Le président de l’Association des travailleurs du préhospitalier déplore que le ministère n’ait pas encore donné de directives aux ambulanciers, alors qu’il en a données à tout le réseau de la santé.
Le président de l’Association des travailleurs du préhospitalier déplore que le ministère n’ait pas encore donné de directives aux ambulanciers, alors qu’il en a données à tout le réseau de la santé.

Les ambulanciers craignent de contracter et de propager la COVID-19

Les ambulanciers de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches craignent de contracter et de propager la COVID-19. Selon l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH-CSN), les protocoles d’intervention actuellement en place mettent tant ses membres que la population à risque.

«Actuellement, on porte l’équipement de protection seulement quand les patients ont voyagé ou ont été en contact avec des personnes qui ont voyagé. Or selon ce que François Legault a dit hier [lundi], la transmission communautaire a commencé. C’est aussi ce que nous ont dit des infirmières dans les urgences, qui reçoivent des patients qui ont les symptômes de la COVID-19, mais qui ne correspondent pas aux critères de dépistage», explique en entrevue au Soleil le président de l’ATPH, Frédéric Maheux. 

«On est inquiet parce que nous, on entre dans les maisons, où l’air est stagnant. Et le deux mètres de distance, c’est sûr qu’on ne peut pas le respecter», expose le paramédic, pour qui tout le monde, dans le contexte actuel de pandémie, est «suspect». «On sait en plus que tout le monde ne dit pas toujours la vérité» par rapport à la COVID-19, souligne-t-il.

Le ministère de la Santé et le CIUSSS de la Capitale-Nationale demandent aux ambulanciers de faire attention à leur équipement de protection pour éviter une pénurie, «mais c’est nous qui sommes à risque», s’inquiète Frédéric Maheux.

Le président de l’ATPH déplore également que le ministère n’ait pas encore donné de directives aux ambulanciers, alors qu’il en a données à tout le réseau de la santé. 

«Sur son site internet, on voit des mesures pour tout le monde [pour les cliniques médicales, l’urgence, les soins critiques et les pharmacies, par exemple], mais pour les services préhospitaliers d’urgence, c’est encore écrit: à venir», dénonce M. Maheux.

«Ce n’est pas seulement pour nous que c’est inquiétant, mais pour toute la population. Si on est infecté et qu’on ne le sait pas, la COVID, on va la transmettre facilement à tout le monde. Et si les ambulanciers tombent au combat, ça n’ira pas bien du tout», prévient le président de l’ATPH.