Les jeunes manifestent à Québec pour le maintien des sports scolaires [VIDÉO]

Guillaume Mazoyer
Guillaume Mazoyer
Le Soleil
Des centaines de jeunes athlètes, du primaire au secondaire, accompagnés de parents, entraîneurs et dirigeants sportifs, se sont rassemblés vendredi devant l’Assemblée nationale pour manifester leur «grande déception» à la suite de l’annonce du ministre de l’Éducation de la pause imposée aux sports scolaires jusqu’en octobre. Trois heures plus tard, le premier ministre François Legault a annoncé le retour des activités sportives le 14 septembre, «si tout se passe bien».

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Un air de match de football s’est fait ressentir aux coins des rues d’Artigny et de Grande Allée Est vendredi matin, mais l’ambiance n’était pas à la fête. Des panneaux «On veut une saison» et «Les bulles, les bulles… ce n’est pas une raison pour péter la nôtre» ont parsemé la foule.

«Depuis le mois de mars ils n’ont plus d’école, ils ont dû tout arrêter, ils font tout ce qu’il y a à faire pour respecter les consignes sanitaires — je les vois faire, je vais à chaque pratique –, et là ils se font dire qu’ils ont tout fait ça pour rien», lâche Kathy Marceau, mère de quatre enfants dont un garçon qui joue au football depuis cinq ans, quelques heures avant la sortie du premier ministre. «On ne sait pas quoi dire à nos enfants, car on est tombé des nues nous aussi.»

La mesure du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, annoncée jeudi, de mettre un frein à la dernière minute aux programmes de sport-arts-études et aux activités parascolaires au secondaire jusqu’en octobre a soulevé de nombreuses critiques et interrogations. Vendredi après-midi, le premier ministre François Legault a dû revenir sur cette décision et a annoncé la reprise des activités sportives et artistiques à l'école en dehors des bulles le 14 septembre, si le nombre de cas de COVID-19 est stable.

Le député du parti libéral québécois et porte-parole de l’opposition en matière de sport, Enrico Ciccone, est lui aussi venu faire un tour à la manifestation et a pris la parole devant les centaines de jeunes, rassemblés par équipe et école. «J’étais incrédule lors de l’annonce, confie-t-il au Soleil à propos de la sortie du ministre de l’Éducation jeudi. Il suffit au gouvernement de dire qu’il l’a échappé sur celle-là.»

Pour le député, il est «impensable» de créer deux plans, au civil et au scolaire. «Les jeunes vont quitter l’école et iront quelques pieds plus loin, voire même dans le gymnase de leur propre école, pour jouer au civil. Ça n’a pas de sens», indique l'ex-hockeyeur.

Organisé du jour au lendemain par deux élèves du secondaire, Tristan Lévesque et Maxime Jabin, l’événement Facebook a rapidement pris de l’ampleur. «Ce genre de mesure, ça peut juste enlever de la motivation aux jeunes pour aller à l’école», dénonce Maxime.

Une expérience que le coorganisateur, Tristan Lévesque, corrobore. «J’ai déjà été renvoyé de mon école en 3e année du secondaire, explique-t-il. C’est vraiment le football qui m’a fait comprendre que c’est important d’aller à l’école.»

Le mois en moins qu’aurait infligé la mesure aux sportifs représente la moitié d’une saison pour de nombreuses équipes. Les jeunes rencontrés disent attendre avec impatience depuis la quarantaine le début de cette nouvelle saison. À quelques jours du coup d’envoi, ils ont eu l’impression de s’être fait couper l’herbe sous les pieds.

«Je pense que le ministre n’a pas pris en compte tous les sacrifices qu’on a faits, estime un second Maxime, footballeur à l’école Roger Comptois. On s’est entraîné tout l’été, on a étudié l’ensemble de nos jeux, on s’est levé à 5h du matin pour aller s’entraîner à 6h, tout ça pour pouvoir aller jouer.» Son ami

Clément poursuit, avant la sortie du premier ministre : «Si les règlements sanitaires sont respectés comme au civil, je ne vois pas où est le problème.»

Le Centre de services scolaires des Découvreurs a annoncé vendredi matin que la rentrée serait retardée au 4 septembre pour les élèves de la 1re secondaire et au secteur d’adaptation scolaire. Les autres élèves rentreront le 8.

Le Centre de services scolaires de Kamouraska-Rivière-du-loup a annoncé vendredi matin le maintien des programmes sports-études et arts-études sur son territoire. Les directions des écoles du centre ont confirmé qu’elles pourraient assurer le respect de l’étanchéité des groupes-classes, moyennant des ajustements.

Le Centre de services dit avoir senti le besoin de «rassurer» les parents à la suite de l’annonce du ministre de l’Éducation.

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