Le message «Plus de 500 000 vies dans le monde» est projeté sur la statue du Christ Rédempteur, qui domine la ville de Rio de Janeiro au Brésil, du haut du mont du Corcovado.  
Le message «Plus de 500 000 vies dans le monde» est projeté sur la statue du Christ Rédempteur, qui domine la ville de Rio de Janeiro au Brésil, du haut du mont du Corcovado.  

Niveaux records de COVID-19 dans le monde, surtout sur le continent américain

LOS ANGELES — La contagion du nouveau coronavirus atteint des niveaux records dans le monde, particulièrement sur le continent américain, où le nombre des cas et celui des décès continuent d’exploser, États-Unis et Brésil en tête.

Les sept jours écoulés ont été la pire semaine en termes d’infections depuis que la pandémie de COVID-19 est partie de Chine fin 2019, selon le bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

«Depuis une semaine, le nombre de nouveaux cas dépasse les 160 000 par jour», a déclaré mercredi le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Les sept jours précédents, plus de 150.000 contaminations quotidiennes avaient été dénombrées, selon un bilan établi par l’AFP.

Et «60% de tous les cas de COVID-19 recensés jusqu’à présent ont été signalés au cours du mois dernier», a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Épicentre actuel de l’épidémie, le continent américain recense environ 2,7 millions de personnes infectées sur environ 10,7 millions dans le monde.

Première puissance mondiale et pays le plus endeuillé de la planète, les États-Unis ont atteint mercredi un niveau record avec au moins 53 069 nouvelles infections au coronavirus qui ont été recensées aux États-Unis en 24 heures, selon le comptage jeudi à 20h30, heure avancée de l'Est, de l'Université Johns Hopkins. Un niveau record depuis le début de la pandémie, à la veille de la longue fin de semaine de la fête nationale américaine. Cela porte à plus de 2,7 millions le nombre total de cas détectés dans le pays.

Dans les dernières 24 heures, 649 personnes sont décédées de la COVID-19 sur le sol américain, 128 677 depuis le début de la crise sanitaire mondiale.

Au Texas, près de 8000 nouveaux cas ont été recensés depuis mercredi, forçant le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott, un allié du président Donald Trump, à rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics de son grand État du Sud américain, à la veille des festivités du 4 juillet.

Ce retour aux restrictions intervient alors que l’économie américaine a créé 4,8 millions d’emplois en juin — record sur un mois — grâce à la réouverture des commerces, bars et restaurants, permettant une baisse du chômage plus importante que prévu, a annoncé jeudi le département du Travail.

Le taux de chômage aux États-Unis s’établit à 11,1 %, meilleur qu’en mai (13,3 %) mais loin de son plancher historique pré-pandémie (+3,5 % en février).

«Approche globale»

En Amérique latine et aux Caraïbes, la situation reste également inquiétante, notamment au Brésil, où plus de 1000 morts ont à nouveau été enregistrés en 24 heures, faisant passer le bilan au-dessus des 60 000 décès, selon le ministère de la Santé.

Malgré cela, les restaurants, cafés et bars de Rio de Janeiro ont rouvert jeudi après trois mois d’inactivité, «un retour à la normale» graduel jugé prématuré par les experts.

Au Pérou, un dirigeant indigène, Santiago Manuin, qui défendait les droits fonciers des communautés amazoniennes, est mort mercredi de la COVID-19, selon sa famille.

Les peuples autochtones en Amérique latine sont particulièrement vulnérables, en raison de la faiblesse de leurs systèmes immunitaires et de siècles de négligence de l’État.

L’Amérique latine pourrait enregistrer plus de 400 000 morts dans les trois mois faute de mesures sanitaires plus strictes, selon l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS).

La COVID-19 a d’ores et déjà tué au moins 516 300 personnes sur la planète, selon un comptage jeudi de l’AFP.

Alors que démarre la saison estivale, de nombreux pays essaient de limiter un manque à gagner déjà considérable pour le tourisme et les secteurs qui en dépendent, déjà estimé à potentiellement entre 1200 à 3300 milliards $US, par l’ONU.

L’UE, où l’épidémie marque le pas malgré la subsistance de foyers de contamination a ainsi rouvert mercredi de façon ciblée ses frontières. Elle a autorisé les vols en provenance de 14 pays de tous les continents, ainsi que de Chine sous réserve de réciprocité, ce qui n’est actuellement pas le cas.

Mais la Hongrie, pays membre, fait savoir jeudi qu’elle ne compte pas, pour des raisons sanitaires, rouvrir pour le moment ses frontières aux pays extérieurs à l’UE.

PME en danger

Hors UE, les autorités serbes ont durci jeudi les mesures de restriction, face à un regain de cas de COVID-19, et rouvert à Belgrade des hôpitaux entièrement dédiés aux malades.

Dans le reste du monde, d’autres pays fortement dépendants du tourisme, tentent aussi de sauver la saison. Malgré plus de 1000 infections quotidiennes depuis fin mai, l’Égypte a rouvert mercredi les célèbres pyramides du plateau de Guizeh.

Et Cuba a rouvert mercredi aux touristes étrangers les îles paradisiaques des Cayos même si aucun vol touristique n’y a encore atterri.

De très nombreux autres secteurs économiques ont été affectés. Le FMI prévoit une reprise plus lente qu’espérée et une récession mondiale de 4,9 % en 2020.

Colonne vertébrale des économies, petites et moyennes entreprises sont parmi les plus touchées et, malgré les milliards de dollars débloqués par les gouvernements pour les aider à tenir, se battent pour survivre.

En Afrique, au Tchad notamment, commerçants, employés, mais aussi les plus démunis plongés dans le dénuement, ne peuvent compter sur aucun système de solidarité nationale.

Bien que moins draconiennes qu’ailleurs, les restrictions ont suffi à déstabiliser l’économie de ce pays parmi les plus pauvres de la région, pourtant producteur de pétrole depuis les années 2000.

Le secteur culturel est également menacé. Des Rolling Stones à Eric Clapton en passant par Paul McCartney, Depeche Mode ou Iron Maiden, 1500 artistes ou personnalités du monde de la musique britannique ont appelé jeudi le gouvernement à sauver urgemment l’industrie des concerts, privée de public.

Dans les enceintes sportives, le retour du public ne va pas sans accroc: la finale de la Coupe du Danemark a été interrompue près d’un quart d’heure mercredi soir, des supporters refusant de respecter les règles de distanciation imposées dans le stade.

Le point sur la pandémie dans le monde 

La pandémie a fait au moins 517 416 morts dans le monde, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles jeudi à 15h, heure avancée de l'Est.

Les États-Unis en totalisaient alors 128 421. Suivent le Brésil (60 632 morts), le Royaume-Uni (43 906), l’Italie (34 818) et la France (29 875).

Près de 10 770 000 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 196 pays et territoires.

Si l’on rapporte le nombre des morts à la population du pays, les plus touchés par la pandémie sont par ordre décroissant la Belgique avec 842 morts pour un million d’habitants, le Royaume-Uni (647), l’Espagne (607), l’Italie (575), la Suède (532), la France (457), les États-Unis (387) et le Brésil (285). L’Allemagne vient par exemple loin derrière (107).