Dans les locaux, huit à neuf apprentis travaillent sur les plateaux de travail du magasin de vélos, de réparation de vélos, de construction de nichoirs, d’horticulture jusqu’à récemment, et maintenant de fabrication de masques.
Dans les locaux, huit à neuf apprentis travaillent sur les plateaux de travail du magasin de vélos, de réparation de vélos, de construction de nichoirs, d’horticulture jusqu’à récemment, et maintenant de fabrication de masques.

Pleins Rayons se réinvente pour faire fi de la crise

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
La créativité est une des nombreuses qualités qui qualifient l’organisme d’inclusion sociale Pleins Rayons. Contraint d’arrêter les activités au début de la pandémie de COVID-19, le directeur Stephan Marcoux s’est retroussé les manches pour trouver des solutions afin que ses apprentis, des jeunes adultes souffrant d’un trouble du spectre de l’autisme ou de déficience intellectuelle, puissent continuer de travailler et d’apprendre.

C’est ainsi que, en plus de retourner travailler au vignoble de l’Orpailleur, des apprentis travaillent au vignoble Girouard à Sutton et un autre groupe fait partie de la toute nouvelle Brigade aidante.

L’organisme a reçu une subvention de 50 000 $ du Secrétariat à la jeunesse du Québec — la seule que l’organisme a obtenue de la part du gouvernement depuis son ouverture — pour créer cette brigade qui viendra en aide aux retraités de 65 ans et plus à leur domicile, dès le 1er juin. Quatre apprentis et un éducateur de Pleins Rayons proposeront d’accomplir des tâches d’entretien extérieur au domicile de leurs clients à la retraite. Tonte de gazon, désherbage, raclage, élagages au sécateur, ramassage de branches, jardinage, petits travaux de peinture ne sont que quelques exemples de ce que peut réaliser la brigade en échange d’une contribution volontaire. Les retraités peuvent communiquer avec l’organisme pour réserver leurs services.

« Avant la COVID-19, j’avais 40 apprentis par jour dans notre local. On a beau avoir 7500 pieds carrés, je ne peux plus avoir 40 personnes dans la place, confie M. Marcoux en entrevue. Il faut que je sois créatif. J’avais 14 projets d’économie sociale, dont plusieurs sont des services essentiels. Ça me permet d’avoir du travail pour la moitié de mes apprentis. Six sont au Vignoble Girouard, le 1er juin je vais en avoir quatre à l’Orpailleur et avec la Brigade aidante, je vais en avoir quatre qui vont se promener, avec leurs masques, précise-t-il. Il n’y a pas mieux pour sensibiliser les gens à la différence qu’avec des projets comme ceux-là. »

Dans les locaux, huit à neuf apprentis travaillent sur les plateaux de travail du magasin de vélos, de réparation de vélos, de construction de nichoirs, d’horticulture jusqu’à récemment, et maintenant de fabrication de masques. « On fait de la couture, alors on se lance dans la fabrication de masques ! On a plein de beaux modèles », commente M. Marcoux.

La Brigade aidante de Pleins Rayons donnera un coup de main aux retraités de 65 ans et plus vivant toujours à leur domicile pour effectuer des tâches sur leur terrain.

À travers les apprentissages liés au travail, les éducateurs spécialisés tentent d’intégrer le concept de distanciation physique et de lavage exhaustif de mains chez ces jeunes adultes.

Plaidoyer aux employeurs

« Juste avant la crise, on avait le vent dans les voiles dans notre projet d’embauche inclusive. Mais là, le langage a totalement changé. Les gens n’ont plus de travail, alors ça va être dur d’avoir un langage où on promeut l’embauche inclusive. Alors je dois me remonter les manches et trouver d’autres façons de faire. Je travaille sur un programme d’intégration socioprofessionnelle en horticulture. »

Ce programme permettrait à des adultes DI et TSA de travailler chez les différents producteurs agricoles. Par exemple, ils pourraient aider à diminuer les besoins en main-d’œuvre dans ce secteur, résolu depuis longtemps par l’aide de travailleurs étrangers.

Avec le modèle des CHSLD qui démontre de grandes failles depuis le début de la pandémie, il y voit une opportunité de former ses apprentis pour faire de l’aide à domicile en donnant un coup de main pour des tâches extérieures, comme ce que fera la Brigade aidante, ce qui permettrait aux aînés de rester chez eux plus longtemps.

« Ils sont capables, il faut juste s’adapter en conséquence. Ils veulent faire partie de la grosse roue qui tourne, plaide-t-il. Quand tu leur demandes ce qu’ils veulent, ils te répondent : “je veux un travail”. C’est le travail qui nous définit tous. Et ils veulent donner à la communauté. Je pense qu’on doit faire un effort dans notre société et les inclure. »

Pleins Rayons espère par ailleurs exporter son modèle ailleurs, comme à l’école À pas de géant, qui accueille des jeunes TSA de 4 à 21 ans, et à Magog. Pour ce faire, l’organisme a fait une demande de subvention au gouvernement du Québec. La pandémie est cependant venue mettre un frein aux démarches.