La manifestation contre le masque tenue dimanche devant l’Assemblée nationale ne respectait visiblement pas les règles de distanciation.
La manifestation contre le masque tenue dimanche devant l’Assemblée nationale ne respectait visiblement pas les règles de distanciation.

Manif contre le masque à Québec: intervention difficile, justifie la police

La manifestation contre le port du masque tenue dimanche devant l’Assemblée nationale ne respectait visiblement pas les règles de distanciation sociale en vigueur. De l’aveu même de la police de Québec, une intervention pour y mettre fin aurait pu causer plus de problèmes que la manifestation elle-même. 

«Il y a une complexité d’intervention auprès de personnes qui manifestent dans ce contexte (de pandémie)», a expliqué en substance le directeur du service de police de Québec, Robert Pigeon, en marge d’une conférence de presse tenue jeudi.

Selon lui, remettre des constats d’infraction ou appréhender des manifestants pour faire cesser l’infraction aurait pu «provoquer quelque chose au niveau sanitaire. Ça implique un certain nombre de risques», précise-t-il. 

Ils étaient entre 2000 et 3000 personnes, dimanche, selon le service de police. Pendant la manifestation, deux participants, Jean-François Mongrain et Jean-Guillaume Tremblay, ont enlacé la journaliste de TVA, Kariane Bourassa, en direct à la télévision. Ils font aujourd’hui face à une accusation de voies de fait même s’ils disent que leur geste était de «bonne foi».

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À ce sujet, le directeur Pigeon s’est défendu de ne pas être intervenu au moment de l’incident rapporté. «Avant même que la dame porte plainte, on était dans un processus d’identifier ces deux personnes-là pour considérer l’émission d’un rapport d’infraction général.»

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Pendant la manifestation contre le masque à Québec, deux participants, Jean-François Mongrain et Jean-Guillaume Tremblay, ont enlacé la journaliste de TVA, Kariane Bourassa, en direct à la télévision. Ils font aujourd’hui face à une accusation de voies de fait même s’ils disent que leur geste était de «bonne foi».

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Du même souffle, le directeur n’exclut pas une intervention de ses policiers s’il devait y avoir une autre manifestation avec un «écart marqué» des règles sanitaires en vigueur. Par exemple, si des participants mettent «d’une façon délibérée la vie d’autres personnes en danger», donne-t-il en exemple. Une ligne évidemment difficile à tracer.

«On n’encourage pas ce genre d’événement là. On fait appel au civisme des citoyens qui doivent tenir une distance de deux mètres lorsque c’est possible» tient-il à rappeler.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, confirme que son ministère réfléchit à «une manière de resserrer et de clarifier les mesures répressives.» La tâche s’annonce difficile, car elle doit concilier le droit de manifester et les règles sanitaires imposées par Québec. 

«Je suis d’accord avec le droit de manifester. Personne ne remet ça en question. On ne veut pas entrer dans un débat qui remettrait en cause ce droit-là. Comment peut-on préciser les choses ? Actuellement, la possibilité d’intervention n’est pas nécessairement claire dans les décrets.»

Mme Guilbault assure que la clarté recherchée ne vise pas le groupe d’amis dans «un parc qui se tient à 1,7 m», mais plutôt les manifestants comme ceux réunis dimanche. 

«C’est un événement en dérogation affichée aux règles de santé publique qui porte lui-même sur les consignes de santé publique. Il faut pouvoir s’outiller pour intervenir.»

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Le directeur du service de police de Québec, Robert Pigeon, en conférence de presse, jeudi