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Le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé Christian Dubé en conférence de presse à Québec, mardi
Le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé Christian Dubé en conférence de presse à Québec, mardi

Nouveau durcissement des mesures en vue pour la relâche scolaire [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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Au deuxième jour du «petit déconfinement» au Québec, le premier ministre parle déjà de resserrer de nouveau les mesures en vue de la semaine de relâche. Barrages routiers entre les régions et durcissement du couvre-feu font partie des outils considérés.

«Il y a une espèce de grosse soupe, un gros brassage de population durant la semaine de relâche, même si les gens restent au Québec. [...] On n’exclut pas, à ce moment-ci, pour cette semaine-là du 1er mars, d’ajouter des mesures additionnelles pour éviter qu’il se passe ce qu’on a vu un peu dans le temps des Fêtes», a expliqué François Legault, lors de son point de presse de mardi sur la situation liée à la COVID-19.

Il apportera des précisions la semaine prochaine. Cette nouvelle fermeture du robinet ne serait valide que pour cette période s’étalant du 28 février au 6 mars ou encore du 27 au 7, promet-il.

Ce qui n’empêcherait pas d’ici là certaines régions de passer à leur tour de l’alerte maximale à modérée, de zone rouge à orange, comme six premières régions l’ont fait lundi. Ce possible changement serait effectif le 22 février, dans deux semaines, là où les indicateurs continueront d’être à la baisse. Ici encore, on en saura davantage la semaine prochaine.

«On n’a pas d’inquiétude pour les déplacements entre les régions en ce moment, indique M. Legault. Mais ce sera peut-être nécessaire durant la semaine du 1er mars. On va aussi examiner comment on peut utiliser le couvre-feu pour éviter qu’il y ait trop de contacts durant la semaine de relâche.»

Variant sud-africain en Abitibi

La situation s’améliore partout, mais il faut rester très prudent, insiste le premier ministre. Et patient. Même s’«il y en a qui ont très hâte de revoir leurs amis puis faire des soupers entre amis», reconnaît-il.

Parce que l’ombre des variants plane. Les nouvelles souches mutantes du virus peuvent s’avérer plus contagieuses et plus agressives, mais pas toutes.

Mardi, la Santé publique a annoncé avoir détecté deux cas du variant sud-africain en Abitibi, une première au Québec. En plus, ces deux cas ne sont pas liés à des voyageurs. 

«On a identifié effectivement une souche d’Afrique du Sud, apparue dans un contexte de deux éclosions, qui ont été bien contrôlées, parce qu’ils avaient eu une plus grande transmission dans une éclosion associée à un restaurant rapide, et une autre éclosion suite à un party», a révélé le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda, qui accompagnait comme toujours le premier ministre dans son point de presse, tout comme le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Le Québec a donc dépisté 11 cas de variants sur son territoire jusqu’ici. Des huit cas du variant britannique, sept sont à Montréal et l’autre en Estrie. Un cas du variant californien a aussi été trouvé dans la région métropolitaine.

Le DArruda répète que la santé publique québécoise traque les variants depuis avril et que la capacité de détection va en augmentant. On échantillonne présentement 8 % des cas positifs pour trouver la présence de variants. Elle était à 3 % il n’y a pas longtemps. L’objectif est de bientôt atteindre 10 % et même 15 %, «plus tard».

Vaccinés d’ici septembre?

Alors que le premier ministre canadien, Justin Trudeau, garantit que tous les Canadiens qui le souhaitent pourront être vaccinés d’ici septembre, les autorités québécoises ne se montrent pas aussi affirmatives. Les retards de livraison au cours des dernières semaines les ont sans doute échaudées.

«Sous réserve qu’on ait les vaccins», a répondu un ministre de la Santé prudent. «On est positifs, parce que je pense qu’on a mis assez de pression sur le fédéral. Mais j’ai senti cette semaine qu’il y avait un niveau de confiance, là, de la part du major [Dany] Fortin [patron de la vaccination pour le fédéral], qu’il était capable de livrer les engagements. Mais jusqu’à maintenant, on a eu tellement de surprises que je veux rester très, très, très prudent.»

Le premier ministre a cru bon ajouter : «J’ai parlé avec Justin Trudeau jeudi soir dernier et il m’a assuré qu’on aurait les doses promises pour le 31 mars et que, tout le monde qui veut être vacciné, on aurait les doses pour le mois de septembre», a dit M. Legault.

«Toute une catastrophe»

Le plateau des 10 000 Québécois morts de la COVID-19 a été surpassé en fin de semaine.

Ce que le premier ministre Legault a qualifié de «toute une catastrophe», rappelant qu’une commémoration se tiendra le 11 mars.

Mais il reste fermé à la demande des partis d’opposition de tenir une enquête publique indépendante sur la gestion de la pandémie au Québec. M. Legault estime que le mandat d’enquête déjà décerné à la commissaire à la santé et au bien-être, Joanne Castonguay, permettra un travail plus efficace et plus rapide. Mme Castonguay limite son examen aux CHSLD et doit rendre son rapport en septembre.

«Quand on compare les résultats hospitalisations, décès, si on exclut les CHSLD, est-ce qu’il y a une situation qui mérite une enquête en dehors des CHSLD? Je ne suis pas certain de ça», soulève M. Legault.

Un peu plus de la moitié des Québécois emportés par la COVID-19 résidaient dans un centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), soit 5251 sur 10 046 en date de lundi.

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, déplore que la commissaire Castonguay ne dispose pas des outils nécessaires pour pousser son enquête plus loin.

«Je ne pense pas qu’on veut s’embarquer dans quelque chose qui va durer des années, parce qu’on veut changer ce qui est à changer le plus vite possible. Je pense déjà qu’on a fait beaucoup de changements cet été. D’ailleurs, je pense que, quand on se compare sur la deuxième vague, on voit qu’on s’en sort mieux que les autres pays du G7. Donc, je pense que tout est en œuvre pour aller au fond des choses», tranche M. Legault.