Le désir d’aider son prochain est toutefois rapidement remonté à la surface et Sven Pouliot (à gauche) a décidé de s’engager comme aide-service au Manoir de l’Atrium, dans une aile où il y avait plusieurs patients atteints de la maladie à coronavirus.
Le désir d’aider son prochain est toutefois rapidement remonté à la surface et Sven Pouliot (à gauche) a décidé de s’engager comme aide-service au Manoir de l’Atrium, dans une aile où il y avait plusieurs patients atteints de la maladie à coronavirus.

Les larmes de bonheur de Sven Pouliot

Entraîneur de l’équipe de ski alpin du Rouge et Or de l’Université Laval depuis 2015, Sven Pouliot avait droit à un rare printemps tranquille avec l’annulation des finales en raison de la pandémie de COVID-19.

Après avoir profité de ces moments en famille, son désir d’aider son prochain est toutefois rapidement remonté à la surface et il a décidé de s’engager comme aide-service au Manoir de l’Atrium, dans une aile où il y avait plusieurs patients atteints de la maladie à coronavirus. 

C’est un euphémisme de dire que Pouliot a le coeur sur la main. En entretien téléphonique avec Le Soleil jeudi, on sentait toute l’émotion qui l’habitait quand il mentionnait qu’enfin, il n’y avait plus un seul cas de COVID-19 sur l’étage où il travaillait dans la résidence pour retraités de Charlesbourg. Au plus fort de la crise, il y en avait eu quinze.

«Aujourd’hui, on a appris qu’il n’y avait officiellement plus de cas de COVID-19 chez nous. Ça fait un bout qu’on sent que ça va mieux, que les gens ont plus d’énergie. Ça a changé beaucoup l’atmosphère», déclarait, les larmes aux yeux, celui qui s’est vite pris d’affection pour les patients atteints de troubles cognitifs dont il s’occupait. «Ce sont des gens qui ont eu de belles vies, de belles carrières, qui ont des enfants qui les aiment», raconte l’entraîneur dont c’était la première expérience dans le réseau de la santé. «Comme entraîneur, je suis quand même un peu dans la relation d’aide dans le sens que j’essaie d’aider les jeunes dans leur développement personnel, physique et athlétique», indique-t-il.

«Aujourd’hui, notre dernière résidente qui avait été testée positive a reçu son deuxième test négatif. On pouvait enfin déconfiner, entrer dans les appartements et tout laver», poursuit-il, soulagé. «J’ai parlé avec les proches des personnes hébergées et c’était vraiment dur pour eux, car, pendant trois mois, ces gens étaient supposés rester dans leur chambre. Ce n’est pas facile, car ce sont des personnes qui ont des problèmes cognitifs. Il y a une dame qui demandait chaque matin pourquoi elle devait manger dans sa chambre.»

Aider son prochain

L’idée de se rendre disponible a germé dans la tête de Sven Pouliot durant le confinement. «Quand les championnats provinciaux ont été annulés, je suis devenu un papa au foyer avec mes jumeaux pendant que mon épouse faisait du télétravail. On a passé de beaux moments en famille, mais quand la garderie a recommencé, j’ai vu qu’il y avait des besoins dans les résidences pour personnes âgées et j’y pensais de plus en plus», raconte-t-il.

Il a donc décidé de s’inscrire au site «Je contribue» lancé par le gouvernement du Québec et a été appelé à travailler au Manoir de l’Atrium depuis le 23 mai. «J’ai fait beaucoup de travail différent dans ma vie et je crois aussi beaucoup à l’aide à la communauté. J’en avais parlé à ma conjointe avant de partir, car ce sont des valeurs que l’on partage. Pour vous dire, on s’est rencontrés en vendant des jonquilles pour la Société du cancer. Quand on peut aider notre prochain, on le fait.»

Horizons différents

«La première nuit, quand je suis arrivé, je n’avais aucune idée à quoi ça pouvait ressembler, mais mes craintes se sont dissipées rapidement, car on était plein de gens de milieux différents. On avait l’équipement nécessaire pour se protéger, mais on passait beaucoup de temps à se laver les mains. Le nombre de tâches était également décuplé, car tous les résidents devaient être dans leurs chambres.»

À travers cette aventure, Sven Pouliot a rencontré des gens de plusieurs horizons et quelques visages connus venus eux aussi donner un coup de main. «J’ai connu plusieurs gens incroyables, par exemple, une psychologue qui avait aussi offert ses services. Une autre journée, je sortais de l’ascenseur et je vois une fille avec une visière et une jaquette. C’était Laurie Top, qui vient de finir sa troisième année de médecine et qui est une étudiante-athlète en athlétisme. J’ai aussi rencontré Leila Adam, qui fait partie de l’équipe médicale du Rouge et Or.»

«Ça m’a encouragé de voir tous ces gens qui voulaient aider. Je ne connaissais pas le milieu des personnes âgées, mais de vivre ça m’a fait encore plus apprécier la vie, les moments en famille. C’est certain que le travail d’équipe me parlait beaucoup et je crois que ça m’a apporté encore plus que ce que, moi, j’ai pu apporter», termine-t-il.