Guylaine Laroche, présidente de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et de services sociaux (APTS) de l'Outaouais.
Guylaine Laroche, présidente de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et de services sociaux (APTS) de l'Outaouais.

Le CISSSO accepte de fournir des masques jetables à ses employés

Face entre autres à la pression exercée par un syndicat, qui avait déposé des griefs à cet égard, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) a accepté dans les derniers jours de mettre à la disposition de ses employés des masques de grade 0.

Le couvre-visage jetable en tissu, semblable à celui qu'on pourrait porter en allant faire ses emplettes, sera fourni au personnel aux entrées des grandes installations comme les hôpitaux, les CLSC et les CHSLD, tandis que dans les milieux de travail plus petits, les salariés devront communiquer avec leur gestionnaire pour se procurer ces masques. 

L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et de services sociaux (APTS) de l'Outaouais, qui militait fermement pour que l'employeur remette de tels masques aux gens lorsqu'ils arrivent au travail, parle d'une demi-victoire.

«Je suis plus ou moins satisfaite de la réponse. Nous, on aurait souhaité un choix écoresponsable, alors on a demandé que dans les directives, on aborde la façon de se départir de ce masque-là, car on en voit un peu partout sur les terrains. Il n'y a pas nécessairement de poubelles pour les recueillir. On aurait aussi aimé que l'employeur fasse le choix de fournir un masque artisanal (réutilisable), mais c'est sûr qu'à partir du moment où on suggère d'utiliser un tel couvre-visage, il y a toujours le risque que la personne qui l'utilise n'en fasse pas l'entretien rigoureux et que ça devienne non pas un outil de protection mais de contamination. Nous sommes satisfaits dans la mesure où l'employeur vient de reconnaître que c'est sa responsabilité d'offrir ces masques-là», de dire la présidente, Guylaine Laroche.

Jusqu'à il y a quelques jours, l'APTS s'expliquait bien mal pourquoi le CISSSO n'imitait pas certaines organisations qui procèdent ainsi, par exemple en Montérégie, dans Chaudière-Appalaches ou dans le Bas St-Laurent, par exemple. En Abitibi, souligne le syndicat, c'est le port du masque de procédure qui est obligatoire dès qu'on entre dans un établissement.


« Ils les fournissent, mais c'est quand même en quantité limitée. On ne peut pas piger dans la boîte comme l'on veut et prendre une réserve. C'est calculé. »
Guylaine Laroche

«C'est un peu à géométrie variable à travers la province. Nous, ce qu'on veut, c'est vraiment ls protection des travailleurs, alors dans la mesure où ils sont protégés, on peut difficilement demander plus. Ce qui est difficile depuis le début de la pandémie, c'est que l'Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) ajuste ses recommandations (liées au masque) pour le personnel de la santé en fonction de la gestion des stocks. C'est aberrant. [...] Pour l'instant, l'employeur nous dit qu'il n'y a pas de problème d'approvisionnement, mais que ça reste un risque advenant une deuxième vague», lance Mme Laroche.

Le CISSSO continue de fournir des masques de procédure à ses employés dans les contextes où ils donnent un soin à un usager dans une chambre, effectuent une visite à domicile ou encore sont en déplacement dans les corridors, par exemple. 

«Ils les fournissent, mais c'est quand même en quantité limitée. On ne peut pas piger dans la boîte comme l'on veut et prendre une réserve. C'est calculé. [...] Il y a eu un manque de masques au début (de la crise), ç'a été difficile pendant un grand bout et on rationnait, mais c'est maintenant de mieux en mieux. Ils sont moins en gestion panique de gestion du stock. Nos gens comprennent qu'il faut en faire bon usage en temps de pandémie», précise la présidente de l'APTS Outaouais.

Encore la semaine dernière, Mme Laroche prétend que l'employeur était d'avis que quand un employé se déplace à titre personnel dans l'établissement où il oeuvre, il allait de «sa responsabilité citoyenne» de se procurer un masque, au même titre que s'il était en train de magasiner. Or, cette façon de voir les choses est erronée, dit-elle.«À partir du moment où tu mets les pieds dans ton lieu de travail, tu deviens un salarié. On n'est pas là pour simplement prendre l'air. C'est l'employeur qui doit s'assurer de la santé et de la sécurité physique de l'employé, alors il doit fournir l'équipement qui permet de faire son travail de façon sécuritaire. On leur a rappelé des articles importants de la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Admettons que je ne suis pas avec un patient, mais que je me déplace pour aller à la salle de bain ou à la salle à manger, il y a quand même un fort risque que je me fasse accrocher par une famille qui veut avoir des informations sur un proche, par exemple. Je dois avoir mon masque de procédure», explique-t-elle.

Malgré cette nouvelle façon de faire, le CISSSO indique qu'il souhaite que son personnel opte pour un couvre-visage réutilisable.

«Ce masque ne remplace en aucun temps le masque de procédure lorsque le personnel offre des soins et services en présence d'usagers. Dans un souci d'utiliser sainement nos inventaires, le CISSS de l'Outaouais privilégie une utilisation responsable et à se procurer un couvre-visage réutilisable. Le couvre-visage réutilisable est un choix écoresponsable qui est encouragé par l'organisation», a-t-on indiqué par écrit.

L'ATPS représente environ 2400 salariés en Outaouais.