Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, ne pouvait confirmer jeudi combien de semaines de service  la Ville peut garantir en tenant compte du personnel et des sites actuellement disponibles.
Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, ne pouvait confirmer jeudi combien de semaines de service  la Ville peut garantir en tenant compte du personnel et des sites actuellement disponibles.

Moins de jeunes profiteront des camps de jour à Québec et Lévis

Au moment où la santé publique autorise l’ouverture des camps de jour dès le 22 juin, 40% de l’offre de service est toujours compromis à Lévis. Et la situation s’annonce tout aussi difficile à Québec qui ne pourra vraisemblablement accueillir le même nombre d’enfants qu’à l’habitude.

Gilles Lehouillier ne pouvait confirmer jeudi, tout juste avant l’annonce gouvernementale, combien de semaines de service la Ville peut garantir en tenant compte du personnel et des sites actuellement disponibles. «La situation peut évoluer selon le scénario choisi. Nous allons revenir plus tard avec des chiffres», a-t-il confié.

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L’an passé, Lévis avait offert l’équivalent de 9270 semaines de camps. Quelque 2300 jeunes y étaient inscrits (un enfant est inscrit pour plusieurs semaines). À titre comparatif, les inscriptions pour l’été 2020 totalisent 7650 semaines. De ce nombre, 3250 semaines sont toujours «en attente» tandis que 4400 autres sont garantis. Mais en attente de quoi?

Les Villes étaient jusqu’à jeudi en attente du feu vert du gouvernement Legault à la suite de la parution d’un guide de relance rédigé par l’Association des camps du Québec.

Le guide recommande un animateur pour quatre enfants de 3 à 4 ans, un pour cinq âgés de 5 à 6 ans, et un pour sept enfants de 7 à 8 ans. Pour les jeunes de 9 à 17, le ratio passe à un animateur pour 10. Le ratio est habituellement d’un pour huit pour les 5 à 6 ans et d’un pour 15 pour les 12 à 17 ans. Tous devront suivre une formation obligatoire sur les mesures entourant la COVID-19.

À cela, il faut ajouter les mesures d’hygiène liées à la COVID comme le lavage des mains et la désinfection du matériel. Sans compter que les animateurs devront être imaginatifs pour préparer des jeux qui respectent la règle de distanciation sociale.

Toutes ses règles compliquent la tenue des camps. Il faudra davantage de personnel et de sites. Le PM l’a mentionné, jeudi. «Il y a un gros défi de recrutement de moniteurs et de monitrices» a-t-il lancé lors d’un point de presse. 

En début de semaine, le maire de Québec, Régis Labeaume, a déjà confirmé qu’il sera impossible d’offrir un camp de jour aux 17 000 enfants inscrits. «Il y a des limites à ce qu’on peut faire. On va manquer de place», avait-il déclaré après avoir pris connaissance des directives.

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100% DU PERSONNEL POUR 30% DE LA CLIENTÈLE

Les administrateurs de camp de jour devront déployer énormément de ressources pour satisfaire les exigences de la santé publique. Les Loisirs Saint-Sacrement estiment devoir embaucher le même nombre de moniteurs que l’an passé pour desservir seulement 30% de sa clientèle habituelle.

Les Loisirs Saint-Sacrement ont annoncé mercredi qu’ils annulaient les camps pour les 3 à 4 ans, les camps Ado base 13 à 15 ans et les camps spécialisés.

«On a 60 programmes de camps spécialisés. On les a analysés un à un. Rapidement, on a réalisé qu’on ne pouvait tenir ces camps», se désole Samuel Matte-Thibault, directeur général de l’organisme. 

Le défi est maintenant de transférer ceux qui le désirent dans le Programme Vacances-Été de la Ville de Québec (PVE). «Ce sont environ 800 familles pour lesquels on voudrait trouver une place. De ce nombre, on pense qu’environ 10% refuseront», estime-t-il.

S’il y a encore de la place dans le PVE, c’est qu’il y a beaucoup moins d’inscriptions que l’an passé à cause de la COVID. «En date du 16 mars, j’avais 4000 inscriptions, souligne le directeur, rappelant qu’une inscription correspond à une semaine de camp et non un enfant. Depuis le 16 mars, j’en ai seulement 500 qui s’ajoutent pour un total de 4500. L’an passé, à pareille date, il y en avait 8000», explique-t-il. 

Autre exemple, les camps d’anglais offerts par l’organisme sur la rive sud ne pourront accueillir que l’équivalent de 600 semaines de camps plutôt que les 1500 semaines habituelles.


« Nous n’avons pas le choix parce qu’il me faut le même nombre de moniteurs pour moins d’enfants par groupe pour respecter le ratio. J’ai donc besoin de 100% de mon personnel pour 30% de ma clientèle. C’est là qui est le casse-tête. »
Samuel Matte-Thibault, directeur général des Loisirs Saint-Sacrement

Malgré tout, M. Matte-Thibault demeure confiant. Il se dit surtout emballé par la réponse des jeunes qui pourrait tout aussi bien demeurer à la maison sans travailler, en profitant du Programme d’urgence du Canada pour les étudiants de 1250$ par mois. 

«J’ai 78 moniteurs embauchés sur la centaine nécessaire. Ils répondent présents. Ils sont tannés d’être en isolement et de ne pas aller à l’école. On parle souvent des jeunes négativement. J’ai le sentiment que les jeunes veulent s’impliquer», s’encourage-t-il.

Les Loisirs Saint-Sacrement sont réputés pour la qualité de leurs camps. Et le dg promet que la COVID ne viendra pas ternir la réputation de l’organisme. «

On a réévalué la capacité des plateaux d’accueil pour respecter la distanciation. On a fixé un maximum d’inscription et on devrait être capable de répondre aux attentes. Il ne faut pas que ça soit juste un service de garde.

Ce n’est pas vrai que je vais offrir un service pour que les enfants se tiennent juste à deux mètres de distance. Il va y avoir une véritable programmation avec des activités structurées», conclut-il.