Le pionnier du freeski Philippe Dion s'est lancé en affaires durant la pandémie.
Le pionnier du freeski Philippe Dion s'est lancé en affaires durant la pandémie.

L’ex-skieur Philippe Dion lance une école de vélo de montagne

Plusieurs entrepreneurs craignent pour leur entreprise en cette période de pandémie de COVID-19. Habitué aux manoeuvres casse-cou, le pionnier du freeski Philippe Dion n’est pas de ceux-là. C’est pourquoi il a décidé de se lancer en affaires durant cette période trouble.

Son entreprise s’appelle Phil Up Expérience Montagne et il donnera des cours de vélo de montagne dès samedi et de ski de randonnée durant l’hiver.

«Ce projet, j’y pensais depuis un bout de temps, mais c’est là que j’ai décidé de le mettre en marche», raconte Dion, qui s’est éloigné du freeski depuis sa retraite.

«Tu sais, moi et les deux autres Phil (Bélanger et Larose), on a inventé un sport qui est devenu olympique. Après ma carrière, je suis devenu team manager international pendant deux ans. Mais après, quand je suis revenu au Québec, je suis tombé en dépression, je suis tombé dans l’alcool, j’ai vécu un divorce, j’ai eu toutes sortes de problèmes», explique-t-il.

Après avoir vaincu ses démons une première fois, Philippe Dion s’est recyclé dans le domaine de la restauration. Il a géré pendant cinq ans le restaurant Commensal sur Saint-Jean pour ensuite devenir directeur de l’approvisionnement chez Pacini.

«J’ai fini par perdre mon emploi chez Pacini et là je suis tombé solide. Ça a été très dur pour l’orgueil», dira-t-il à propos de cet événement survenu il y a un an et demi.

Retour aux sources 

Tout récemment, l’ancien skieur a finalement décidé d’aller 29 jours en thérapie. «Une décision providentielle. Je me suis vraiment retrouvé. Ça fait maintenant quatre mois que je n’ai pas pris un verre et je me suis dit qu’il fallait que je retourne à ma passion pour le sport», poursuit-il.

Depuis quelques années, Philippe Dion s’est en effet développé une nouvelle passion pour le vélo de montagne et le ski de randonnée. «J’habite Lac-Beauport et le sentier du moulin est vraiment exceptionnel. La trail Wolverine est une des plus hot au monde, mais il n’y avait pas d’école ici», lance-t-il.

«La pandémie a frappé alors que j’étais en thérapie, mais je me disais qu’il fallait que je lance mon école dès que j’aurais complété ma thérapie. C’est ce que j’ai fait. J’ai tout mis ça en ligne et j’ai déjà une excellente réponse de la population. On dit que durant la pandémie, les gens achètent des piscines, des chiens et des vélos. Je constate que c’est vrai pour les vélos», raconte-t-il.

«Pour mon école, je ne suis pas dans la performance, mais dans l’expérience et les conseils. Et l’une des beautés de la forêt, c’est que tu as de l’espace, alors ce n’est pas un problème de respecter les deux mètres de distance durant mes formations. Je n’ai pas non plus l’intention de faire de gros groupes», explique l’athlète.

Les enfants et les amis

Par ailleurs, impossible de parler à Philippe Dion sans lui demander s’il lui arrive de faire de nouveau du freeski. «J’en fais seulement quand je veux montrer à mes gars que je suis encore capable de faire des 360!», lance-t-il en riant.

Ses fils, Renaud, 12 ans, et Romain, 13 ans, sont comme lui des sportifs et un peu casse-cou. Renaud pratique le skateboard et la planche à neige alors que Romain est un skieur comme son père. 

Philippe Dion est également demeuré très proche de Philippe Bélanger et Philippe Larose et on le sent quand il se met à parler de ses anciens acolytes.

Larose est devenu menuisier spécialisé dans les meubles à l’ancienne alors que Bélanger, après avoir été juge aux Jeux olympiques, vient d’acheter la boutique de ski et de vélo Genetik Sport, qui agira également comme partenaire de Phil Up Expérience Montagne.

«Nous habitons près l’un de l’autre et on est restés les meilleurs amis du monde. Je trouve que c’est le plus bel accomplissement que je puisse garder de cette époque. Nous sommes passés à travers toutes sortes de choses et nous sommes demeurés proches», conclut Dion.