Règle générale, ce sont près de 200 permis qui sont délivrés chaque année aux artistes de la ville de Québec qui désirent divertir touristes et locaux.
Règle générale, ce sont près de 200 permis qui sont délivrés chaque année aux artistes de la ville de Québec qui désirent divertir touristes et locaux.

Les amuseurs publics confinés pour une durée indéterminée

Ils jonglent; ils crachent du feu; ils font de la musique. Les amuseurs publics font partie du paysage de la Ville de Québec. Mais peut-être pas cette année. Dû à la pandémie, la Ville s’est vue dans l’obligation de suspendre l’émission des permis et d’interdire tout type de prestation artistique dans les rues de la Vieille Capitale.

Règle générale, 200 permis sont délivrés chaque année aux artistes de la ville qui désirent divertir touristes et locaux en chantant ou en dansant.

Selon Rose-Marie Ayotte, conseillère en communication pour la Ville de Québec, l’administration évalue actuellement plusieurs scénarios possibles à propos des amuseurs publics. Bien que la Ville souhaite le retour de ses artistes dans les rues, un grand dilemme s’impose à elle : la question des rassemblements. Chaque été, les passants s’attroupent autour des musiciens et des artistes qui performent publiquement.

La diminution du tourisme est également un enjeu dans le dossier des amuseurs publics. La Ville craint que cela crée une baisse d’engouement au sein des artistes. Rose-Marie Ayotte souligne toutefois que, parmi les scénarios observés, des lieux à l’extérieur du centre-ville sont étudiés. «En ce moment, on questionne la pertinence de tous les sites inscrits au règlement. On regarde ceux qu’on pourrait ajouter et ceux qu’on pourrait enlever», explique-t-elle.

«Les options de la Ville dépendent des orientations données par la santé publique. Une décision sera prise dans les meilleurs délais afin de la communiquer rapidement aux amuseurs publics», affirme Mme Ayotte.

Un métier difficile

Odette Carpentier, artiste de cirque et amuseur public, voit quant à elle d’un mauvais œil l’été qui se pointe à l’horizon. «Ça aurait été ma 35e année en tant qu’amuseur public. Mais avec tout ce qui se passe, je ne serai pas présente dans les rues cet été. J’ai peur que l’énergie ne soit pas aussi festive qu’à l’habitude», raconte-t-elle, tout en soulignant qu’elle sera, si la situation le permet, de retour dès l’été prochain.

Malgré son ton pessimiste, Mme Carpentier a foi en la jeunesse. «Personnellement, je ne me sens pas à l’aise de performer dans les conditions actuelles. Mais si je sortais de l’école, précise-t-elle, je tiendrais un tout autre discours! Il y en a, malgré tout, qui vont réussir cet été!»

Au sujet du changement des sites, elle n’est toutefois pas très positive. Selon la jongleuse, les endroits qui ne sont pas dans les carrefours touristiques, ne rapportent déjà pas. «Même à Place d’Youville, ça ne fonctionne pas», insiste-t-elle. 

Sans changer les lieux de performance, l’artiste de cirque propose plutôt que la Ville mette en place, aux endroits assignés, un régisseur. «Quelqu’un avec ce poste pourrait placer les gens autour de nous et faire respecter les mesures [sanitaires]. Ça enlèverait une charge de travail aux artistes. Amuseur public, c’est déjà un métier très difficile», conclut Mme Carpentier, qui souhaite un retour rapide de ses collègues dans les rues de Québec.

Mme Carpentier, qui est aussi présidente de l’Association des amuseurs publics de Québec, précise d’ailleurs que plusieurs amuseurs publics seront présents, lundi, lors de la manifestation pour les arts vivants qui doit se tenir devant l’Assemblée nationale.

Des règles strictes

Selon le règlement actuel, les amuseurs publics obtiennent un type de permis précis en fonction du type d’art qu’ils font. Les amuseurs publics musiciens doivent, lors de leur demande de permis, passer devant un comité d’audition, comité qui ne pourrait pas se tenir actuellement en raison des règles d’hygiène selon Mme Ayotte.

Les amuseurs sont régis notamment en ce qui a trait à leur performance, au bruit que celle-ci crée et à l’utilisation des sites exploités. Les artistes doivent respecter le lieu et la plage horaire qui leur sont assignés. Les musiciens ne peuvent utiliser que les types d’instruments autorisés par la Ville.

Un artiste qui souhaiterait performer au coin de la rue Saint-Jean et de la Côte du palais peut faire de la musique ou toute autre prestation, mais il ne peut pas, par exemple, maquiller le visage des passants. Il peut utiliser le site pour une durée maximale de 2h, à partir de 11h jusqu’à 21h (ou 23h la fin de semaine).