Les enfants de 0 à 5 ans qui fréquentent les services de garde doivent désormais « respecter une période d’observation de 24 heures à la maison » lorsqu’ils commencent à moucher.
Les enfants de 0 à 5 ans qui fréquentent les services de garde doivent désormais « respecter une période d’observation de 24 heures à la maison » lorsqu’ils commencent à moucher.

Pour les enfants de 0 à 5 ans : 24 heures à la maison pour « le symptôme du nez qui coule »

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
La question suscite des débats dans les milieux de garde : un enfant dont le nez se met à couler peut-il aller à la garderie en cette période de pandémie? Depuis le 4 septembre, la direction de la Santé publique recommande pour les enfants de 0 à 5 ans « de respecter une période d’observation de 24 heures à la maison, et ce, par mesure de précaution ». Dans la région, les CPE ont déjà commencé à appliquer la consigne et à retourner à la maison les enfants qui viennent de commencer à moucher.

« La littérature scientifique nous indique clairement que le nez qui coule est un des premiers symptômes qui se manifeste chez les jeunes enfants qui développent la COVID-19. Ce symptôme est habituellement suivi par un ou plusieurs autres symptômes. Ainsi, l’outil d’autoévaluation en ligne précise une période de 24 heures d’observation de l’enfant qui présente le nez qui coule comme nouveau symptôme. Au-delà du 24 heures, un ou plusieurs symptômes doivent s’ajouter pour que l’enfant soit référé pour un dépistage. Si ce seul symptôme se maintient, l’enfant pourra réintégrer le service de garde », explique Robert Maranda, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

La consigne de la Santé publique est toutefois différente pour les enfants d’âge scolaire. « Le nez qui coule est un symptôme beaucoup plus fréquent chez les enfants âgés de 0 à 5 ans. Ainsi, chez les jeunes de 6 à 17 ans, les symptômes principaux qui, s’ils sont pris individuellement, nécessitent un dépistage sont : la fièvre, la perte du goût ou de l’odorat et la toux nouvelle ou aggravée », précise M. Maranda.

« Cette nouvelle directive fait suite à notre annonce du 27 août dernier concernant notre plan en cas de deuxième vague. L’intention derrière les mesures annoncées est de maintenir les services de garde éducatifs à l’enfance ouverts, même en cas d’une éventuelle deuxième vague. Les différents partenaires du milieu des services de garde ont également été consultés lors de son élaboration », mentionne Antoine de la Durantaye, attaché de presse du ministre de la Famille Mathieu Lacombe.

« Nous savons que certaines mesures peuvent causer des maux de tête aux familles, toutefois nous vivons présentement une situation exceptionnelle et notre but est d’éviter d’éventuelles éclosions. Et je dois dire que les mesures prises depuis le début de la pandémie fonctionnent, car moins de 130 cas ont été répertoriés dans l’ensemble de notre réseau depuis la mi-mars », soutient le représentant du ministre Lacombe.

Il s’agit d’une recommandation et non d’une obligation « parce que les situations peuvent être variables et nécessiter une réponse différenciée. Ainsi, si un enfant a habituellement le nez qui coule pour une condition médicale connue, par exemple des allergies, il n’a pas à être exclu du service de garde », soutient Robert Maranda, porte-parole du MSSS.

Des maux de tête, les parents ont d’ailleurs commencé à en avoir depuis l’arrivée du temps frais et de la saison des virus.

Josée (prénom fictif), qui préfère garder l’anonymat, s’est fait refuser l’accès à son CPE de Sherbrooke, mardi, parce que son bébé d’un an avait le nez qui coule depuis la veille. Une surprise qui lui a causé bien des maux de tête pour pouvoir aller travailler en milieu hospitalier. « Mon bébé n’a aucun autre symptôme. Avec mes trois enfants entre un an et six ans, je ne sais vraiment pas comment je vais pouvoir travailler cet hiver », s’inquiète-t-elle.

Même situation pour Andréanne, une maman de quatre jeunes enfants et elle-même éducatrice en CPE. Son plus jeune enfant, par ailleurs en pleine forme, a le nez qui coule depuis peu et son accès au CPE lui a été refusé jeudi. « Nous n’avons pas beaucoup de remplaçantes, alors comment on va faire pour me remplacer chaque fois que je devrai rester chez moi 24 heures avec un de mes enfants qui a le nez qui coule? » se demande-t-elle.

Pour de l’information

Les parents qui souhaitent une évaluation de leur situation peuvent en tout temps téléphoner à la ligne 1 877 644-4545 afin de valider s’il est nécessaire de se faire dépister ou de faire dépister leurs enfants.

L’outil d’autoévaluation des symptômes se trouve ici : https://covid19.quebec.ca/.

Si vous souhaitez passer un test de dépistage à Sherbrooke, des informations se trouvent ici.