus habitués.»

Mieux vaut tard que jamais

Joël Breton croit d’ailleurs que la date de réouverture des centres d’entraînement aurait pu être plus tôt. «La majorité des gens qui viennent [au Roc Gyms] sont en forme et en santé et ils respectent les règles de santé publique. Mais je comprends aussi pourquoi ça a été aussi tard.»

Le propriétaire du Planète Fitness abonde dans le même sens : «Si on se compare avec d’autres commerces, je pense qu’on aurait pu ouvrir au moins il y a 30 jours, estime-t-il. Ici, les gens font attention à leur santé et sont respectueux envers les autres.»

Quant au propriétaire du Roc Gyms, M. Thivierge, il affirme que certains propriétaires de centres d’entraînement vont trouver la réouverture plus difficile que d’autres, mais que son gym s’en sortira malgré tout. «C’est sûr qu’on a trouvé ça difficile, mais on va être capable de remonter la montagne», métaphore-t-il. «Si j’ai réussi à monter l’Everest, je vais être capable de monter ça», lance-t-il.