La saison touristique sera très tranquille cet été en Gaspésie.
La saison touristique sera très tranquille cet été en Gaspésie.

Les Gaspésiens s’attendent à une saison touristique très tranquille

NEW RICHMOND – Les Gaspésiens ont compris depuis mars que les quatre années d’achalandage touristique record vécues depuis 2016 ne seront pas suivies d’une cinquième. En même temps, l’arrivée d’une grande proportion de Montréalais dès cet été les aurait sans doute tendus un peu, note Éric Dubé, maire de New Richmond et préfet de la MRC de Bonaventure, à propos du décloisonnement régional annoncé pour le 18 mai.

«Je ne le souhaitais pas avant (le 18 mai). En même temps, ça m’a fait un pincement quand j’ai entendu la ministre (Geneviève) Guilbault dire : «ne vous réservez pas de motel en Gaspésie le 4 juillet pour aller voir le rocher Percé». Elle n’encourage pas les gens d’ici à partir pour aller magasiner à Rimouski non plus», note Éric Dubé, à propos des instructions de la vice-première ministre à l’effet de se limiter aux voyages essentiels.

«Qui va partir de la ville de Montréal pour venir ici s’il n’y a pas de services comme les restaurants? La question se pose dans l’autre sens, qui va partir d’ici pour aller magasiner à Montréal si l’infection est encore très présente? On devra miser sur le tourisme régional. Ça va favoriser ceux qui ont des roulottes de camping et ceux qui vont mettre leur roulotte dans un camping pour la saison. Sans services, je ne vais pas faire le tour de la Gaspésie pour aller manger du MacDonald dans mon char», ajoute M. Dubé.

L’hôtelier Jean-François Gagné, de Percé, qui possède les chalets du Pic de l’aurore, voit des courants contradictoires se juxtaposer. Ce qu’il perçoit, «c’est que les gens vont vouloir sortir des villes, quand l’été sera arrivé, avec des mois de confinement. Je pense que le gouvernement devra ouvrir un peu», dit-il.

Subvention salariale

Il déplore toutefois que le gouvernement fédéral n’ait pas encore ajusté sa subvention salariale de 75 % de façon à l’adapter aux entreprises d’été.

«Elle s’applique aux entreprises qui ont perdu 30 % de leurs ventes en mars, avril et mai. L’an passé, j’ai été ouvert cinq jours en mai, donc, dans ces conditions, j’aurais eu la subvention en juin. Mais je ne l’aurai pas en juillet et août, parce que le programme arrête en juin. On a le malheur de tomber dans des activités saisonnières dont le sommet des ventes arrive en été. C’est injuste; 80 % des entreprises canadiennes en ont profité mais pas nous, alors que c’est le nerf de la guerre pour garder le personnel», explique M. Gagné, qui espère des ajustements au plus vite.