La commission scolaire du Val-des-Cerfs a en stock suffisamment de couvre-visages réutilisables pour ses quelque 1800 enseignants, mais un seul par personne.
La commission scolaire du Val-des-Cerfs a en stock suffisamment de couvre-visages réutilisables pour ses quelque 1800 enseignants, mais un seul par personne.

Masques: les profs saluent la volte-face de Québec

Bien que toutes leurs inquiétudes ne soient pas effacées, les enseignants se réjouissent que le ministère de l’Éducation ait confirmé, lundi, que des masques leur seront fournis.

«C’est dommage que ce soit arrivé à minuit moins une, mais bon, l’important c’est qu’on va l’avoir», indique la présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY), en Montérégie, Sophie Veilleux.

«C’est une bonne décision, dit-elle. On a beau dire que ce n’est pas une mesure de sécurité absolue, quand des gens retournent au travail, on est comme tout le monde, personne n’a envie de tester s’ils vont être malades s’ils attrapent la COVID-19.»

«Je ne pense pas qu’on peut nous blâmer de vouloir se sentir en sécurité dans notre milieu de travail. C’est la base.»

Le SEHY dit avoir eu la confirmation, mardi, que la commission scolaire du Val-des-Cerfs a en stock suffisamment de couvre-visages jetables pour ses quelque 1800 enseignants et membres du personnel à raison de deux par jour par employé.

Visières, blouses et gants seront également disponibles pour les enseignants du préscolaire et ceux qui doivent faire des interventions de proximité avec les élèves.

Empêcher le personnel d’approcher les tout-petits aurait de toute façon été «inhumain», dit Mme Veilleux.

«Il ne faut pas que les élèves sortent de l’école traumatisés! Et c’est difficile de penser que le prof pourra respecter une distance de deux mètres toute la journée.»

Distance

La question de la distanciation reste en effet épineuse pour tous les enseignants qui accueilleront à nouveau des élèves, lundi prochain. Tous ceux joints par La Voix de l’Est soutiennent qu’il leur sera impossible de respecter le deux mètres en tout temps, et ce, pour tous les cycles du primaire.

«On ne peut pas respecter le deux mètres pur et dur, c’est clair», dit Sophie Veilleux, qui rappelle que des enfants pourraient être infectés et asymptomatiques.

Les enseignants se demandent aussi quel type d’enseignement ils pourront faire, coincés entre les arrivées et sorties successives à cause des limitations du transport scolaire, les consignes d’hygiène à répéter et les horaires établis pour le lavage de main, les toilettes et les récréations.

«Est-ce qu’ils vont avoir le temps d’enseigner dans tout ça? On ne sait pas», dit la présidente du SEHY.

«On va occuper les enfants, c’est tout, pas consolider les apprentissages, ou sinon très peu», dit Chantal Beauchemin, une enseignante de première année du primaire à Granby.

«Je ne peux pas approcher mes élèves et ils ne peuvent pas jouer ensemble ni partager de matériel. Je ne peux même pas leur prêter des livres, à moins qu’ils le gardent jusqu’à la fin de l’année scolaire... Bref, on est plus dans l’animation que dans l’enseignement. Ça sera essentiellement du «papier-crayon». »

«Avec l’énergie qu’ils ont, ça va être difficile, mais je vais m’arranger pour que ce soit le plus trippant possible.»