Nouvelle position de la santé publique sur le port du masque en communauté

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
Les autorités de santé publique du Québec diffuseront plus tard cette semaine une «nouvelle position» sur le port du masque en communauté, a annoncé lundi le Dr Horacio Arruda, qui a tenu à préciser n’avoir «jamais été contre les masques».

«Je veux juste que les gens sachent ce que ça apporte le masque, pourquoi c’est utilisé et comment c’est utilisé. Les équipes [de la santé publique] sont en train actuellement de regarder ça. Il y a une littérature qui commence à démontrer que, peut-être, le port du masque pourrait être un élément contributif à une diminution des épidémies. Mais il faut le faire adéquatement», a déclaré le directeur national de santé publique lors du point de presse quotidien du gouvernement Legault. 

Le DArruda a souligné qu’il y avait «toutes sortes de gens qui disent qu’on peut prendre un t-shirt, et vous savez, un t-shirt, ça peut être très mince, et en termes de protection, ce n’est pas très élevé». 

«Mais on est en train de regarder ça. Au cours de la semaine, on va avoir une position nouvelle par rapport à ça, pour que les gens puissent se fabriquer des masques avec certaines conditions», a promis le directeur national de santé publique, tout en rappelant la nécessité de respecter les mesures de distanciation sociale et d’hygiène des mains.

Le DHoracio Arruda ne voudrait surtout pas que les gens, parce qu’ils portent un masque, se mettent à se rapprocher les uns des autres «parce qu’ils se sentent protégés». L’efficacité du masque n’est pas garantie, et elle peut même être nuisible, a insisté le DArruda.  

«Mais si les gens, pour protéger les autres, pour éviter de contaminer les autres parce qu’ils sont asymptomatiques, portent le masque et respectent les autres consignes, ça va être adéquat. On va même probablement faire des vidéos pour expliquer aux gens comment le mettre et comment l’enlever. Parce que même en milieu de soins, les gens peuvent se tromper», a dit le Dr Arruda.  

Si les autorités de santé publique n’ont pas fait avant la promotion du port du masque, c’est que «premièrement, on n’en a pas pour tout le monde [des masques médicaux], et on va les garder pour ceux qui en ont véritablement besoin», a expliqué le Dr Arruda. 

«Mais, par contre, des masques, on va pouvoir en faire, et on va vous donner les meilleurs tissus pour que vous puissiez en fabriquer vous-mêmes», a promis le directeur national de la santé publique. 

Le Dr Horacio Arruda s’était toujours montré frileux jusqu’ici à recommander le port du masque artisanal en communauté. Sa position sur les masques médicaux, elle, a cependant toujours été claire: comme il en manque cruellement dans le réseau de la santé et des services sociaux, ces masques doivent être réservés aux patients et au membres du personnel. 

Au cours des dernières semaines, le Canada et d’autres pays, dont les États-Unis, ont recommandé à leurs citoyens le port du masque non médical lors de leurs déplacements à l’épicerie ou dans les transports en commun, estimant que les masques, même artisanaux, pouvaient contribuer à limiter la propagation du coronavirus. 

Dans un avis scientifique publié en 2007, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) recommandait que le port du masque en communauté soit considéré comme une mesure de protection volontaire «à promouvoir dès le début d’une pandémie». 

Dans ce document, l’INSPQ mettait également en garde les autorités contre le risque de pénurie de masques médicaux en cas de pandémie et enjoignait celles-ci à «étudier les modalités permettant de s’assurer que la population aura accès à des masques en vente libre pendant la pandémie».

En cas d’accessibilité insuffisante ou compromise aux masques médicaux en période de pandémie, l’Institut recommandait en 2007 d’envisager l’utilisation de masques artisanaux et d’«informer la population sur les moyens de fabriquer des masques en tissu».