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Que sait-on à propos du variant P.1, identifié pour la première fois au Brésil?

Melissa Couto Zuber
La Presse Canadienne
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D'une éclosion dans une équipe canadienne de la LNH en passant par des éclosions de cas détectés en Alberta, certaines régions du Canada ont connu une montée en flèche du nombre de cas de COVID-19, au cours des dernières semaines, qui sont peut-être liés à des variants préoccupants.

Alors que la plupart des cas de variants dans le pays proviennent de la variété B.1.1.7 détecté pour la première fois au Royaume-Uni, des foyers inquiétants du variant P.1, qui a été identifiée pour la première fois au Brésil, commencent à apparaître avec plus de fréquence.

Au 1er avril, il y avait eu 483 cas du variant P.1 à travers le pays, la majorité d'entre eux, 379, étaient en Colombie-Britannique, selon Santé Canada. Il y a eu 10 856 cas du variant B.1.1.7 et 313 du variant détectés pour la première fois en Afrique du Sud.

Le dernier rapport épidémiologique de Santé publique Ontario montre un total de 103 cas du P.1 dans la province, dont un nouveau cas identifié au cours de la fin de semaine.

Maria Sundaram, épidémiologiste à l'Université de Toronto, est d'avis que le nombre croissant de cas de variants est préoccupant. Et tandis que le P.1 a gagné plus de prévalence dans l'ouest récemment, cela ne veut pas dire que le reste du pays ne devrait pas être sur ses gardes.


« Tous les variants préoccupants identifiés semblent avoir des caractéristiques qui sont de très mauvaises nouvelles pour nous en termes de contrôle de la pandémie »
Maria Sundaram, épidémiologiste à l'Université de Toronto

«Les chiffres sont un peu plus élevés en Colombie-Britannique, mais ... les choses peuvent tourner en un rien de temps ailleurs.»

Voici ce que nous savons sur le variant P1:

DE QUOI S'AGIT-IL ET EN QUOI EST-IL PLUS PRÉOCCUPANT QUE LES AUTRES VARIANTS?

Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), basés aux États-Unis, le variant P.1 possède 17 mutations uniques, dont trois de la part de la protéine de pointe qui se lie aux cellules lorsque nous sommes infectés.

Ces mutations, sur ce qu'on appelle le «domaine de liaison au récepteur» de la protéine de pointe, sont les plus préoccupantes, selon le médecin spécialiste des maladies infectieuses Ilan Schwartz.

Ilan Schwartz, chercheur à l'Université de l'Alberta, affirme que les mutations permettent au virus de se lier plus efficacement aux cellules lorsqu'il pénètre dans l'organisme et peuvent également interférer avec la capacité des anticorps - produits à partir d'une infection antérieure ou à partir de vaccins - à reconnaître le variant.

DANS QUELLE MESURE SONT-ILS PLUS TRANSMISSIBLES?

Les experts affirment que les variants détectés pour la première fois au Royaume-Uni et en Afrique du Sud sont environ 50 % plus transmissibles que la forme antérieure du virus, connue sous le nom de «type sauvage». Mais ils ne savent toujours pas à quel point P.1 est contagieux par rapport aux autres.

Les données sur P.1 sont encore nouvelles, a indiqué Maria Sundaram, mais ce qui est plus inquiétant, c'est l'idée que ce variant pourrait réinfecter ceux qui ont déjà eu la COVID-19.

Une étude réalisée à Manaus, la plus grande ville de la région amazonienne du Brésil, a révélé que le variant P.1 avait été identifié dans 42 % des cas séquencés là-bas à partir de fin décembre, même si environ 75 % de la population de la région avait déjà été infectée.

«Nous parlons de personnes qui auraient dû être protégées par leur propre système immunitaire avec une réponse du pathogène lui-même», a déclaré Maria Sundaram.

Le dernier rapport épidémiologique mondial hebdomadaire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé le Brésil comme le point le plus chaud en raison du nombre de nouveaux cas avec 533 024 pour la semaine se terminant le 28 mars. Le pays, qui a le variant P.1 comme souche dominante, a signalé 508 000 cas la semaine précédente.

OÙ LE VARIANT CIRCULE-T-IL AU CANADA?

Le variant P.1 a été détecté partout au Canada, mais les éclosions les plus récentes sont apparues dans l'ouest de la Colombie-Britannique et l'Alberta.

La médecin-hygiéniste en chef de l'Alberta, la Dre Deena Hinshaw, a déclaré lundi sur Twitter qu'une épidémie impliquant des cas de P.1 dans la province semble être liée à un grand employeur ayant plusieurs sites dans l'Ouest canadien.

La Dre Hinshaw a déclaré que trois des 26 cas liés à ces sites sont confirmés comme étant le variant P.1, mais elle a ajouté que ce nombre augmentera probablement à mesure que de nouveaux résultats arriveront.

Un cas de P.1 distinct a été identifié dans une éclosion de cinq cas dans un lieu de travail de la zone de Calgary, a déclaré Deena Hinshaw.

En Colombie-Britannique, pendant ce temps, la médecin hygiéniste en chef Bonnie Henry a déclaré la semaine dernière qu'un important groupe de cas de P.1 dans la région de Whistler avait été contenu. Bien qu'un petit nombre se soit répandu au-delà de Whistler, Bonnie Henry a déclaré que ces cas étaient surveillés de près.

Une éclosion chez les Canucks de Vancouver de la LNH impliquerait également le variant P.1, bien que l'équipe et la ligue ne l'aient pas confirmé.

Seize des 22 joueurs des Canucks figuraient sur la liste du protocole COVID de la LNH lundi après-midi.

Tous les joueurs sur cette liste n'ont pas nécessairement été testés positifs. La liste comprend également les joueurs qui doivent s'auto-isoler après avoir été en contact étroit avec un cas confirmé ou pour des raisons de voyage.

LE VARIANT CAUSE-T-IL UNE MALADIE PLUS GRAVE?

Ilan Schwartz a indiqué qu'il est probable que le P.1 puisse entraîner une maladie plus grave et que les personnes plus jeunes pourraient être plus sensibles aux complications avec ce variant par rapport au «type sauvage» du virus auquel le Canada a surtout été confronté jusqu'à présent.

Il a ajouté cependant que les données sur le P.1 sont «assez préliminaires» par rapport à B.1.1.7, qui montrent également un risque accru d'infections plus graves.

«Nous connaissons ce variant depuis moins longtemps, et comme les données générées ne sont pas aussi robustes, nous ne le savons toujours pas avec certitude», a-t-il déclaré. «Mais c'est certainement notre préoccupation.»

«À bien des égards, P.1 a tout un arsenal.»

QUELLES IMPLICATIONS CE VARIANT A-T-IL SUR LES VACCINS?

Maria Sundaram a mentionné que la recherche suggère que les vaccins à ARNm de Pfizer-BioNTech et Moderna perdent une certaine efficacité contre le variant P.1, même si cela ne veut pas dire qu'ils ne fonctionneront pas du tout.

Elle a noté que ces résultats étaient basés sur des études de laboratoire.

Mais plus la prévalence des cas de variants est élevée, plus elle devient inquiétante.

«Quand nous commençons à voir cette hausse, et que nous regardons cette réduction potentielle simultanée de la protection vaccinale ... cela devient vraiment un scénario très inquiétant», a-t-elle déclaré. «Nous avons besoin de plus d'informations pour identifier exactement jusqu'à quel point l'efficacité du vaccin diminue dans la réalité, mais il semble fort probable qu'il y a une effectivement une diminution de l'efficacité.»