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«Le Québec résiste à la 3e vague, mais la guerre n'est pas finie», dit Legault [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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Alors que «le Québec résiste à la troisième vague», comme le dit François Legault, les autorités ont décidé d’ouvrir un tout petit peu plus le robinet des assouplissements, mardi. Tout en gardant certaines régions orange sous haute surveillance, en espérant ne pas devoir les retourner dans le rouge.

La course se poursuit entre la vitesse de propagation des variants de la COVID-19 et la vitesse de la campagne de vaccination massive.

Mardi, le cap du million de Québécois vaccinés d’au moins une dose devait être atteint. Le premier ministre Legault, 63 ans, sera pour sa part vacciné ce vendredi, selon son groupe d'âge, à Montréal.

Au même moment, on dénombre 704 cas officiels de SRAS-CoV-2 issus de souches mutantes. Bond important de 30 % (162) par rapport à la veille. Du lot, 84 % (594) viennent du variant britannique. Surtout, 3423 autres cas présomptifs font l’objet d’enquêtes.

«Depuis quelques semaines, on reste autour de 700 nouveaux cas par jour [656 déclarés mardi]. Ça veut dire que le Québec résiste. Le Québec résiste aux variants. Le Québec résiste à la troisième vague. Ce n’est pas le cas partout dans le monde», a affirmé M. Legault, nommant la France, l’Italie, des États américains et des provinces canadiennes où les cas sont repartis à la hausse.

«En Ontario, on a même déclaré qu’on était dans une troisième vague. Il y a toutes sortes de définitions, mais nous, on n’est pas dans une vague, puisqu’il n’y a pas d’augmentation du nombre de cas. Il y a une stabilisation. Donc, ça veut dire que nos mesures fonctionnent. Mais, mais, mais la guerre n’est pas finie, donc il faut continuer à être prudents. Les prochaines semaines vont être déterminantes», a insisté le premier ministre, comme d’habitude entouré de son ministre de la Santé, Christian Dubé, et du directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda.

Les jeunes, les vieux

Ainsi, le trio a annoncé l’entrée en vigueur de deux nouveaux assouplissements, somme toute mineurs.

  • Finie l’alternance entre l’école et la maison pour les élèves de troisième, de quatrième et de cinquième secondaires partout au Québec. Même en zones rouges, à partir de lundi prochain, le 29 mars, les jeunes recommenceront à aller en classe chaque jour. C’était déjà le cas dans les zones orange et jaunes.
  • Partout au Québec, les salles à manger des résidences pour aînés où plus de 75 % des résidents sont vaccinés depuis au moins trois semaines peuvent rouvrir sous certaines consignes strictes à compter de demain, le mercredi 24 mars.

«Si on respecte les consignes, on prend un risque calculé, a indiqué le Dr Arruda. Le problème, c’est qu’il ne faut pas que les gens ouvrent tout alors qu’on a ouvert un peu.»

Éviter de jouer au yo-yo

Le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay—Lac-Saint-Jean et l’Outaouais sont les trois régions en alerte modérée (orange) qui subissent un regain de transmission du virus depuis quelques jours. Le Grand Montréal, toujours en alerte maximale (rouge), demeure aussi un endroit chaud.

Pas question mardi toutefois de rétrograder des régions en rouge.

«On pense qu’on est capable en faisant attention de rester en zone orange, mais c’est important de réduire les contacts. Il y a eu une augmentation des contacts dans les derniers jours, dans les dernières semaines. [...] Faisons attention, en particulier dans ces zones-là, mais faisons attention partout au Québec. On n’est pas à l’abri d’une troisième vague», a souligné M. Legault.

Le ministre Dubé indique que chacune de ces régions a le nombre de doses de vaccin nécessaire. Sauf un léger ajustement en Outaouais, qui recevra 3500 doses supplémentaires d’ici la fin de la semaine prochaine.

«Rappelez-vous, quand il y avait eu une montée des cas, les gens s’étaient ressaisis assez rapidement au Saguenay—Lac-Saint-Jean. En ce moment, il n’y a pas de raison d’augmenter le nombre de doses, mais je pense que de repasser les messages, de bien suivre les mesures sanitaires pour ça», a commenté M. Dubé, ajoutant que «le respect des mesures va être suffisant» aussi pour l’Outaouais.

Dr Arruda rappelle l’importance d’«éviter de jouer au yo-yo» avec le code de couleurs et les paliers d’alerte. «Comme pour les restaurants, par exemple, on ne veut pas fermer, rouvrir, fermer... Si on repasse au rouge, c’est parce qu’on aura l’impression de perdre le contrôle et que ça va durer un bon petit bout», confirme le scientifique.

Être consulté pour des élections fédérales

Par ailleurs, alors que la possibilité d’une campagne électorale fédérale se (re)pointe le bout du nez pour le printemps, avec scrutin possible en juin, le directeur national de santé publique du Québec s’attend à être consulté par Élections Canada.

«C’est sur notre territoire, on va demander à ce que ça nous soit soumis», répond Dr Arruda, sans pour autant parler d’une impossibilité. «On verra où on est.»

Le premier ministre Legault, lui, semble croire qu’une campagne électorale s’avère possible «dans les règles sanitaires appropriées. Mais on devra consulter la Santé publique», tranche-t-il.