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Vue aérienne du campus de l'Université Laval, à Québec, une région toujours sous le coup de mesures d'urgence
Vue aérienne du campus de l'Université Laval, à Québec, une région toujours sous le coup de mesures d'urgence

L’INSPQ pas chaud à la levée des mesures d’urgence dans les régions sous haute surveillance

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
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La levée des mesures d’urgence dans les régions placées sous haute surveillance n’est pas souhaitable, suggèrent les plus récents scénarios envisagés par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Déjà, la réouverture des écoles primaires dans la Capitale-Nationale et une portion de Chaudière-Appalaches pourrait engendrer une recrudescence des cas, surtout chez les plus jeunes.

Une amélioration de la situation épidémiologique dans la grande région de Québec permettra bientôt des assouplissements. Mais un retour prochain en zone rouge dans les régions de la Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches et en Outaouais est susceptible d’entraîner une hausse des cas et des hospitalisations, met en garde l’INSPQ.

«S’il y a des assouplissements, il peut y avoir une augmentation des cas. L’augmentation des cas anticipée va vraiment dépendre de la transmission communautaire qui a lieu dans la région», explique DMarc Brisson, directeur du Groupe de recherche en modélisation mathématique des maladies infectieuses.

Premier assouplissement

Pour l’instant, seules les écoles primaires rouvriront leurs portes lundi prochain dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches, à l’exception des secteurs de la Beauce, des Etchemins et de Bellechasse, où la transmission communautaire est forte et où les hôpitaux régionaux n’ont «plus de marge de manœuvre».

Les autres mesures spéciales en place comme la fermeture des commerces non essentiels et des écoles secondaires imposées au début du mois d’avril demeureront en place.

À LIRE AUSSI: Réouverture des écoles primaires à Québec et dans une partie de Chaudière-Appalaches

Car même en maintenant une forte adhésion aux mesures sanitaires d’urgence, le retour en classe des élèves pourrait par contre occasionner une augmentation des cas, principalement chez les plus jeunes. Les hospitalisations pourraient, malgré cet assouplissement, tout de même demeurer stables ou même diminuer, prévoit le Dr Brisson.

«Comme la situation de réduction du nombre de cas et des hospitalisations avait débuté depuis un certain temps [dans la région de Québec], les autorités de santé publique se sont dit qu’à l’ouverture des écoles primaires [il y aurait] une certaine augmentation des cas dans les écoles, mais qu’elle ne se traduirait pas en augmentation des hospitalisations», précise la Dre Jocelyne Sauvé, médecin spécialiste à l’INSPQ.


« Même si nos jeunes génèrent un peu plus de cas, si ces cas sont captés rapidement et si la population est de plus en plus vaccinée, une légère augmentation des cas et la vaccination qui s’accélère permettraient de diminuer l’ensemble des hospitalisations »
Dre Jocelyne Sauvé, médecin spécialiste à l’INSPQ

«Si tout va bien avec l’ouverture des écoles primaires, je m’imagine que le retour en classe dans les écoles secondaires va être aussi planifié», s’avance-t-elle.

À transmission égale du virus dans la communauté, la diminution des hospitalisations demeure envisageable en raison de l’avancement de la vaccination, précisent les experts.

Pas rouge ou orange

Dans ces régions en mode urgence où des sommets de contaminations ont été atteints dans les dernières semaines, des mesures sanitaires telles qu’implantées dans les zones orange et rouge n'auraient pas suffi à freiner la montée exponentielle des cas de COVID-19 et des hospitalisations, observe l'INSPQ.

«Ce constat suppose que les mesures d’urgence ont permis de réduire la transmission communautaire et qu’une haute couverture vaccinale sera atteinte en mai», écrit l’organisme.

En comparaison, «une montée exponentielle des cas est survenue en Irlande: les cas par jour ont augmenté de 300 à 6800 entre le 10 décembre 2020 et le 10 janvier 2021», indique le Dr Brisson.

À Montréal

Dans le Grand Montréal, l'INSPQ s'est fait «plus optimiste» que lors de ses deux dernières projections: les mesures sanitaires ont ralenti la progression des variants, a déclaré lors du breffage technique le DMarc Brisson.

Si la population maintient une forte adhésion aux mesures actuelles et continue de se déplacer en masse pour se faire vacciner, le modèle de l'INSPQ prédit une stabilité ou même une décroissance des hospitalisations en mai.

Par contre, si les mesures sanitaires sont moins bien respectées, «comme en mars dernier», cela pourrait occasionner une augmentation importante des cas. Avec Stéphanie Marin, La Presse Canadienne