Les policiers de la Sûreté du Québec contrôlent les déplacements sur le pont Cartier-Macdonald entre Ottawa et Gatineau.
Les policiers de la Sûreté du Québec contrôlent les déplacements sur le pont Cartier-Macdonald entre Ottawa et Gatineau.

La frontière Ottawa-Gatineau sème l’inquiétude dans les MRC

L’important écart du nombre de cas de COVID-19 entre Ottawa et l’Outaouais ravive les inquiétudes dans plusieurs petits villages de l’Outaouais, où l’on craint la levée précoce des points de contrôle routier sur les ponts interprovinciaux.

Lundi, le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, a évoqué la fin des contrôles routiers entre les régions dès l’amorce du déconfinement. «Pour ce qui est des barrages routiers, habituellement, quand on déconfine, on commence à être moins dans la contrainte, on laisse les gens avoir un jugement. […] On pourra avoir des discussions avec la Sécurité publique, mais disons qu’on va être moins dans le contraindre […], habituellement, quand on commence à, si vous le permettez, à rouvrir le rhéostat, ces genres de mesures coercitives là, on essaie de les diminuer.»

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, affirme avoir interpellé la Direction de la santé publique à ce sujet. «C’est différent de lever des contrôles routiers dans une même région où au niveau épidémiologique c’est la même réalité, mais j’ai demandé si dans le cas de l’Outaouais et d’Ottawa, qui ont deux réalités épidémiologiques extrêmement différentes, si le mot d’ordre allait s’appliquer aussi, a-t-il dit. Ça doit être une décision de santé publique et non pas une décision de politiciens.»

Interpellé à ce sujet, le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, dit comprendre les préoccupations au sujet de la frontière avec Ottawa. «Il reste une sensibilité pour des contrôles policiers avec le côté ontarien et j’ai souligné ces préoccupations aux responsables de la santé publique, a-t-il affirmé. Comme élu, je peux partager la sensibilité pour ne pas qu’elle soit oubliée, mais ultimement, je vais me ranger derrière la décision de la Santé publique.»

Succès des contrôles routiers

La présidente de la Conférence des préfets de l’Outaouais, Chantal Lamarche, estime que d’imposer des contrôles routiers à la frontière entre Ottawa et Gatineau pour limiter les déplacements inutiles des villégiateurs vers leur chalet a fonctionné. «Ça nous a permis de contrôler l’épidémie, dit-elle. Le nombre de cas dans nos MRC est minime.»

La présidente de la Conférence des préfets de l’Outaouais, Chantal Lamarche

Elle croit qu’il est temps de graduellement permettre aux gens de l’Outaouais de pouvoir recommencer à circuler librement dans leur région. «Pour la frontière avec l’Ontario, je vais laisser la Direction de la santé publique faire son travail et prendre la décision, j’ai confiance en eux, dit-elle. Je ne cache pas que nos populations dans les MRC sont inquiètes, tout comme plusieurs maires, mais je suis pris entre deux feux. Je reçois de nombreux courriels de gens inquiets de la fin des contrôles à la frontière, mais aussi de gens qui n’ont plus accès à leur chalet et qui se sentent brimés.»

Mme Lamarche précise que si la Santé publique permet de nouveau aux villégiateurs de l’extérieur de circuler librement dans les MRC, une attention particulière et plus soutenue devra être mise en place pour faire respecter les règles de distanciation sociale. «Il va falloir que la Sûreté du Québec et les autorités policières soient très alertes pour éviter que les MRC deviennent des lieux de rassemblement et de party dans les chalets, dit-elle. Les gens vont avoir le goût de revoir leur famille et leurs amis alors que nous ne sommes pas encore rendus là. Il faudra aussi exiger la plus grande prudence dans les commerces comme les épiceries où ça devra vraiment être resserré.»