«Ça fait 21 ans qu’on offre un divertissement aux amateurs de Québec, qu’on s’efforce à faire du baseball qualité, alors on n’a pas le droit d’abandonner maintenant et d’enlever l’espoir aux gens. S’il n’y avait que 5% de chances qu’on puisse avoir une saison, on n’aurait pas le droit de ne pas l’essayer», confie Michel Laplante.
«Ça fait 21 ans qu’on offre un divertissement aux amateurs de Québec, qu’on s’efforce à faire du baseball qualité, alors on n’a pas le droit d’abandonner maintenant et d’enlever l’espoir aux gens. S’il n’y avait que 5% de chances qu’on puisse avoir une saison, on n’aurait pas le droit de ne pas l’essayer», confie Michel Laplante.

Ligue Frontier: une décision finale vers le 1er juin

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
Le camp d’entraînement des Capitales de Québec devait se mettre en branle, jeudi, en prévision de la première saison de l’équipe dans la Ligue Frontier de baseball indépendant. Mais aucun joueur n’est encore en ville et aucune date ne pointe à l’horizon pour un possible début de calendrier. Même le dôme, symbole d’une occupation hivernale, recouvre encore le terrain du Stade Canac!

Les dirigeants de la Ligue Frontier ont tenu une autre réunion, mercredi, afin de déterminer la marche à suivre. Mine de rien, le temps file, mais l’espoir demeure d’avoir une saison écourtée à 60 ou 75 matchs.

«Ça fait 21 ans qu’on offre un divertissement aux amateurs de Québec, qu’on s’efforce à faire du baseball qualité, alors on n’a pas le droit d’abandonner maintenant et d’enlever l’espoir aux gens. S’il n’y avait que 5% de chances qu’on puisse avoir une saison, on n’aurait pas le droit de ne pas l’essayer», confie Michel Laplante.

Le président des Capitales pense qu’il est encore possible d’avoir du baseball à Québec, cet été, mais toute décision reposera dans les mains de la direction de la santé publique.


« On le sent un peu partout à travers la Ligue, les villes sont derrière nous. Si ça devient permis de jouer au baseball, ça ferait beaucoup de bien à une partie de la population et ça cadrerait bien dans notre rôle communautaire, événementiel et de bonne santé »
Michel Laplante, président des Capitales de Québec

Pour l’heure, il est impossible de démonter le dôme puisqu’une quarantaine de personnes sont nécessaires pour le faire. Il en coûte de 200$ à 300$ par jours pour maintenir en place cette bulle qui devait disparaître, la semaine dernière, et qui ne rapporte aucun revenu de location depuis le mois de mars en raison de sa fermeture obligatoire. Selon lui, un calendrier écourté serait possible à mettre en branle, mais le feu vert devra venir tôt ou tard.

«Nous aurions besoin d’environ 25 à 30 jours pour nous tourner de bord. Une décision finale devrait être prise vers le 1er juin à savoir s’il y aura une saison ou non. Déjà, la Ligue Frontier est flexible à l’idée que des équipes puissent renoncer à jouer en 2020 sans perdre leur place pour 2021», notait l’ancien lanceur et gérant de la formation.

Capacité réduite

Au cours des dernières semaines, les Capitales ont effectué des tests afin de déterminer combien de spectateurs pouvaient prendre place dans le stade en respectant la distanciation de deux mètres en tout temps. Selon les essais, environ 950 amateurs, répartis dans des blocs de cinq, quatre, deux ou une personne pourraient s’y trouver en même temps.

«On parle de familles de cinq, quatre ou trois, de couples, etc. L’achat des billets se ferait en ligne, on organiserait une entrée coordonnée, on utiliserait un service de livraison aux sièges pour les concessions, chaque déplacement respecterait les deux mètres. Ça voudrait dire une occupation de 25 à 30%», expliquait-il.

Bien sûr, les revenus de l’équipe seraient affectés, mais Laplante n’en fait pas une condition sine qua non du retour du baseball. Les Capitales voudront d’abord s’assurer que les règles conviendraient à la santé publique. Ensuite, ils se questionneront sur l’opportunité d’augmenter le prix du billet d’un ou deux dollars et s’il était possible d’avoir un peu d’aide de la municipalité ou des gouvernements. Pour ce qui est du baseball, la question de la quarantaine à observer pour tout voyageur serait à clarifier, car plusieurs joueurs proviennent des États-Unis. Et devraient-ils le faire à chaque fois que l’équipe rentrerait au pays? Voilà autant de questions sans réponse, pour l’instant.

Les Capitales, les Aigles de Trois-Rivières et les 12 autres équipes américaines formant la Ligue Frontier feront tout en leur pouvoir pour tenir une saison. La présence de cinq formations dans l’État de l’Illinois, l’un des plus touchés aux États-Unis, représente un défi de plus.

«S’il n’y avait pas de saison, mais que d’autres ligues en avaient une, ça causerait aussi du trouble à nos gérants puisque tous les joueurs sous contrat deviendraient libres, car une loi américaine dit qu’on ne peut pas brimer la liberté de quiconque de travailler. Disons que nos réunions sont assez informatives, on retourne toutes les pierres.»

Comme celle de l’avenir du baseball, à moyen terme, en sachant que le baseball affilié doit réduire d’environ 45 le nombre d’équipes dans les ligues mineures. «Il y a environ 15 villes entre Québec et St. Louis qui perdraient leur club, dont certains sont vieux de plus 50 ans. Il n’est pas interdit de penser qu’on pourrait se retrouver avec une Ligue de 25 à 30 équipes dans l’avenir, mais présentement, tout est en pause à cause du coronavirus.»

À l’origine, les Capitales devaient disputer leur premier match de la saison à Lake Erie, le 15 mai, avant de recevoir les Otters d’Evansville, le 26 mai, pour leur ouverture locale. Les Aigles devaient en faire autant aux mêmes dates, mais à Joliet, et contre Florence, Trois-Rivières.