Pour ce voyage, Jacob Diamond, le gérant d'équipement du Magic d'Orlando, a une suite de deux pièces à l’hôtel de l'équipe.
Pour ce voyage, Jacob Diamond, le gérant d'équipement du Magic d'Orlando, a une suite de deux pièces à l’hôtel de l'équipe.

Les gérants d’équipement, les héros obscurs de la relance de la NBA

Tim Reynolds
Associated Press
LAKE BUENA VISTA — Rob Pimental a beaucoup réfléchi à tout ce dont le Heat aurait besoin pour ce qui pourrait être un voyage de trois mois à Disney World.

Il est le gérant de l’équipement du club. Tous les chandails, bas, chassures — peu importe les besoins, c’est à lui de s’assurer de les avoir.

«Je suis le genre qui veut avoir tout sous la main, a dit Pimental. J’ai littéralement emballé toute ma salle d’équipement et je l’ai apportée avec moi.»

Il n’est pas le seul.

Les 22 équipes du redémarrage de la NBA ont dû emballer plus que jamais, pour un séjour pas comme les autres.

Chaque club va passer au moins cinq semaines à Disney; certains pourraient être là durant trois mois.

Les défis pour les joueurs et les entraîneurs sont évidents. Pour les gérants d’équipement, héros méconnus de la relance, la tâche n’est pas du tout aussi visible, pour les non-initiés.

«Ça rejoint notre ADN, honnêtement», a dit Jacob Diamond, qui gère l’équipement du Magic. Il y a certains des gars les plus intelligents de la ligue qui font ce que je fais.

«Au bout du compte, pour nous, il n’y a pas de charge trop lourde ou trop petite. Les joueurs et les entraîneurs comptent sur nous, et nous faisons partie de quelque chose d’historique. Alors c’est cool d’en faire partie, même si c’est du travail supplémentaire.»

Pour ce voyage, Diamond a une suite de deux pièces à l’hôtel du Magic — ce n’est pas un luxe, mais bien une nécessité.

Les bagages sont alignés autour des quatre murs. Au milieu de la pièce, un support à vêtements, un coffre et aussi un tas de sacs avec le logo de l’équipe, près du balcon.

Diamond connaît les contenus. Si Nikola Vucevic a besoin de tels bas ou si Aaron Gordon a besoin d’un certain morceau de compression, il le trouve en un éclair.

«J’ai amené plus de choses que moins, a confié Diamond. Ce n’est pas si facile de faire envoyer des choses ici. Je préfère les avoir déjà.»

176 sacs

Le gérant d’équipement des Raptors, Paul Elliott, n’amène d’habitude que le nécessaire. Il a tendance à emporter 45 sacs lors d’un voyage classique; selon les normes de la NBA, il voyage léger.

Pas cette fois. Pour ce voyage, Elliott comptait 176 sacs.

Et la plupart des équipes n’ont dû faire qu’un déplacement : de leur aréna à Disney. Elliott a dû le faire deux fois : de Toronto à une sorte de prélude d’entraînement, à Fort Myers, et de nouveau vers le complexe de Disney.

«J’ai regardé ça comme un voyage de deux semaines dans l’Ouest et j’ai quadruplé les items, a dit Elliott. Je devais juste m’assurer d’avoir assez d’options pour nos gars. Je veux être prêt, tout simplement.»

Pour l’ensemble des équipes de la relance, on parle de plus de 4000 chandails. Chaque club a trois ensembles d’uniformes — généralement, il y a deux maillots pour chacun des joueurs. Cette fois, il y en aura un troisième, car les joueurs pourront avoir un chandail où figure un message social. Ces livraisons devraient arriver dans les prochains jours.

Quand Elliott a commencé à décharger les 176 sacs des Raptors, plusieurs membres du personnel, généralement non affectés à l’équipement, ont couru à son aide.

«Nous avons le meilleur groupe pour ce genre de choses, a dit Elliott. Personne n’est au-dessus de rien. Ils veulent juste s’assurer que tout est fait correctement.»

Chaque équipe a envoyé une personne : ce n’est pas inhabituel qu’un voyage typique en compte deux. Ce n’est pas possible à Disney, vu le nombre maximal d’employés pouvant se trouver dans la bulle.

Après les entraînements ou les matches, les gérants d’équipement devront coordonner l’envoi à la buanderie de la relance : 66 laveuses et 66 sécheuses dans ce qui était une cage de frappeurs, à l’ancien complexe printanier des Braves d’Atlanta.

Il y a un code d’honneur chez ces travailleurs : les 22 équipes s’affrontent, mais les gérants d’équipement, eux, travaillent ensemble et s’entraident dans la mesure du possible.

«Nous comprenons les combats quotidiens, a confié Diamond. Nous avons les mêmes.»

Il faut laisser le confort de la maison lors des prochaines semaines. L’astuce, dit Pimental, est de s’assurer que les joueurs n’aient pas à s’inquiéter d’obtenir ce qui leur faut.

«C’est du jamais vu, mais nous allons faire en sorte que ça fonctionne», a dit Pimental.