Le centre du Canadien de Montréal a un garçon de 14 mois à la maison et il est hors de question pour lui d’être contraint de laisser sa famille seule pendant que la pandémie de la COVID-19 continue de sévir en Amérique du Nord.
Le centre du Canadien de Montréal a un garçon de 14 mois à la maison et il est hors de question pour lui d’être contraint de laisser sa famille seule pendant que la pandémie de la COVID-19 continue de sévir en Amérique du Nord.

LNH: Danault ne veut pas reprendre la saison isolé des siens

Alexis Bélanger-Champagne
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Phillip Danault n’est pas en faveur d’une reprise des activités de la LNH dans des villes ciblées, un scénario qui forcerait la plupart des joueurs à s’éloigner de leur famille pendant quelques semaines, voire des mois.

Le centre du Canadien de Montréal a un garçon de 14 mois à la maison et il est hors de question pour lui d’être contraint de laisser sa famille seule pendant que la pandémie de la COVID-19 continue de sévir en Amérique du Nord.

«Pour moi, ça n’a pas de sens, et encore moins pour les équipes qui feraient un long parcours en séries. Une équipe qui irait en finale de la Coupe Stanley en aurait pour trois ou quatre mois. Ce ne serait pas humain de faire ça, selon moi», a dit Danault, mardi, lors d’une conférence téléphonique à partir de sa résidence d’été dans la région de Québec.

«La décision appartient à la Ligue, mais j’imagine que les joueurs devront voter pour l’approuver. Je ne suis pas certain que nous serions favorables à ce scénario», a-t-il ajouté.

Au moment de la suspension de la saison le 12 mars, il restait 189 matchs à disputer au calendrier de la LNH, dont 11 à celui du Canadien.

L’idée de présenter le reste de la campagne dans une ville de chaque section semble être celle favorisée présentement par la LNH dans les discussions avec les joueurs. De son côté, Danault croit qu’il serait plus réaliste de mettre une croix sur la saison 2019-20 et de se concentrer sur la prochaine campagne.

«Terminer la saison, ce n’est pas très motivant pour les équipes hors de la course aux séries, surtout après deux, trois ou quatre mois de pause, a-t-il noté. Je comprends que c’est différent pour les équipes qui étaient en position de participer aux séries, pour les directeurs généraux qui avaient fait des transactions en vue d’un long parcours, qui ont sacrifié des choix de première ronde. Mais il se passe des choses plus importantes dans le monde que le hockey.»

En plus de profiter de la pause et du confinement pour passer du temps en famille, Danault a aussi soigné des petites blessures. Il a également indiqué qu’il se contentait d’entraînements légers.

Danault a d’ailleurs noté qu’il a hâte de voir la LNH trancher sur la suite des choses.

«C’est la raison principale pour laquelle je n’ai pas commencé mon programme d’entraînement estival. Ce n’est pas motivant quand vous ne savez pas où vous vous en allez. J’attends de savoir si je dois m’entraîner pour jouer le reste de la saison ou pour l’automne prochain.»

«La décision appartient à la Ligue, mais j’imagine que les joueurs devront voter pour l’approuver. Je ne suis pas certain que nous serions favorables à ce scénario», a mentionné mardi Phillip Danault.

Pas pressé de signer

Danault est l’un des nombreux joueurs du Canadien dont le contrat arrivera à échéance après la saison 2020-21 et qui pourra donc entamer des négociations lors de l’ouverture du marché des joueurs autonomes cet été.

Comme son compagnon de trio Brendan Gallagher l’a signalé la semaine dernière, Danault a aussi comme priorité de gagner - et de gagner avec le Canadien. Toutefois, Danault n’a pas encore la tête à parler de négociations.

«Je laisse ça entre les mains de mon agent, a affirmé le centre âgé de 27 ans. Ce ne sont pas tous les joueurs qui signent une prolongation de contrat un an en avance.

«Honnêtement, je n’ai même pas parlé de chiffres ou de nombres d’années avec mon agent étant donné que la saison est en pause.»

Danault a connu une belle progression depuis que le Tricolore a acquis ses services des Blackhawks de Chicago en février 2016 en retour de Dale Weise et Tomas Fleischmann. Il a établi un sommet personnel avec 53 points en 81 matchs la saison dernière et avait amassé 47 points en 71 rencontres l’arrêt des activités cet hiver.


« Une équipe qui irait en finale de la Coupe Stanley en aurait pour trois ou quatre mois. Ce ne serait pas humain de faire ça, selon moi »
Phillip Danault

Son trio, complété par Gallagher et Tomas Tatar, constitue l’un des plus fiables de la LNH à cinq contre cinq et Danault croit qu’il sera récompensé à sa juste valeur quand il apposera sa signature sur son prochain contrat.

«Les directeurs généraux voient la valeur des joueurs fiables de nos jours. Ils n’ont peut-être pas autant de valeur que les joueurs avec un gros potentiel offensif, mais ils ne sont pas très loin derrière», a affirmé Danault.

La récente prolongation de contrat signée par Jean-Gabriel Pageau avec les Islanders de New York pourrait servir de point de comparaison, lui qui touchera un salaire moyen annuel de cinq millions $ US à partir de l’automne prochain. Il s’agirait pour Danault d’une belle augmentation salariale, lui dont le salaire moyen annuel se situe actuellement tout juste en haut des trois millions $.

Il reste toutefois de nombreux pas à franchir avant que Danault puisse signer une prolongation de contrat. Les impacts de la crise économique liée à la pandémie pourraient aussi avoir des répercussions dans les négociations.