Jean-Philippe Maurice, copropriétaire de La Rumeur affamée, à Sutton, ne craint pas la réouverture éventuelle de la frontière si elle est faite dans le respect des directives sociosanitaires.
Jean-Philippe Maurice, copropriétaire de La Rumeur affamée, à Sutton, ne craint pas la réouverture éventuelle de la frontière si elle est faite dans le respect des directives sociosanitaires.

Plaidoyer pour la réouverture de la frontière

Pour l’instant, la pandémie ne fait pas trop de mal aux entreprises vivant du tourisme. Pendant les premiers mois de la crise, plusieurs vivaient déjà cette période creuse d’après les Fêtes où les Américains, comme les touristes d’ailleurs, se font normalement moins nombreux.

À Sutton, par exemple, mars et avril sont deux mois où la saison de ski s’arrête et où les sentiers de vélo et de randonnées sont fermés pour la période de dégel. La circulation au village diminue considérablement. 

« En avril, de 10 à 15 % de la clientèle est américaine et ontarienne, alors qu’en automne, c’est peut-être 40 %, remarque Jean-Philippe Maurice, copropriétaire depuis deux ans de l’épicerie spécialisée La Rumeur affamée. L’impact est moins grand pour l’instant, mais si ça se prolonge tout l’été, voire à l’automne, ça va être catastrophique. »

En 2019, 74 visiteurs américains se sont arrêtés au bureau d’accueil touristique de Sutton durant les mois de mars, avril et mai, alors qu’entre juin et octobre, ce chiffre a grimpé à 581. 

« Ce n’est pas tout le monde qui passe au bureau, donc les chiffres (réels) sont plus élevés, souligne Heidi Vanha, coordonnatrice générale de Tourisme Sutton et de la Corporation de développement économique de Sutton (CDES). Certains commerçants vont bien et certains ont plus de difficultés. La CDES les supporte du mieux qu’elle le peut en les dirigeant vers des personnes-ressources pour les aider durant cette crise. »

Depuis le début des mesures d’urgence, La Rumeur affamée est restée ouverte, mais elle a réduit ses heures d’ouverture. Certaines directives ont été données aux clients pour éviter les risques de propagation du coronavirus. L’épicerie fine située rue Principale depuis une vingtaine d’années a aussi composé avec une diminution de son personnel. 

Respecter les règles

Comme le Vermont compte beaucoup moins de cas de COVID-19 que le Québec, M. Maurice ne craint pas la réouverture de la frontière canado-américaine. Si leur retour à Sutton se fait dans le respect des consignes sanitaires, il accueillera les touristes américains avec grand plaisir.

M. Maurice compte aussi sur le déconfinement progressif, qui permettra éventuellement aux Québécois de voyager à travers la province. Cela permettra la relance de l’industrie touristique. 

L’épicier observe que les Québécois sont conscientisés plus que jamais à l’importance de consommer localement. Il souhaite que le message se répercute dans le choix des destinations de vacances. 

« On ne pense pas avoir les mêmes résultats que normalement, mais ça permettrait de maintenir l’entreprise à flot. »

Le comité formé par la Ville de Sutton devait d’ailleurs présenter un plan de relance aux membres du conseil municipal jeudi soir.