Seule la rivière Restigouche sépare Pointe-à-la-Croix et Listuguj, en Gaspésie, de Campbellton, au Nouveau-Brunswick. Les deux communautés gaspésiennes dépendent en grande partie des magasins et des restaurants de Campbellton pour leurs besoins, notamment pour ce qui est considéré comme des services essentiels.
Seule la rivière Restigouche sépare Pointe-à-la-Croix et Listuguj, en Gaspésie, de Campbellton, au Nouveau-Brunswick. Les deux communautés gaspésiennes dépendent en grande partie des magasins et des restaurants de Campbellton pour leurs besoins, notamment pour ce qui est considéré comme des services essentiels.

Pointe-à-la-Croix veut de la cohérence au point de contrôle du Nouveau-Brunswick

POINTE-À-LA-CROIX – Le conseil municipal de Pointe-à-la-Croix a confié un mandat à la firme d’avocats Tremblay Bois Mignault Lemay afin de redresser une situation incohérente, de l’avis du maire Pascal Bujold, c’est-à-dire l’application élastique des règlements par les agents postés au point de contrôle de Campbellton, au Nouveau-Brunswick.

Seule la rivière Restigouche sépare Pointe-à-la-Croix et Listuguj, en Gaspésie, de la ville néo-brunswickoise. Les deux communautés gaspésiennes dépendent en grande partie des magasins et des restaurants de Campbellton pour leurs besoins, notamment pour ce qui est considéré comme des services essentiels, en dépit de la présence d’un supermarché à Pointe-à-la-Croix, et d’une pharmacie.

Dans un arrêté sur les mesures d’urgence adopté par le gouvernement du Nouveau-Brunswick, il est établi que les Québécois peuvent se rendre dans la province voisine pour recevoir des services essentiels. Toutefois, quand les Gaspésiens arrivent au point de contrôle de Campbellton, les décisions varient. Certains passent, d’autres pas, alors que les besoins sont similaires.

«Il y a beaucoup d’incohérence. Le premier ministre (Blaine Higgs) l’a dit, et l’arrêté le stipule; on peut y aller, mais ce qui se passe au point de contrôle va dans plusieurs directions. Nos citoyens sont affectés physiquement et mentalement. On le voit sur les médias sociaux», précise Pascal Bujold.

GRC et agents de la faune

Le point de contrôle de Campbellton est surtout géré par des policiers de la Gendarmerie royale du Canada, mais des agents de la faune y travaillent aussi. L’écart dans certaines décisions pourrait découler de cette situation.

Une citoyenne de Pointe-à-la-Croix a reçu une amende de 300 $ récemment, même si sa présence à Campbellton répondait aux critères de Blaine Higgs.

Pointe-à-la-Croix et Listuguj ne sont pas les seuls à dépendre en partie de des services de Campbellton; les gens vivant dans la portion ouest de la MRC d’Avignon, sept autres villages entre Escuminac et l’Ascension, vont y magasiner. L’hôpital désigné pour ce secteur est aussi situé à Campbellton.

«On a toujours prôné l’achat local, avec notre pharmacie et le supermarché Provigo. Nous sommes trop dépendants du Nouveau-Brunswick, mais c’est notre réalité. On verra après la crise si on peut augmenter notre degré d’autonomie, mais c’est notre histoire. Depuis le début de la crise, je tiens à souligner les efforts des deux propriétaires du supermarché et de la pharmacie de Pointe-à-la-Croix qui ont travaillé de façon exemplaire pour répondre aux besoins avec la superficie qu’ils ont. Nous n’avons pas de magasins de vêtements, pas de quincaillerie », dit le maire.

Les Mi’gmaqs de Listuguj ont un accès moins restreint aux commerces du Nouveau-Brunswick, bien que la situation s’y soit corsée aussi il y a une semaine.

Pascal Bujold ne dévoile pas la nature du mandat accordé à Tremblay Bois Mignault et Lemay afin qu’il intercède auprès du gouvernement néo-brunswickois. Est-ce une mise en demeure, ou une action en justice comme une requête en injonction? «Vous le saurez demain (mercredi)», répond-il.

La quarantaine du Sobeys de Paspébiac

Par ailleurs, Anne-Hélène Lavoie, porte-parole de la firme Sobeys, précise que le géant en alimentation maintient sa décision d’allonger de 14 jours supplémentaires sans solde la quarantaine de huit employés du supermarché IGA de Paspébiac, infectés par la COVID-19 lors de l’éclosion déclarée le 17 avril par les propriétaires de l’établissement.

«Nous avons un protocole très rigoureux. Le but est d’offrir un environnement sécuritaire pour nos employés et nos clients. Nous demandons que la quarantaine soit prolongée de 14 jours après la dernière journée de symptômes», note Mme Lavoie.

La CSN, qui représente les huit employés, déplore que Sobeys n’ait pas choisi de les payer pendant cette quarantaine supplémentaire, notamment parce qu’elle les pénalise de 1000 $ sur une base mensuelle, comparativement à ce qu’ils peuvent obtenir comme prestation canadienne d’urgence (PCU).

Quand Le Soleil a demandé à Mme Lavoie si Sobeys ne pourrait pas plutôt payer le salaire de ses huit employés, elle a répondu : «on demande à nos employés de demander la PCU».

La Direction de la santé publique de la Gaspésie et des Îles ne recommande qu’une quarantaine totale de 14 jours dans le cas des employés d’IGA à Paspébiac. Cette période est écoulée.

Bilan

Par ailleurs, cette même Direction de la santé publique ne rapporte qu’un nouveau cas d’infection mardi, une personne des Îles-de-la-Madeleine qui ne se trouve pas dans l’archipel. Ce cas porte le total régional à 170. On ne signale aucun décès en Gaspésie et aux Îles mardi.