La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault
La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault

Guilbault: «Même si vous êtes contre le masque, portez-le!»

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
«Même si vous êtes contre le masque, portez-le! Si vous avez l’impression que le virus est une invention, conformez-vous quand même aux règles de santé publique. C’est ce qu’on vous demande. Vous avez le droit de penser et de dire ce que vous voulez, mais respectez les consignes.»

La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique n’est pas contre les manifestations dénonçant l’obligation de porter le couvre-visage dans les lieux publics intérieurs et les transports en commun, comme celle tenue samedi à Montréal.

Mais même s’ils sont contre, les participants doivent néanmoins se conformer aux consignes édictées par la Santé publique, insiste Geneviève Guilbault. C’est-à-dire de garder un espacement minimal de deux mètres entre chaque manifestant et, dans l’impossibilité de le faire, de porter... le masque.

«Qu’on soit pour ou contre les consignes, il faut quand même les respecter, parce que les règles s’appliquent à tout le monde», a affirmé Mme Guilbault, lundi, souhaitant «refaire un appel au respect des consignes».

En marge d’une annonce en tourisme réalisée au Centre des congrès de Québec, la ministre a réitéré l’importance «de rappeler que les gens ont le droit de manifester. On ne veut en aucun cas donner l’impression qu’on ne peut pas manifester, qu’on ne peut pas s’exprimer. Même les personnes anti-masque, même les personnes qui ont toutes sortes d’idée sur la pandémie, sur le virus, etc., ont le droit de s’exprimer, ont le droit de manifester».

Pas d’amendes en vue

Ceux qui ont défilé contre le masque dans les rues de la métropole samedi peuvent se rassurer. La ministre Guilbault n’a rien vu là pour la convaincre d’imposer des amendes pour non-respect des consignes de santé publique.

«Il faut trouver un équilibre entre avoir des mesures répressives et tenter de dissuader les gens qui seraient tentés de ne pas respecter les règles, mais il faut préserver à tout prix le droit de manifester et le droit à la libre expression, insiste Mme Guilbault.

«On est en train de jongler avec les possibilités qui sont déjà présentes dans les décrets [en vigueur], il y a déjà des choses qui sont précisées : on doit rester à deux mètres si possible à l’extérieur, on recommande de porter le couvre-visage quand ce n’est pas possible.

«Pour ce qui est de la manifestation [de samedi], pour les images que j’en ai vues, je n’ai pas tout vu, mais il y a des gens quand même qui portaient le couvre-visage, il y a des gens qui étaient à saine distance. Dans l’ensemble, ça ne se voulait pas une manifestation avec un mépris des règles aussi affiché que ce qu’on a vu il y a deux ou trois semaines», estime la ministre.


« Qu’on soit pour ou contre les consignes, il faut quand même les respecter, parce que les règles s’appliquent à tout le monde »
La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault

Droit à l’information c. bien-être collectif

Mme Guilbault se dit toutefois incapable d’évaluer l’ampleur du phénomène anti-masque pour l’ensemble de la province.

«C’est un mouvement global, mais il y a des sous-courants de pensée, dont certains plus extrêmes que d’autres. Certains croient à une partie et d’autres ne croient pas à l’autre... Le fait qu’on en entende beaucoup parler, même s’il n’y a pas un grand nombre de personnes, peut donner une impression disproportionnée de ce mouvement-là», croit-elle.

Sans dire si les médias devraient ou non couvrir ce genre de manifestations somme toute encore marginales, la ministre Guilbault se questionne sur le fragile équilibre «entre le droit du public à l’information et une responsabilité sociale de ne pas donner de visibilité à des mouvements qui pourraient être en contradiction avec le bien-être collectif».