Le match hors-concours du  Blizzard prévu vendredi soir au complexe sportif de Saint-Augustin face au Phénix du Collège Esther-Blondin est donc annulé.
 Le match hors-concours du  Blizzard prévu vendredi soir au complexe sportif de Saint-Augustin face au Phénix du Collège Esther-Blondin est donc annulé.

Hockey midget AAA: le Blizzard et les Riverains en congé forcé

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
Des cas de COVID-19 au Séminaire Saint-François et au Collège Charles-Lemoyne qui n’ont rien à voir avec les équipes sportives ont amené la direction de la santé publique à mettre les équipes de hockey midget AAA du Blizzard et des Riverains en congé forcé pour deux semaines. Le match hors-concours du Blizzard prévu vendredi soir au complexe sportif de Saint-Augustin face au Phénix du Collège Esther-Blondin a donc été annulé. Les matchs de toutes les équipes sportives du Séminaire Saint-François sont également suspendus pour la même période.

«Ce sont des cas dans des écoles où nous avons des équipes qui ont amené la santé publique à intervenir. Au Séminaire Saint-François, c’est un élève qui a été suspendu le 11 septembre pour avoir testé positif à la COVID-19. L’équipe est donc suspendue jusqu’au 26 septembre. Pour le Collège Charles-Lemoyne, on n’a pas encore la date précise, alors on ne sait pas encore jusqu’à quand l’équipe sera en congé forcé», explique Yanick Lévesque, président de la Ligue de hockey midget AAA du Québec.

Pas des hockeyeurs

«Il faut comprendre que dans les deux cas, il ne s’agit pas de joueurs de hockey ou de membres du personnel des équipes. Ces cas n’ont rien à voir avec les équipes», précise M. Lévesque, qui considère un peu particulier que les équipes soient mises hors service alors que les écoles demeurent ouvertes. «On se pose la question. Pourquoi ils ne ferment pas l’école, mais nous empêchent de jouer? Nous avons un système de santé et de sécurité très rigoureux, nos entraîneurs portent tous le masque et la visière et, d’ailleurs, on ne rapporte jusqu’à maintenant aucun cas dans les équipes de notre ligue.»

«Même si nous trouvons ça un peu injuste pour nos joueurs, en même temps on comprend qu’ils fréquentent la même école. La direction de la santé publique nous a demandé de suspendre les activités de ces formations, alors nous respectons les consignes du gouvernement», poursuit le président.

La saison régulière de la Ligue de hockey midget AAA ne commence que le 15 octobre, mais, déjà, Yanick Lévesque s’attend à ce que la pandémie de COVID-19 puisse venir encore chambarder la saison 2020-2021 après avoir forcé l’arrêt de la saison 2019-2020 en mars. 

«Ça peut compliquer notre saison et je crois que ça va la compliquer... Il y a de plus en plus de cas, et ce n’est plus seulement à Montréal ou dans les résidences de personnes âgées, mais un peu partout au Québec. C’est pour ça que nous avons envisagé plusieurs scénarios, dont celui de tenir le classement en se basant sur le pourcentage de victoires plutôt que le nombre de victoires si certaines équipes jouent moins de matchs que d’autres», explique-t-il.

Déception chez le Blizzard

Du côté du Blizzard, l’organisation était bien sûr très déçue de se retrouver ainsi placée en quarantaine. «On est en train de pénaliser 1148 élèves pour deux élèves d’une même famille qui ont attrapé la COVID... Comment on va contrôler ce que ces kids font le samedi et le dimanche? Ce ne sont même pas nos joueurs, ce sont des dommages collatéraux», a déclaré Alain Parenteau, gouverneur de l’équipe.

«Les jeunes, les partisans, les parents, le personnel, tout le monde qui gravite autour de l’équipe sont excessivement déçus de la situation. Je trouve que c’est très cher payé pour ces jeunes-là», poursuit-il.

Tout le sport en pause

En plus du hockey midget AAA, c’est tout le sport scolaire qui est en pause au Séminaire Saint-François, explique Luc Savoie, directeur de l’établissement. Le match de football de secondaire 1 et 2 contre la Polyvalente de L’Ancienne-Lorette qui devait avoir lieu en fin de semaine est ainsi annulé lui aussi.

«Nous avons deux frères de 13 et 15 ans qui ne font pas partie des équipes sportives, mais qui ont été infectés par leur mère qui est une employée du Centre hospitalier universitaire de Québec. Nous, on aurait laissé jouer les équipes, mais la santé publique en a décidé autrement», déplore-t-il.

«C’est très très frustrant. Nous avons 1 162 élèves sur le carreau à cause de ces deux petits bonshommes, dont ce n’est pas du tout la faute. Malheureusement, à part le décrier et dire que ça n’a pas de sens, on ne peut pas faire grand-chose. On retourne tous les joueurs à la maison pour quelque chose qu’ils n’ont probablement pas», poursuit-il.

Le directeur indique toutefois que trois hockeyeurs du Blizzard étaient dans la classe de l’aîné des frères atteints et qu’ils seront donc testés pour la COVID-19.

M. Savoie avoue être interpellé par ce que vivent les jeunes présentement. «La détresse et l’anxiété de ces «kids»... c’est épouvantable, ce qu’on leur fait vivre. Ils sont dans un milieu anxiogène, confinés dans des «bulles-classes», obligés de porter un masque et je ne suis pas sûr qu’on les écoute beaucoup. Quant aux deux jeunes atteints, comment pensez-vous qu’ils se sentent quand ils voient qu’aucune équipe ne joue à cause d’eux? Ils se disent qu’il n’y aura pas de «game» de hockey ou de football parce qu’ils ont attrapé la Covid parce que leur mère travaille à l’hôpital...», termine-t-il._