Habituellement bondé, le palais de justice de Chicoutimi est pratiquement désert depuis huit semaines. Mais le travail se fait en coulisse, notamment par visioconférence et par téléphone. 
Habituellement bondé, le palais de justice de Chicoutimi est pratiquement désert depuis huit semaines. Mais le travail se fait en coulisse, notamment par visioconférence et par téléphone. 

La justice reprend son cours à Chicoutimi, dans un palais aseptisé

C’est dans un palais de justice aseptisé, pratiquement vide, et où l’accès est rigoureusement contrôlé, que s’est ouvert le premier procès criminel tenu en huit semaines, lundi matin, à Chicoutimi.

N’entre pas qui veut au Palais de justice de Chicoutimi. Deux constables spéciaux, postés à l’entrée, assurent la sécurité des lieux. Ils ont en main une liste de personnes qui pourront, ou non, pénétrer dans le bâtiment. Les questions d’usage, qui font maintenant partie du quotidien des gens, sont posées.

« Avez-vous des symptômes grippaux ? Avez-vous été en contact avec une personne atteinte de la COVID-19? », demandent les constables, avant d’inviter toute personne admise à se laver les mains et à respecter la distanciation sociale. De la signalisation a d’ailleurs été installée au sol, afin que tout le monde se tienne à deux mètres de distance. Interdiction également d’être deux dans un ascenseur ou dans une salle de toilette.

Les constables spéciaux s’assurent de la sécurité des lieux. 

Les salles d’audience ont aussi été réaménagées pour limiter le risque de propagation. Treize personnes maximum pouvaient s’assoir dans la salle 2.07, où se tient un procès, prévu pour plusieurs jours. 

Des plexiglas ont été installés au bureau du juge et à celui du greffier. Les agents correctionnels qui escortent l’accusé portent le masque, puisqu’ils doivent se tenir à proximité de l’accusé et la mesure du deux mètres n’est pas possible. 

L’accusé, comme la victime, n’a droit qu’à un seul accompagnateur. Un intervenant du Centre d’aide aux victimes d’acte criminel est également présent, de même que l’enquêteur au dossier et les deux procureurs.

De nombreuses mesures de distanciation sociale ont été mises en place, au Palais de justice de Chicoutimi. 

Le public n’est pas admis dans les salles de cour. Lundi, ce ne sont pas tous les journalistes qui ont pu pénétrer dans la salle, puisque le nombre maximum de personnes était atteint. 

Il faut dire que la salle 2.07 n’est pas la plus spacieuse du palais de justice de Chicoutimi. Les chaises ont été aménagées afin que toutes les personnes soient assises loin les unes des autres. Lorsqu’il y a une suspension, chaque personne doit se rasseoir à la même place. Sur l’heure du dîner, la salle est désinfectée, de même que les poignées de porte, les boutons d’ascenseur et tout ce qui pourrait être manipulé.  

Des masques sont également mis à la disposition des témoins, par exemple, qui auraient des symptômes grippaux. La température corporelle peut également être prise.

Généralement, les corridors du palais de justice sont bondés, mais c’est le calme plat depuis huit semaines. La majorité des dossiers sont reportés ou traités par téléphone ou par visioconférence.

Depuis le 16 mars dernier, seuls les dossiers urgents, comme les enquêtes sur remise en liberté et les causes impliquant des enfants, par exemple, procédaient. Quelques jugements ont également été prononcés, mais surtout par téléphone. 

Au Tribunal de la jeunesse, en revanche, les causes ont procédé en majorité, mais en respectant des mesures de sécurité encore plus strictes qu’à l’habitude, surtout en ce qui a trait à l’hygiène et au nombre restreint de personnes admises.

Comme partout ailleurs, le désinfectant à main fait dorénavant partie du rituel avant de pénétrer dans une salle de cour.