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La Santé publique a ordonné la fermeture du Méga-Fitness Gym le 31 mars. Le Service de police de la Ville de Québec a dû se rendre sur place en milieu d’après-midi pour faire respecter l’ordonnance.
La Santé publique a ordonné la fermeture du Méga-Fitness Gym le 31 mars. Le Service de police de la Ville de Québec a dû se rendre sur place en milieu d’après-midi pour faire respecter l’ordonnance.

Près de 360 cas «primaires et secondaires» liés au Méga-Fitness Gym

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
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En plus des 193 cas liés directement au Méga-Fitness Gym, l’éclosion dans cet établissement aurait jusqu’à maintenant entraîné la contamination d’une trentaine de milieux de travail et généré pas moins de 164 autres cas «secondaires» de COVID-19, a appris Le Soleil.

«À l’heure actuelle, nous comptons 193 cas positifs (clients et travailleurs) liés directement à l’éclosion du MegaFitness Gym. Ce sont des cas dits “primaires”. Ces gens pourraient ensuite avoir contaminé un total de 29 autres milieux de travail de tous types (restos, épiceries, bureaux, magasins, construction, etc.), pour lesquels nous dénombrons pour l’instant un total de 164 autres cas positifs. Ces cas sont dits “secondaires”», détaille par courriel Mathieu Boivin, porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Il n’a pas été possible de savoir jusqu’à maintenant si des milieux scolaires ont également pu être touchés par cette éclosion majeure. À titre de comparaison, 72 personnes avaient été infectées lors de l’éclosion du bar Kirouac, qui avait aussi fait une vingtaine de cas secondaires. 

Selon la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale, «l’éclosion du Mega Fitness Gym, aussi significative soit-elle, n’explique toutefois pas à elle seule la flambée de cas sur notre territoire».

«Bien sûr, dans le contexte épidémiologique actuel, nous n’hésiterons pas à utiliser tous les moyens et leviers à notre disposition pour contrer toute menace à la santé et la sécurité de la population de la Capitale-Nationale. C’est ce que nous avons fait dans cet établissement», écrit Mathieu Boivin.

Le porte-parole du CIUSSS souligne toutefois que «nous sommes devant une situation où des dizaines d’éclosions de type communautaires, liées à un relâchement dans l’observance des consignes sanitaires, viennent chacune nourrir la croissance rapide des nouveaux cas positifs», d’où l’importance, dit-il, que «chacun reste chez soi autant que possible».

Jeudi soir, un message publié sur la page Facebook du propriétaire du Méga-Gym, Dan Marino, affirmait que celui-ci avait toujours, «comme citoyen et comme entrepreneur», respecté les mesures sanitaires.

Depuis le début de la pandémie, le Méga-Gym aurait fait des «efforts soutenus pour minimiser le risque» et instauré des mesures «au-delà des attentes», assurait-on dans cette publication qui a depuis disparu.

La déclaration a évidemment fait réagir, la Santé publique ayant dû s’y prendre à deux fois avant de réussir à faire fermer le gym, la semaine dernière. D’autant que Dan Marino est connu pour avoir déjà défié les autorités en ouvrant son commerce en juin malgré l’interdiction. Des clients ont également témoigné au Soleil de lacunes dans l’application des mesures sanitaires, notamment en ce qui a trait au port du masque.

Selon le CIUSSS de la Capitale-Nationale, la Santé publique a visité les lieux dans l’après-midi du samedi 27 mars et ordonné la fermeture du commerce pour 24h en vue d’une désinfection complète après que «de plus en plus de cas positifs reliés à cet endroit» eurent été constatés dans les heures précédentes.

«Les protocoles sanitaires et responsabilité envers la clientèle ont été clairement expliqués à l’exploitant, qui a assuré la Santé publique de son intention de les appliquer. La désinfection a été réalisée dimanche et la réouverture a été autorisée le lundi matin», nous a dit vendredi une autre porte-parole du CIUSSS, Mélanie Otis.

La Santé publique a effectué un suivi le lundi 29 mars «puisque des mesures spécifiques aux travailleurs devaient être soumises», a précisé Mme Otis. Dan Marino n’étant alors «pas disponible», une responsable de l’entreprise a assuré les représentants de la santé publique que «ce serait fait».

«Mardi [le 30 mars], nous avons eu des cas positifs supplémentaires qui se sont révélés et des informations d’enquêtes épidémiologiques et de partenaires civils voulant que les règles n’étaient toujours pas respectées à cet endroit. Une équipe de la Santé publique est retournée constater les faits mardi après-midi. Cette visite a permis de constater d’évidentes lacunes sanitaires : pas de contrôle de la présence de symptômes à l’arrivée de la clientèle et des travailleurs, clients qui s’entraînent à moins de deux mètres l’un de l’autre, protection individuelle inadéquate des travailleurs sur place», a décrit la porte-parole du CIUSSS.

La suite est connue, la Santé publique a ordonné la fermeture de l’établissement le 31 mars en la signifiant verbalement à l’exploitant, «qui a omis de procéder», écrit Mélanie Otis. Le Service de police de la Ville de Québec a dû se rendre sur place en milieu d’après-midi pour faire respecter l’ordonnance.

Selon le CIUSSS, «la Santé publique, en collaboration avec la CNESST, intervient régulièrement dans les milieux de travail afin de s'assurer que les mesures sanitaires sont respectées et fait des recommandations lorsque des écarts sont constatés». 

«La grande majorité des entreprises agissent de bonne foi et collaborent très bien avec les autorités de santé publique, appliquent les correctifs rapidement et les maintiennent dans le temps», souligne Mélanie Otis.

La porte-parole du CIUSSS ajoute que les interventions de la Santé publique sont réalisées «en fonction des risques à la santé» et qu'une «gradation des mesures est appliquée selon l'évolution de la situation».