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Le Dr Jean-Claude Tardif, directeur du Centre de recherches de l’Institut de cardiologie de Montréal, a dirigé une étude nommée Colcorona qui montre qu’un anti-inflammatoire peu coûteux, la colchicine, peut réduire de façon significative les complications et la mortalité chez les malades de la COVID-19.
Le Dr Jean-Claude Tardif, directeur du Centre de recherches de l’Institut de cardiologie de Montréal, a dirigé une étude nommée Colcorona qui montre qu’un anti-inflammatoire peu coûteux, la colchicine, peut réduire de façon significative les complications et la mortalité chez les malades de la COVID-19.

La colchicine, un «espoir important» pour la planète, selon un chercheur de Montréal

Agence France-Presse
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MONTRÉAL — Une étude québécoise montrant que la colchicine, un anti-inflammatoire peu coûteux, peut réduire de façon significative les complications et la mortalité chez les malades de la COVID-19, soulève un «espoir important» pour la planète, estime dimanche son auteur principal.

Le Dr Jean-Claude Tardif, directeur du Centre de recherches de l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM), a dirigé cette étude nommée Colcorona, dont il a publié de premiers résultats vendredi soir.

Les résultats complets seront rendus publics «le plus rapidement possible», promet-il lors d’un entretien à l’AFP.

Q  Quelles sont les principales conclusions de votre étude, menée sur 4488 patients dans le monde entier depuis mars 2020? 

R  L’étude Colcorona a fourni des résultats convaincants de réduction de plus de 20 % des hospitalisations ou des décès reliés à la COVID-19 avec la colchicine, comparativement au placebo (...). Quand on a affaire à des patients qui ont eu un test qui formellement prouve leur diagnostic de COVID-19, le résultat avec la colchicine est encore meilleur, c’est-à-dire une réduction de 25 % des hospitalisations, de 50 % du besoin de ventilation mécanique avec un respirateur et de 44 % des décès.

L’hypothèse qui sous-tendait l’étude était que la raison pour laquelle les patients développent des complications dans la COVID, c’est la réponse inflammatoire exagérée que les globules blancs du patient développent en réaction au virus. (...) Notre intuition, c’était que réduire cette réaction inflammatoire exagérée qu’on appelle tempête inflammatoire dans la COVID, pourrait prévenir les complications avec un médicament puissant comme la colchicine.

Q  Pourquoi ces résultats vous semblent-ils si importants dans la lutte planétaire contre la pandémie? 

R  La colchicine est un anti-inflammatoire puissant connu depuis très longtemps, il a été découvert il y a 150 ans. Il est extrait d’une plante qu’on appelle la colchique d’automne et c’est un médicament utilisé dans différentes maladies, dont la goutte, qui est une arthrite inflammatoire, et la péricardite entre autres. (...)

La beauté des résultats de l’étude, c’est que la colchicine est déjà disponible dans les pharmacies, puisqu’elle est utilisée de façon sécuritaire et peu dispendieuse dans plusieurs maladies. (...) La découverte qu’on a effectuée ne sera pas seulement utile en France, au Canada et aux États-Unis et dans les pays du G8, mais (aussi dans) les pays émergents, les pays pauvres, l’Afrique, l’Asie pourront rapidement bénéficier de cette colchicine peu coûteuse et qui se prend sous forme de comprimé par la bouche.

Nos résultats amènent un espoir important pour les patients, pour les systèmes de santé et les gouvernements. Finalement, on apporte une partie d’une solution significative pour réduire les hospitalisations et éventuellement réduire la congestion du système hospitalier.

Q  Les scientifiques attendent maintenant les résultats complets de votre étude, quand comptez-vous les publier? 

R  Nous soumettons le manuscrit à un grand journal scientifique aujourd’hui (dimanche). Je ne peux pas évidemment présumer de la date de publication, le journal va faire son travail, c’est un des plus grands journaux au monde. On va communiquer le plus rapidement possible le reste des résultats, peut-être même avant la publication finale (dans ce journal). Nos résultats, nous sommes convaincus qu’ils sont probants, convaincants, et qu’ils peuvent être utilisés immédiatement au bénéfice des patients. (...)

Il y aura probablement une évaluation rapide par les agences réglementaires, EMA (agence européenne des médicaments NLDR) en Europe, Santé Canada au Canada, FDA aux États-Unis, qui vont revoir rapidement les données. (...) Maintenant, je pense que les médecins n’ont pas à attendre cette revue réglementaire par les agences. (...) Les médecins, les praticiens de la santé, vont pouvoir la prescrire immédiatement parce qu’elle est déjà disponible.