La présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion
La présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion

Le CISSSO revoit sa position sur la divulgation de données sur la COVID-19

Après avoir décidé la semaine dernière de ne plus divulguer d’informations sur les éclosions dans des milieux de vie appartenant à des entreprises privées, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a recommencé à en diffuser, comme le font d’autres régions du Québec.

Interpellé par Le Droit à ce sujet, un porte-parole du ministère de la Santé, Robert Maranda, a confirmé que les données sur les éclosions dans les milieux de vie sont publiques, dans la mesure où les centres comptent plus de 15 résidents. Plusieurs établissements de santé de la province publient d’ailleurs ces informations sur leur site Internet.

La semaine dernière, le CISSSO avait pourtant annoncé qu’il ne fournirait plus aux journalistes les informations sur les cas confirmés dans les résidences privées, même lorsque ces ressources hébergent des usagers du réseau public.

La présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, avait mentionné que cette décision avait été prise «par souci de respect des propriétaires de ces entreprises-là», en invitant les médias à joindre directement les ressources concernées. Les retours sont toutefois rares lorsque des messages sont laissés pour les responsables de ces ressources.

Le CISSSO a tout de même jugé bon, mardi et mercredi, de faire une mise à jour sur la situation à la phase 2 des Résidences de la Gappe, où l’éclosion a pris de l’ampleur.

Le ministère de la Santé a contacté le CISSSO, mercredi, afin de vérifier quelles sont les informations rendues publiques par l’organisation. Il a alors été indiqué au ministère que les données n’étaient pas comptabilisées «de la bonne manière» par les milieux privés et que des changements étaient à venir, a fait savoir M. Maranda.

Dans un communiqué diffusé par après, le CISSSO a révélé le nombre de cas confirmés au CHSLD Champlain de Gatineau et aux Résidences de la Gappe. Il n’est toutefois pas indiqué si des employés sont aussi atteints, mais une porte-parole du CISSSO a indiqué que cette information pourrait éventuellement être fournie.

Autres données

Le CISSSO a adapté, au fil des semaines, les informations qu’il rend publiques.

L’organisation effectue sur son site Internet une mise à jour quotidienne présentant diverses informations comme le nombre de cas confirmés et rétablis, le nombre de décès, le nombre de patients hospitalisés et la répartition des cas par territoire et par municipalité.

Le site Internet du CISSSO propose aussi un lien vers les données des CHSLD et des résidences privées pour aînés de tout le Québec. Le ministère de la Santé assure avoir réglé les erreurs qui ont été recensées dernièrement dans ces listes, qui ne contiennent toutefois pas les données concernant les résidences intermédiaires.

Depuis quelques semaines, le CISSSO présente aussi un bilan hebdomadaire permettant notamment de connaître la répartition des cas par groupe d’âge et de voir, en graphique, l’évolution du nombre de cas confirmés dans la région.

Ailleurs au Québec, le site Internet du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay–Lac-Saint-Jean indique pour chaque éclosion en CHSLD le nombre cumulatif de cas chez les employés et chez les résidents, de même que le nombre de décès déplorés. On indique aussi le nombre d’employés et de médecins ayant reçu un diagnostic de COVID-19.

Le CISSSO n’indique pas, de son côté, si des médecins pratiquant dans une de ses installations ont été infectés. L’organisation se limite aux données sur ses employés salariés.

Du côté du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, le site Internet montre quotidiennement le nombre de cas confirmés dans les RPA et résidences intermédiaires. Le bilan hebdomadaire de ce CIUSSS montre aussi le nombre total de tests de dépistage effectués, une information que le CISSSO ne publie pas.

Dans les Laurentides, un fichier permet aussi de connaître le nombre de cas chez les usagers et les employés des ressources intermédiaires.

En entrevue avec Le Droit la semaine dernière après la réunion du conseil d’administration du CISSSO, Josée Filion a indiqué que les équipes de la direction régionale de santé publique ont accès à toutes les statistiques nécessaires pour bien faire leur travail. Elle «préfère» d’ailleurs que ces employés consacrent leurs énergies à s’attarder aux «agrégats» de cas qui peuvent apparaître, plutôt qu’à l’extraction de données pour en faire des tableaux à diffuser à l’externe.

Mme Filion souligne aussi que la divulgation de la répartition des cas dans les différents secteurs de la ville de Gatineau ne changerait rien aux consignes à suivre pour la population. «Le comportement des gens doit être fait en considérant que leur voisin est COVID positif», illustre-t-elle.