Prise de température des clients: une procédure claire évitera les dérapages

Les entreprises du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne lésinent pas quant à la mise en place de mesures visant à limiter la propagation de la COVID-19. Écrans de protection autour des caisses, limitation du nombre de clients et nettoyage des mains sont des mesures observées dans bon nombre de commerces. En plus de vérifier la température des employés, certains commerçants procèdent également à la lecture de celle des clients grâce à un thermomètre sans contact.

Apparemment surprenante, la vérification de la température chez les clients et les employés est une mesure qui risque de s’étendre au cours des prochaines semaines.

« Légalement, les commerçants peuvent opter pour cette mesure qui peut s’inscrire dans l’idée qu’ils ont l’obligation de protéger la santé, la sécurité et l’intégrité physique de leurs travailleurs », mentionne l’avocat associé chez SBL Avocats, Me Patrice Gobeil.

Comme il l’indique, l’opération faite avec un thermomètre sans contact n’est pas intrusive et ne porte pas atteinte à l’intégrité de la personne. « En faisant cela, je ne repars avec rien, sauf avec l’information de la température du corps d’une personne à un moment donné dans la journée. Il n’y a pas de prélèvement de cheveux, ni d’ADN, ni de prise de sang », explique-t-il.

Me Patrice Gobeil est d’avis que les commerçants qui optent pour la détection de la fièvre doivent clarifier leur intention. Comme il le souligne, la prise de la température et le résultat de cette lecture doivent avoir une utilité. Les commerçants doivent ainsi établir une procédure claire afin d’éviter tout dérapage.

Le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) rappelle que les règles sanitaires définies par la santé publique sont obligatoires, mais que la prise de température n’en fait pas partie. Le CQCD a d’ailleurs formulé une liste de recommandations afin d’aiguiller les détaillants à respecter tous les éléments.

Par ailleurs, certains chantiers de construction du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont également ajouté la prise de température à leurs mesures de prévention. Toutefois, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail n’est pas favorable à cette pratique.

« La prise de température n’est pas recommandée parce que le résultat n’est pas fiable, surtout pour des travailleurs qui réalisent leurs tâches à l’extérieur », lit-on dans le guide créé pour le milieu de la construction.

Mesure adoptée par le Groupe Coderr

C’est un nettoyage des mains ainsi qu’une lecture de la température corporelle sans contact qui attend les clients qui se présentent aux deux friperies du Groupe Coderr situées à Alma et depuis peu à Chicoutimi. La prise de la température est également étendue à l’ensemble des employés de l’organisation.

« C’est en lien avec la recommandation du Collectif des entreprises d’insertion du Québec. On veut protéger l’ensemble de nos employés, dont ceux qui proviennent du volet insertion », explique le directeur général adjoint du Groupe Coderr, Dave Gosselin.

Le superviseur des ressources humaines et du volet santé et sécurité du travail, Martin St-Gelais, ajoute qu’un effet rassurant s’est rapidement dégagé de cette mesure. « Ça nous a donné la confirmation de continuer autant avec les employés que les clients. On n’est pas la police des symptômes, on accepte environ 1,5 degré de plus. Mais on veut contrôler autant que possible l’entrée de personnes présentant des symptômes dans nos commerces », ajoute-t-il.

Jusqu’à présent, aucun client ne s’est présenté aux friperies Coderr avec des signes de fièvre. Si tel était le cas, M. St-Gelais explique que l’employé à l’accueil aviserait le client et l’inviterait poliment à faire demi-tour.

La lecture de la température des employés et des clients s’ajoute à plusieurs autres mesures, dont l’ajout de lavabos portatifs pour les clients, ce qui devrait se faire au courant des prochains jours.