L'Italie observe la stabilisation du nombre de malades recensés, un peu moins de 107 000, soit seulement 355 de plus que la veille. Dans plusieurs régions, comme Naples, Bologne, Venise, Florence ou Rome, ce chiffre baisse.
L'Italie observe la stabilisation du nombre de malades recensés, un peu moins de 107 000, soit seulement 355 de plus que la veille. Dans plusieurs régions, comme Naples, Bologne, Venise, Florence ou Rome, ce chiffre baisse.

L'Italie sort de la phase aiguë de la pandémie

ROME — Record de guérisons, nombre de patients en soins intensifs au plus bas depuis un mois, victoire sur le coronavirus en vue dans le Sud: premier pays européen frappé, l'Italie semble sortir de la phase aiguë de la pandémie.

En annonçant vendredi la guérison de plus de 2 500 malades en une journée, «chiffre le plus élevé depuis le début de la crise», le patron de la protection civile italienne Angelo Borrelli n'a pas caché sa satisfaction.

Certes, il y eut encore 575 morts, ce qui porte le bilan total à près de 23 000 décès. Mais Angelo Borrelli est «certain que le nombre de décès va baisser».

«Le 3 avril, nous avions 4 068 patients en soins intensifs, aujourd'hui un peu plus de 2 800», chiffre inédit depuis le 20 mars, a de son côté relevé Franco Locatelli, du Conseil supérieur de la santé. Selon lui, «la pression sur les installations hospitalières a été clairement allégée».

Autre signe encourageant, la stabilisation du nombre de malades recensés, un peu moins de 107 000, soit seulement 355 de plus que la veille. Dans plusieurs régions, comme celles de Naples, de Bologne, de Venise, de Florence ou de Rome, ce chiffre baisse.

Et sur plus de 65 000 tests en une journée (autre record), seuls 5% se sont avérés positifs, indicateur supplémentaire «de l'efficacité des mesures de confinement prises pour contenir la contagion», selon Franco Locatelli.

«Tout cela nous fait prendre conscience du grand travail accompli dans les hôpitaux et de la collaboration des citoyens», s'est félicité Angelo Borrelli.

Les responsables sanitaires sont désormais confiants qu'ils ont empêché le nouveau coronavirus de déferler sur le Sud, ce qui était une crainte majeure en raison de la fragilité des infrastructures sanitaires dans ces régions pauvres.

«Avoir réussi à (y) prévenir la propagation de la contagion» est «désormais un fait solidement étayé par les chiffres», s'est félicité Franco Locatelli: «Treize régions enregistrent un nombre de décès inférieur à deux chiffres», «deux n'enregistrent aucun cas mortel.»

Dans son combat contre un regain possible de la contagion, l'Italie a choisi une application de traçage des contacts, «Immuni», qui sera installée sur les téléphones sur une base volontaire. La Lombardie lancera les tests sanguins le 21 avril.

«Le droit de jouer»

Si les bons chiffres se confirment, «nous devons nous préparer pour rouvrir le 4 mai», a déclaré Atilio Fontana, le gouverneur de cette région, la plus touchée (près de 12 000 morts).

En vigueur depuis le 9 mars, les mesures strictes de confinement sont en vigueur jusqu'au 3 mai. Mais le Premier ministre Giuseppe Conte est soumis à une pression des milieux d'affaires pour faire redémarrer rapidement la troisième économie européenne.

«Quelque chose doit changer dans les deux prochaines semaines pour les enfants! Nos enfants ont le droit de jouer!», a de son côté déclaré cette semaine la ministre de la Famille, Elena Bonetti.

Le gouverneur de la région de Naples (sud), Vicenzo De Luca, a mis en garde contre tout allègement prématuré des restrictions imposées à 60 millions d'Italiens, et prévenu qu'il était prêt à «interdire l'entrée» aux habitants venus du Nord.

Signe que la bataille n'est pas gagnée, le ballet des convois militaires s'est poursuivi vendredi, avec 30 corps envoyés à Novare depuis Bergame, ville-martyre dont les services funéraires ne peuvent suivre le rythme des décès.

Précisant que les données qu'il a recueillies dans 1 689 communes ne permettaient pas de tirer des conclusions nationales, l'Institut des statistiques (INSTAT) y a relevé une surmortalité de 20% entre le 1er mars et le 4 avril par rapport à 2015-2019.

Dans certaines communes du nord, les chiffres sont impressionnants: près de cinq fois plus de décès à Bergame (+382,8%), quatre fois à Piacenza (309%), plus de trois fois à Lodi (+261,5%) et Brescia (+203%)...

Plus de 10% des personnes infectées en Italie appartiennent au personnel médical. Les deux-tiers sont des femmes, selon l'Institut supérieur de la Santé (ISS).

+

BILAN DE LA PANDÉMIE DANS LE MONDE

Plus de 150 000 morts dans le monde 

La pandémie a fait au moins 150 142 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles vendredi à 19H00 GMT.

Plus de 2,2 millions (2 207 730) de cas d'infection ont été diagnostiqués dans 193 pays et territoires depuis le début de l'épidémie.

Les États-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de morts (34 575), devant l'Italie (22 745), l'Espagne (19 478), la France (18 681) et le Royaume-Uni (14 576).

Poutine évoque des «risques très élevés»

Vladimir Poutine a affirmé que «les risques de propagation de l'épidémie étaient toujours très élevés non seulement à Moscou mais dans les autres régions russes».

Le gouvernement a autorisé le traitement des patients avec l'hydroxychloroquine, dérivée de l'antipaludéen chloroquine, dont l'efficacité fait l'objet d'un débat mondial.

1 081 marins positifs 

Un total de 1 081 marins ont été testés positifs à la COVID-19 sur le porte-avions français Charles de Gaulle et le groupe aéronaval qui l'accompagne, sur un total de 2 300 personnes, selon des chiffres provisoires donnés par la ministre française des Armées.

4,5 milliards de confinés 

Au moins 4,5 milliards de personnes, soit près de 58% de la population mondiale, sont appelées ou contraintes par leurs autorités à rester chez elles, selon un comptage réalisé vendredi à partir d'une base de données de l'AFP. Au moins 110 pays ou territoires sont concernés.

L'Équateur, l'un des pays d'Amérique latine les plus touchés, a annoncé la prolongation jusqu'au 26 avril du confinement.

«Effets dévastateurs»

La crise économique causée par la pandémie risque d'effacer les progrès en matière de développement enregistrés ces dernières années dans les pays pauvres, a prévenu le président de la Banque mondiale, évoquant «une crise sans précédent, dont les effets sanitaires, économiques et sociaux sont dévastateurs dans le monde entier».

Au Maroc, l'armée en renfort 

L'armée marocaine a mobilisé tous ses moyens médicaux pour aider les hôpitaux publics à gérer la pandémie et faire face à un éventuel afflux massif de patients. Les hôpitaux militaires ont été réorganisés pour accueillir le maximum de patients. AFP